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    Quelques heures seulement après l’entérinement des animateurs de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) samedi 16 octobre par l’Assemblée Nationale, la réaction du Secrétaire Général de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) n’a pas tardé.

    Dans une déclaration faite à Radio Okapi, l’Abbé Donatien Nshole, a affirmé dimanche 17 octobre que l’entérinement de Denis Kadima n’honore pas la République et s’est dit tenté de croire que ce qui s’est passé à l’Assemblée Nationale est une instruction donnée par le Chef de l’Etat lui-même. Ce qui l’amène à croire que le président Felix Tshisekedi a encore l’occasion de se rendre crédible.

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    « Le Président de la République, Felix Antoine Tshisekedi, a encore l’occasion de se rendre crédible par rapport à ses promesses faites à la Nation pendant les consultations (…) Je me demande si le Président Tshisekedi prendrait la responsabilité de ramener le pays en arrière. J’ai du mal à croire que ce qui s’est passé au Parlement, seraient les instructions qu’il a données au Bureau de l’Assemblée nationale. Ça va se savoir. Si c’est ça, alors ça devient grave et on aurait à faire à un comité central du temps de Mobutu », a regretté le Secrétaire Général de la CENCO.

    Pour l’abbé Nshole, cette désignation des animateurs de la Commission électorale ne peut qu’attrister tout congolais qui souhaite voir le pays avancer vers la consolidation de la démocratie.

    « On se rend bien compte qu’on fait un pas en arrière et c’est triste. Si on regarde dans le passé, on se souviendra qu’une bonne partie de ces députés n’ont pas été votés mais ont été fabriqués par le laboratoire de la CENI. C’est à cela qu’on voudrait nous amener ? », s’interroge l’Abbé Nshole.

    Il faut dire que Denis Kadima a été entériné par l’Assemblée Nationale de la RDC, comme nouveau Président de la CENI. Il a été choisi par six confessions religieuses, sans l’Eglise Catholique et celle Protestante, qui détiennent pourtant la Présidence et la Vice-Présidence de la plateforme des confessions religieuses.

    Ces deux confessions religieuses et plusieurs forces politiques du pays lui reprochent d’être un candidat d’un camp et qui pensent qu’il n’est pas mieux placé pour diriger cette institution d’appui à la démocratie.

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    La dernière décision revient au Président de la République, quand on sait déjà que l’Opposition (Lamuka et le FCC), ainsi que des partis au sein même de l’Union Sacrée (Ensemble pour la République et ses deux groupes parlementaires, notamment), se sont déjà clairement opposés au manque de consensus dans la désignation des nouveaux animateurs de la CENI, dénonçant même « un passage en force », qui risquerait de rendre « chaotiques » les prochaines élections générales prévues en 2023.

    Bertin Bulonza

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