Le commissaire provincial de la police nationale Congolaise au Sud-Kivu fustige l’initiative des forces vives de la province qui ont porté plainte contre lui ce vendredi 5 décembre 2017. Dans une interview accordée à Laprunellerdc.info (Lprdc), MRT9 et le Journal le Souverain, le numéro un de la police au Sud-Kivu n’a pas été très tendre avec les initiateurs surtout avec la nouvelle dynamique de la société civile.
Je ne suis pas le commandant de la police dans la ville de Bukau, Nous ne réprimons pas les marches mais nous les dispersons, cette structure est une mangeoire pour les uns mais moi, ils n’auront rien chez-moi ou encore nous recevons des ordres de la part de l’autorité et nous les exécutons…étaient les mots de Louis Segond Karawa (LSK). (Interview)
Lprdc : Monsieur le commissaire provincial de la police, une plainte vient d’être déposée contre vous, quelle est votre réaction ?
LSK : Ça me surprend parce moi-même je n’ai pas encore pris connaissance de la dite plainte. Ce n’est pas encore arrivé dans mes services
Lprdc : Nous avons vu hier la police encadrer la marche du gouverneur de province avec les militants de la majorité présidentielle, nous voulons savoir pourquoi la police n’encadre pas la marche de la société civile ?
LSK : Non non non ! Il faut faire la part des choses, le gouverneur est l’autorité numéro 1 de la province, hier, il a estimé bon de faire la marche jusqu’à sa résidence en tant que haute autorité de la province, la police ne pouvait que le sécuriser, ce n’est pas une marche encadrée mais c’était pour sécuriser le gouverneur. Voilà, le but de la présence de la police hier autour du gouverneur n’était que de le sécuriser
Lprdc : Cela veut dire que d’autres manifestants n’ont pas le droit d’être sécurisés par la police ?
LSK : Celle-là n’était pas une manifestation, le gouverneur voulait rentrer à pied ; nous on l’a sécurisé. Lui-même, il a sa garde et la police a renforcé sa garde pour qu’il rentre sans inquiétude chez-lui à la maison.
Lprdc : Est-ce que c’est vrai que vous avez violé tous ces articles repris dans cette plainte ? Notamment les articles 182,183, 184 et 185 de la constitution ?
LSK : Nous devons être clair quand nous écrivons de choses, ce monsieur là je l’ai vu une fois dans mon bureau il y a longtemps et ce déplorable que quand les gens sont encore jeunes, ils doivent avoir une moralité, lui n’en a pas, c’est quelqu’un qui cherche à bouffer sur tout le râtelier, mais sur moi, il ne va pas bouffer, simplement parce qu’on ferme des portes pour des gens qui sont immoraux comme ça, et on commence à s’en prendre à vous, s’il veut faire une entreprise pour se faire un peu des sous, ça ne sera pas chez moi ça. Je ferme toutes les portes.
Lprdc : On peut dire que cette plainte ne vous fait ni chaud ni froid
LSK : Pas du tout parce que je ne me reproche de rien dans cette histoire, moi je ne suis pas commandant de ville, c’est ce qu’il oublie, moi je suis le commissaire provincial de la police du Sud-Kivu, il y a un commandant de la ville de Bukavu, qui est responsable de la sécurité de la population ,qui est responsable d’ encadrer les manifestation à travers la ville toutes les activités qui se passent à Bukavu, ce n’est pas le commissaire provincial, moi j’ai une grande responsabilité qui est de veiller sur le bon fonctionnement sécuritaire de la province .voilà.
Lprdc: Le commandant ville n’a-t-il pas répondu à vos ordres entant que son supérieur ?
LSK : De toutes les façons, avant que le commandant ville agisse, il y a toujours une réquisition provenant du maire de la ville, l’autorité urbaine qui a en sa charge la sécurité de la population a une police qui est à sa disposition pour faire tout le travail. Donc c’est mal venu ou bien ce n’est pas bien compris le fonctionnement des institutions par ce monsieur ou il confond le commissaire provincial avec le commandant ville et les éléments de la police. C’est quand même déplorable pour quelqu’un qu’on croit qu’il est intellectuel.
Lprdc : Acceptez- vous que la police a failli à sa mission et s’est détournée contre la population civile ?
LSK : La police n’a fait que son travail et puis je ne sais pas de quoi il parle, parce que tantôt c’est du 31 juillet où lui-même sait qu’il y a eu une plainte déposée toujours par ce monsieur et le policier a été condamné pour ce fait et alors, il revient encore à la charge, je ne sais pas pourquoi . Il a un acharnement comme ça qui ne se justifie pas mais je le comprend; il a fait de cette société civile une structure, une mangeoire pour lui mais c’est déplorable pour des jeunes gens comme ça.
Lprdc : Est-ce que la répression des manifestations est aussi parmi les missions de la police ?
LSK : D’abord, la mission régalienne de la police c’est la protection de la population civile et de ses biens, ça c’est une ligne rouge à ne pas franchir, nous sommes là pour ça. Mais quant aux manifestations, quand elles ne sont pas autorisées par l’autorité urbaine, la police ne peut qu’empêcher ça. Dans le strict respect des droits de l’homme, c’est ce que nous faisons et nous faisons un effort pour que ça se passe de cette façon-là. C’est simplement ça. La police ne va pas en dehors de ça.
Lprdc : Pourquoi réprimez-vous alors la marche de l’opposition et de la société civile ?
LSK : Il ne faut pas parler de répression, il faut parler de dispersion, nous dispersons les marches parce que nous estimons que tant que nous avons pas un document qui nous permette d’encadrer les manifestants et un document où le maire dit que vous ne pouvez pas laisser ces gens manifester ,qu’est-ce que la police fait, la police urbaine ne peut que respecter les instruction données par l’autorité urbaine .On a toujours un document pour faire ce travail ,on ne peut pas aller sur le terrain tant qu’il n y a pas une réquisition du maire de la ville. Donc chaque fois quand il y a une manifestation, la police a ce document-là qui lui permet de faire son travail.
Lprdc : Etes-vous vraiment une police Républicaine et apolitique ?
LSK : Il doit prouver ça quand il parle, nous nous sommes une police Républicaine, on a même pas besoin de le prouver et ça c’est vraiment dommage qu’on commence à nous attribuer des étiquettes que nous n’avons pas. Apolitique ? Nous le sommes, une police Républicaine nous le sommes ; alors je sais pas de quoi il parle .Et donc quand on écrit des choses comme ça, il faut peser les mots car on peut pas faire des accusations comme ça fortuite pour faire plaisir aux gens.
Lprdc : Quel est votre message à la population de Bukavu après cette plainte contre votre personne
LSK : Quand vous voyez la configuration de ce travail que nous faisons à travers la province, vous allez voir que la population nous a toujours accompagné, il y a une particularité dans la population du Sud-Kivu et spécialement celle de Bukavu .Ce sont des gens qui savent ce qu’ils font, ils ne sont pas là pour suivre n’importe qui. Le jour où il décide de faire une chose, ils le font. Ils ont des revendications. Leur priorité c’est plus la sécurité et le vécu quotidien. Mais ici nous voyons qu’il y a trop de distraction dans ce qui se passe .D’abord pour votre information et c’est ce que je voulais dire à tous les habitant de la province du Sud-Kivu, partout dans le monde on a qu’une seule société civile. La société civile c’est l’interface de la population mais c’est seulement ici où je vois qu’il y a une dissidence de la société civile ça ne se fait nulle part, ou qu’on nous dise que cette société civile c’est un forum politique ou c’est une interface pour défendre les causes de la population et ici encore je vois qu’ils sont plus dans la politique au lieu de s’occuper du vécu quotidien de la population. Il y a beaucoup des choses qu’ils peuvent revendiquer comme de l’eau, l’insécurité qui est à travers la ville, il y a des Maibobo qui sont là .Nous avons beaucoup des problèmes sociétaux et nous voulons que la société civile s’en occupe, mais si nous voyons et après toujours c’est des problèmes politiques, ce n’est pas le rôle de la société civile. La société civile a un grand rôle à jouer dans la communauté et c’est ce que nous attendons de cette société civile et pas des plaintes qui sont déplorables.
Propos recueillis par Esther Kanga.
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