Insécurité à Bukavu: des propos de Claude Nyamugabo à la RTNC qui ne passent pas dans l’opinion – La PrunelleRDC.info

Au Centre, Claude Nyamugabo, Gouverneur du Sud-Kivu lors d’une cérémonie au QG de la Monusco à Bukavu. Ph. Honneur-David Safari

Le gouverneur du Sud-Kivu Claude Nyamugabo a estimé ce vendredi 16 février 2018 que la situation était calme dans la ville de Bukavu et qu’il ne se passait rien à part un peu de bruit dans la ville causé par des gens qui voulaient profiter d’un assassinat « d’une personne » dans la nuit de Jeudi.

Intervenant dans le journal de la RTNC Kinshasa, le numéro Un du Sud-Kivu parle d’un mort faisant allusion au seul changeur de monnaie sans citer l’autre mort du  jeune JUNIOR  de Nguba.

Pour lui, rien ne se passait alors dans la ville de Bukavu. « La situation va très bien et je suis à mon bureau entrain de travailler » dit –il à nos confrères de la RTNC.

« Hier il y a eu quelqu’un qui est décédé suite a un braquage. C’est un cambiste. On a pris en charge les frais funéraires du garçon qui a été tué hier et on a parlé avec sa famille. L’enterrement a eu lieu hier et le calme est revenu dans la ville. Il y a des gens qui voulaient profiter de cela pour faire un peu de bruit dans la ville. Nous avons compris le message parce que notre rôle est de sécuriser tout le monde dans la ville…le marché de Kadutu n’a jamais été concerné parce c’est le grand marché de Bukavu mais il n y a aucun problème. La situation va très bien et je suis à mon bureau entrain de travailler. Il n y’a aucun problème à Bukavu » a rassuré le gouverneur au téléphone de nos confrères de la RTNC Kinshasa.

Cette déclaration de Claude Nyamugabo crée des mécontents  dans l’opinion publique de Bukavu et de la province. Dans l’émission Tribune du Changement sur la radio Svein, le président de la ligue des jeunes du RCD  a parlé « d’un mensonge grossier ».

« Je déplore le mensonge grossier du Gouverneur sur la RTNC Kinshasa où il n’a reconnu qu’un seul mort et que le gouvernement provincial a pris en charge les frais funéraires. Au-delà de cela, il dit qu’il n’a rien à Bukavu et qu’il travaille paisiblement dans son bureau. Mais comme il a eu à le dire dans sa campagne Tujikinge qui transpire  un aveu d’impuissance, la population du Sud-Kivu doit apprendre à se prendre en charge » dit-il.

Un autre acteur politique se demande comment le gouverneur pouvait être à son bureau et accompagner au même moment le ministre des travaux publics et Reconstruction, Thomas Luhaka en séjour à Bukavu  sur la route Kalehe-Goma.

« Le gouverneur du Sud-Kivu, vit-il dans cette ville pour ne pas connaître que c’est bien deux personnes qui sont mortes et pas une comme il a voulu minimiser les faits ? » demande par message un autre acteur politique de la majorité présidentielle qui a requis l’anonymat.

Dans ce même angle, les partis politiques de l’opposition et les mouvements citoyens s’insurgent contre la sortie de l’autorité provinciale dans la ville alors qu’i l y au eu des grandes manifestations dans la ville pour dénoncer l’insécurité.

“Devant ce tableau sombre aucune mesure à la hauteur de la situation n’a été prise par le gouvernement tant provincial que national. Plutôt que s’occuper de la situation tendue dans la ville de Bukavu le matin, le gouverneur Nyamugabo a choisi d’aller faire son pic nic à Kalehe avec son gouvernement” dénonce un communique de ce consortium.

En tout cas, les réseaux sociaux du Sud-Kivu sont enflammés après  l’intervention de Claude Nyamugabo à la radio télévision nationale Congolaise. Pour certains l’autorité provinciale ne rassure pas et devrait s’en aller s’il n’est pas en mesure d’apporter  des solutions aux problèmes d’insécurité dans la ville. D’autres estiment par contre que Claude Nyamugabo a hérité d’une situation difficile.

« Peut-être qu’il est arrivé au mauvais moment mais nous lui donnons encore le temps de s’amender en changeant son gouvernement le plus urgemment possible en tenant compte des compétences et non des considérations tribales » dit un membre de la société civile qui prévient que si ces reformes ne sont pas faites, c’est son départ qui sera exigé.

En attendant, un calme précaire règne dans la ville de Bukavu après un vendredi agité suite aux manifestations sur une grande partie de la ville de Bukavu. Des manifestations de plusieurs jeunes et habitants de Bukavu pour dire non à l’insécurité grandissante dans la ville et la province. Elles sont intervenues quelques heures après le meurtre de deux personnes dans deux attaques qui ont fait aussi au moins cinq blessés.  Le mouvement Sajecek vives, une organisation œuvrant dans le domaine sécuritaire, a fait état d’au moins 37 morts dans la province du Sud-Kivu au cours du seul mois de Janvier.

Adonis Lubambo

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