Journée contre la fistule: des femmes ont retrouvé la joie après la réparation de leurs appareils génitaux | La PrunelleRDC

Les femmes guéries de la fistule obstétricale exigent de l’Etat une réelle implication, en vertu du pouvoir dont il jouit, afin d’attaquer efficacement cette pathologie. Cette lutte passe par l’amélioration des conditions socio-sanitaire de la femme rurale et l’éradication des poches d’insécurité qui exposent les femmes à des pratiques inhumaines. A l’occasion de la journée internationale de lutte contre la fistule obstétricale, célébrée ce 23 mai 2018, les survivantes de ladite maladie sont sorties de leur silence, afin d’apporter  leur contribution pour l’éradication de ce fléau humiliant.

C’est dans l’enceinte de la Fondation Panzi ces congolaise ont manifesté leur ras-le-bol face à l’indifférence dont l’Etat fait montre face à la recrudescence de ce fléau tant à l’échelle provinciale que nationale. A travers le message qu’elles ont adressé au gouverneur de province, et dont la lecture a été faite devant la directrice de cabinet du ministre de la santé, ces femmes réclament à l’Etat de « de développer une politique de sécurité sanitaire en milieu rural ». Elles considèrent que « doter les localités les plus reculées des postes de santé on ne peut plus viable apportera une issue à cette problématique sanitaire permanente qui affecte la femme dans son intimité ».

Substituées en véritables défenseuses des droits des peuples démunis, comme elles en ont eu l’opportunité, ces survivantes en profité pour remettre les dirigeants congolais devant leur responsabilité face au chao social dans lequel est plongé la nation. A cet effet, elles exigent à l’Etat de « s’employer afin de garantir des conditions de vie acceptable à la population dont le pouvoir d’achat est compté les plus pitoyables de la planète ».

Sûrement très fière de s’être remise de cet handicap génital, qu’est la fistule, le porte-parole de collectif s’est montrée particulièrement élogieuse à l’égard du docteur Denis Mukwege, le héros de sa réparation. Pour Ashia, cette jeune dame, aujourd’hui étudiante à l’Institut Supérieur de Technique Médical, le courage de se tenir sans complexe, devant une assemblée aussi importante que celle de ce mercredi, émane de la prise en charge complète qui lui a été attribuée lors de ses soins à l’Hôpital de Panzi.

« J’ai décidé de rentrer à l’école, malgré moi, et cela me réussit. Je remercie le docteur Denis Mukwege qui m’a accompagnée et appuyée pour que je réintègre le milieu académique », a reconnu ce cadre intellectuel, jadis patiente fistule urogénitale.

La représentante du gouvernement provincial, s’est montrée réceptive au message de ces dames, mais s’est refusé tout engagement personnel. Madame Agnès Sadiki a déploré l’absence des députés dans l’assemblée car « ce sont eux qui parlent au nom de nous tous ».

Toutefois, madame Agnès a promis de « transmettre le plaidoyer à qui de droit ».

A l’occasion de cette journée, dont la célébration au Sud-Kivu s’effectue pour la quatrième année d’affilé, les femmes guéries de la fistule projetaient organiser une caravane motorisée, dans la ville de Bukavu, afin de faire valoir la voix de leur détresse, mais leur manifestation a été interdite par la mairie de la ville de Bukavu.

Adonis Lubambo

Articles similaires

Meet The Team

We cover local stories & reporting on global events. We are three musketeers of media work in tight-knit harmony to bring you news that resonates.

Recent Posts

Advertisement