Des maisons des présumés criminels détruites à Rubenga après le meurtre de deux femmes Ph. Laprunellerdc.info
«Le village de Kibungu, dans les moyens plateaux de Lemera, au Sud-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo, est devenu un village « sanglant », à la merci des inciviques. Les femmes et filles sont victimes gratuitement, égorgées comme de chèvres à l’abattoir, leur sang recherché, si bien qu’elles ne vont plus aux champs par crainte d’être tuées » c’est en tout cas ce que dénonce l’Association Contre le Mal et l’Encadrement de la Jeunesse (ACMEJ), une association de défense des droits humains.
Selon l’organisation, aucun militaire FARDC n’est déployé actuellement dans ce village pour protéger la population, qui se demande qu’est-ce qu’elle a fait aux gouvernements national et provincial pour être ainsi délaissée.
C’est aussi choquant, de relever, s’inquiète ACMEJ, qu’aucun parmi nos élus députés nationaux et provinciaux de la circonscription d’Uvira ne parle de la situation de ce village : «on dirait que pour eux c’est normal que des femmes et filles soient égorgées gratuitement, à la recherche de leur sang»
Pour étayer ses affirmations, l’organisation cite le cas de deux femmes égorgées et retrouvées mortes dans ce village et la justice populaire qui s’en est suivie emportant 3 autres présumés criminels le 15 et 16 novembre dernier.
«Vraiment, tout cela est insupportable aussi pour nous, les défenseurs des droits humains et membres de l’organisation ACMEJ. Nous avons plusieurs fois demandé aux gouvernements national et provincial de la RD Congo de déployer des militaires de la FARDC de l’unité Commando (force gouvernementale) à Kibungu pour sécuriser ses habitants, sans avoir de réponse. Nos dirigeants doivent nous dire franchement s’ils ont vendu ce village ou bien si Kibungu n’est pas un village parmi les villages du pays » s’indigne ACMEJ.
L’organisation ne décolère pas également contre les forces Onusiennes de la Monusco basées dans cette partie du territoire d’Uvira.
«Franchement, ce sont des aventures qu’elles sont en train de faire. Il est en effet incompréhensible que ces militaires s’enferment dans leurs camps entrain seulement de prendre des tasses de café, au lieu de s’occuper de la population civile. Les habitants civils ne doivent pas continuer à être égorgés comme des chèvres à l’abattoir, au vu et au su des militaires de la FARDC et de la Monusco/Pakistanais ! Vraiment, nous ne pouvons pas continuer à supporter cette situation » insiste l’organisation.
Pour que cette situation de terreur prenne fin, ACMEJ demande aux gouvernements national et provincial de la RD Congo de prendre leurs responsabilités en main et d’envoyer des militaires de la FARDC dans le village de Kibungu pour la protection des habitants, comme maintes fois demandé ;
«Si nos militaires sont incapables de maîtriser la situation, que nos gouvernements sollicitent rapidement le déploiement de militaires français d’intervention rapide dans l’Est de la RD Congo, comme ils ont fait au Mali, pour mettre fin à l’insécurité qui y sévit » propose-t-elle.
Elle propose aux autorités judiciaires compétentes de mener des enquêtes sérieuses pour dénicher les auteurs de ces forfaits et éviter la « justice » populaire et au Conseil de Sécurité des Nations Unies “de retirer leurs militaires pakistanais basés dans la plaine de la Ruzizi, car ils ne font absolument rien”.
Jean-Luc M.






