
Justin Bitakwira, l’homme qui était reconnu au Sud-Kivu pour son franc parlé multiplie en ce jour des déclarations tonitruantes depuis qu’il a changé de camps en s’écartant du parti politique par lequel il été élu en 2011 comme député national.
Bitakwira , en s’écartant de la position de son ancien parti politique l’UNC disait qu’il voulait faire une opposition consciente
« Nous nous présentons ce jour devant vous, comme une nouvelle génération consciente qui peut faire l’opposition autrement, pas celle des injures, de langage ordurier, de haine, de vengeance, du tribalisme ou de régionalisme parce que nous avons vu en France, l’UMP, les Républicains aujourd’hui Sous Nicolas Sarkozy, désigner Strauss Kahn, Directeur de FMI, alors qu’il était du parti socialiste. Nous nous présentons comme une nouvelle génération qui voudrait voir la majorité au pouvoir redistribuer le revenu national équitablement. Pourquoi 600 Km de routes dans un seul coin du pays, aucun 200 m ailleurs ? », disait Bitakwira en annonçant la naissance de son courant politique et la participation dans les consultations du président Kabila en contradiction avec son parti.
Depuis, cet élu d’Uvira, se comporte comme le meilleur porte-parole du gouvernement congolais pour mieux encore de la majorité présidentielle. Il prend position sur tous les dossiers de la vie publique congolaise même à l’absence d’une version officielle. On l’a vu et entendu critiquer les Tshisekedis par rapport à l’enterrement de leur père décédé à Bruxelles depuis Février, on l’a vu tantôt s’en prendre à son ancien mentor, Vital Kamerhe ou le soutenir au cours des différentes négociations à Kinshasa. Bref, Bitakwira , a voulu qu’on parle de lui et des fois ses propos commencent à sonner comme un dérangement dans la sphère socio-politique congolaise.
Alors qu’il demandait à Kamerhe « d’arrêter de se vendre moins cher » estimant que le poste du président du Conseil national de suivi de l’accord revient de droit à Vital Kamerhe après Étienne Tshisekedi « Après la mort du président du Rassemblement, c’est Vital Kamerhe qui doit occuper le poste qu’on avait attribué à Étienne Tshisekedi. Après les élections de 2011, Joseph Kabila était premier, Etienne Tshisekedi deuxième et Vital Kamerhe troisième » , Problème : depuis la désignation de Joseph Olengankoy, le ministre « opposant » n’a plus rien dit en faveur de Kamerhe comme si cette position ne visait en ce moment-là qu’à opposer ce dernier au Rassemblement.
Les acteurs sociaux et politiques trouvent dans les propos de cet opposant controversé une certaine « ivresse du lait » depuis qu’il a été nommé ministre dans les différents gouvernements de transition d’après mandat constitutionnel du président Kabila.
Cet élu UNC qui avait d’ailleurs prit soins de mettre sa femme comme suppléant à la députation nationale (comme s’il connaissait la suite des événements) parle trop désormais et s’attaque à tout le monde au point que sa crédibilité est fortement entachée. Ne l’avons -nous pas vu sans honte ni peur et avec dédain affirmer qu’il n’a y aura pas élections dans le pays en 2016 et 2017 comme s’il s’en réjouissait?
Jusqu’à ce que le 31 juillet dernier, l’actuel ministre de développement rural dépasse les bornes et déclare que les organisateurs des manifestations étaient corrompus.
«Les informations en ma possession font savoir que ce soit à Kinshasa, à Goma ou à Bukavu, il y a eu cinquante mille dollars [remis] à chaque groupe [qui a manifesté]» «50 000 USD signifient que tout jeune qui a soif d’argent doit informer [rendre compte à] ceux qui distribuent de l’argent. Il doit faire un petit mouvement» (…),«C’est un marché fertile aujourd’hui en faveur de toute personne qui a besoin d’argent. Il faut jouer un petit jeu. Et il y a de l’argent plein entre les mains de certains politiciens (…)», «Je vous informe qu’à Bukavu, il n’y a presque rien eu. En dehors d’une seule banderole qu’on a glissée aux étudiants qui étaient de faire leur collation», disait sans rire Justin Bitakwira comme s’il voulait justifier quelque chose qu’il a reçu pour contraindre les manifestations et qu’il fallait à tout prix parler !
Quand lui, qui connait la force de la société civile du Sud-Kivu et l’incidence que cette déclaration peut avoir sur son électorat déclare cela, certainement que ce n’est pas gratuit et peut-être qu’une somme plus grande lui a été remise, parce que nous parlons désormais en terme d’argent et de corruption. On ne prend pas gratuitement un risque politique.
Bitakwira Justin marche sur une pente glissante surtout s’il veut faire croire qu’il est le roi du Sud-Kivu ou de la plaine de la Ruzizi d’où il a été récemment presque lapidé.
L’homme qui a officialisé la sorcellerie par la théorie de sa grand-mère qu’il brandi à chaque fois que ses intérêts sont menacés ne se soucie apparemment plus de son image dans la province du Sud-Kivu ou dans son territoire d’Uvira. L’essentiel pour lui c’est le fait qu’il peut continuer à bénéficier des faveurs du pouvoir en place qui n’a pas fait jusque-là de la redistribution équitable des revenus son cheval de bataille comme il l’a clamé dès le début de sa dissidence avec l’UNC.
A-t-il réussi à changer le vécu des congolais, lui le fils à sa grand-mère ? certainement plusieurs fils de cette province auront des comptes à rendre dans l’histoire ,d’autres méritent qu’ils soient déclarés « personnae non gratta » à cause de leur complicité dans la destruction dont fait l’objet cette province et ce grand pays et à mon avis ,Bitakwira devrait désormais faire partie de la longue liste.Le sud-Kivu ne mérite pas ça!
La Rédaction






