JIF: la femme de Kabikokole s'exprime, « après les incursions des groupes armés, nous avons aussi droit à une vie saine »   | La PrunelleRDC

•

En marge de la célébration de la journée internationale de la femme;  qui intervient le 8 mars de chaque année, la rédaction de Laprunellerdc.info a choisi de vous mettre au parfum de la situation de la femme rurale.

Si en ville, on milite déjà pour l’accès aux instances de prise décision, les  droits civils et politiques; les femmes de l’intérieur ont elles encore un long parcours. Elles luttent encore pour avoir le minimum vital, de quoi manger, se soigner, se vêtir…

Aujourd’hui, nous sommes rendus à Kabikokole, un village situé à plus de 50 kilomètre de Kitutu, chef lieu de la chefferie de Wamuzimu, en territoire de Mwenga. La femme de ce village oublié nous explique son calvaire et plaide pour que les autorités ainsi que les organisations se souviennent aussi d’elles. 

Mwavita est une quadragénaire, mère de 12 enfants que nous avions pu rencontrer. Selon elle, la seule fois que leur village a eu intéresser le monde, c’est quand ils ont été victime d’une incursion armée des rai Mutomboki en 2017.  Ceux-ci y avaient commis des affres jusqu’à violer  massivement les femmes de  ce petit village séparé par des cours d’eau. 

Mwavita est une des rares femmes qui peuvent s’exprimer. Elle est aussi membre du comité de développement et de santé dans ce village.

A l’en croire, le passage des rebelles dans ce village avait désespérément empirer la situation de ses habitants et particulièrement des femmes et des enfants, qui étaient déjà précaire. 

le lit d’accouchement du centre de santé de Kabikokole en 2019.

« A Kabikokole, nous vivons des esclaves. On pense d’ailleurs que cette journée ne nous concerne pas. Nous souffrons d’abord parce que nous sommes femmes. Tôt le matin il faut se lever pour le champ qui est souvent à plusieurs kilomètres de la maison, on revient et on doit trouver de l’eau et préparer de quoi manger. Ce qui est sûr est qu’on n’a pas d’eau  propre, et même cette eau sale pour la trouver il faut des kilomètres. Cela nous expose à des maladies de tout genre. Pire encore, on n’a presque pas de structure pour des oins appropriés. De leur passage à Kabikokole, ces rebelles avaient detruit notre centre de santé, emporé tous les matériels et mêmes les infirmiers » explique-t-elle 

 Lire aussi: Mwenga: soins de santé, maternité, eau… le calvaire de madame Zawadi, une femme de Kabikokole dans le Sud-Est de Kitutu (Sud-Kivu)

A travers cette opportunité selon elle, Mwavita appelle les autorités à se pencher sur leur situation.  Il y a, selon elle, la malaria, le cholera, la fièvre typhoïde qui tuent aussi, autant que les groupes armés. 

« Nous voulons voir les autorités et les partenaires se mobiliser, autant qu’ils ont fait quand on était sous menaces des groupes armés. Il y a la faim, le manque des soins et de l’eau propre qui tue aussi à Kabikole« , demande-t-elle.

En outre, la femme de Kabikokole a dit ne pas vouvoir manquer  de remercier l’hôpital de Panzi du prix Nobel congolais de la paix; qui en premier les a assisté en tant de crise et jusque maintenant. Elle demande à d’autres organisations de faire autant. Leur besoin primaire étant d’avoir ne fusse que quelques bornes fontaines où puiser de l’eau propre.

Noella Bahizire, Stagiaire UOB

Articles similaires

Meet The Team

We cover local stories & reporting on global events. We are three musketeers of media work in tight-knit harmony to bring you news that resonates.

Recent Posts

Advertisement