Formation du Gouvernement Nyamugabo: Qui seront les véritables maîtres du jeu? – La PrunelleRDC.info

Cette attente qui créée une sorte d’ébullition dans les Etats-majors  des  partis de la Mp se résume en questionnement, inquiétude, incertitude ou encore en calcul de positionnement des uns et des autres.

D’abord, plusieurs membres de la majorité présidentielle disent craindre des débauchages des membres au sein de l’équipe gouvernementale provinciale en gestation. Tous ont proposé plusieurs noms « ministrables » aux différents  postes mais ne sont pas certains que ces personnalités ne soient pas détournées pour le compte d’un autre parti politique une fois nommées.

Les facteurs qui vont concourir à la nomination de l’équipe Nyamugabo

Le premier  paramètre qui entre en jeu dans la proposition des nouveaux animateurs du Gouvernement c’est la fibre tribalo-ethnique. Ce que les politiques de Bukavu appellent la « géopolitique ».

On est par exemple, presque certains que ce gouvernement  ne manquera pas au moins deux membres venants de Fizi, en raison de la complexité de la situation due notamment à ce qui est devenue une tradition d’avoir absolument un représentant d’une communauté minoritaire  dans le gouvernement  provincial. Il n’est pas certain que « le choix du Rais » déroge à ce qui est devenue la règle au risque de s’attirer la foudre des minorités.

Deuxième pesanteur c’est celle des « recommandations ». En effet, devant les « notables » qui ont concouru à son élection, le nouveau chef de l’exécutif provincial sera obligatoirement reconnaissant et cela se négocie en politique Congolaise. C’est soit en termes des postes ministériels soit par des mandataires publics si on est au niveau national.  Ceux qu’on appelle leaders en province devront également revendiquer leur force et influence dans la foulée.

Premièrement le jocker  Norbert Katintima

Le premier acteur et peut-être le principal , c’est bien Norbert Basengezi Katintima. L’homme qui s’est fait discret depuis l’arrivée de Claude Nyamugabo en province veut effectivement jouer la neutralité théorique en tant que vice-président de la commission électorale nationale indépendante, Ceni. Mais de loin, On aperçoit la présence de celui qui se vente de fabriquer ou d’être là où on fabrique la quasi-totalité des gouverneurs au Sud-Kivu ces dix dernières années.

Norbert Basengezi Katintima, comme Lukwebo  s’est beaucoup battu pour faire élire Nyamugabo au Sud-Kivu.

Celui-ci qui est d’abord cadre du parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie Pprd a une grande influence dans le monde politique de la province et même du pays.

Lui, Katintima a été aussi parmi ceux qui ont torpillé fortement la gouvernance de Cishambo au Sud-Kivu. Il voit, selon plusieurs sources Claude Nyamugabo comme son propre fils. L’homme qui est très proche du camp Wazalendo n’a pas encore dit son dernier mot dans la politique Sud-Kivutienne. Il n’est pas exclu qu’il propose la grande partie  ou qu’il ait un dernier mot à dire sur tous les futurs heureux promus.

En véritable jongleur,  « NBK » pour les intimes se fera inviter à la fête quoiqu’il en coûte et ne placera ou ne recommandera pas seulement les membres du Pprd. Les amis, les proches ou encore les acteurs politiques de divers horizons savent parler avec ce « grand monument de la politique de la province ».

« Il est multi système celui-là et on ne sait pas avoir une idée sur qui il placera et à quelle place jusqu’au jour où cela arrivera, ce qui est clair, est qu’il mettra qui il veut» nous dit un de ses proches et membre de sa famille.

Puis  le businessman sur  tous les plans : Modeste Bahati Lukwebo

Deuxième qui imposera ou presque le rythme, ce sera Modeste Bahati Lukwebo, qui s’est battu corps et âme pour « imposer » aux députés du Sud-Kivu, le candidat de la majorité présidentielle. Lui, on le sait, il y a longtemps qu’il a fait un séjour de plus de 48 heures dans la capitale provinciale sans retourner à Kinshasa mais devant la difficulté de se faire élire et accepter au Sud-Kivu, Lukwebo y a presque ériger sa demeure, son Etat-major . L’homme qui est parmi ceux qui ont combattu Marcellin Cishambo jusqu’à son départ l’accusant de mauvaise gouvernance,  n’attend certainement pas jouer le second rôle dans la formation du gouvernement. Des sources dans son parti politique sont presque certaines que Lukwebo gardera d’abord le ministère des mines au Sud-Kivu. Question évidemment en tant que ministre-opérateur économique de garder la main sur la problématique minière en province et qui est source de contradictions et conflits entre plusieurs acteurs politiques et économiques. Dans son parti on a proposé aucun nom, chacun se tient au pouvoir discrétionnaire du chef « qui connait tout le monde ».

« Quand il s’agira de la nomination des ministres, il proposera qui il veut parce que Lukwebo connait tout le monde au parti dans la province »,  nous souffle un cadre.

L’argentier de la campagne de Nyamugabo a eu aussi le mérite d’avoir réussi à retirer le challenger de Claude Nyamugabo au  deuxième tour de l’élection.

Puis vient le tour du grand dirigeant de Lusu Général : Jean-Marie Bulambo Kilosho

L’autre acteur et pas le moindre, c’est bien Jean-Marie Bulambo Kilosho, président du Panader et de la mutualité Lusu général. Celui qui est dans l’embarras de choix entre les membres de son parti politique et de son association tribale le Lusu Général. Ici, certains membres de son association veulent, selon des sources concordantes avoir des ministères au nom du parti politique dont ils ne sont pourtant pas membres. Une tâche ardue pour celui qui a plus besoin de ces associations à caractère tribal pour sa propre popularité. Rien n’est moins sûr que le « Kaka wa badada » comme aime l’appeler monsieur Christian Wisoba, cadre de son parti, puisse se défaire de la toute-puissante influence des Mitamba et de la Lusu  qui pourtant constituent les piliers de son électorat en ville.

Au sein de son parti, on a quand même proposé des noms aux différents  postes du gouvernement Nyamugabo, question de se conformer aux règles. 6 noms Panader ressortent dans les coulisses comme candidats  « ministrables » alors qu’ils auraient une promesse de deux ministères. Hilaire Mukobelwa Pato  et une certaine Geneviève pour le quota Panader Mwenga, Jean Safari Bashizi de Kabare, un certain Mukulumanya qui pourrait représenter Walungu, une autre femme de Kalehe, l’ancien bourgmestre de Kadutu, Mutiki wa Lutala qui pourrait être remplacé par Darius Sumuni Mukunda.

 « Le cas Mutiki pose problème au parti. On ne sait pas s’il est au Mlc, ou s’il agit toujours pour le compte du Pprd .Nous voulons être prudent et ne pas nous retrouver dans la même situation que lors de la nomination du ministre Isumbisho qui se faisait passer pour notre cadre alors qu’en réalité il a roulé pour le Pprd »,  dit un cadre Panader qui se veut prudent.

    Le rôle de Rubota, l’homme d’Uvira

Quoique minime, le rôle de celui qui prétend être à la tête d’un parti, le doublon du MSR crée par le Raïs, lui-même dira aussi son petit mot. En effet on l’a vu se mobiliser avec d’autres cadres de la majorité présidentielle pour apporter un soutien au nouveau gouverneur. Dans son parti au Sud-Kivu on dit attendre se contenter   d’un ministère et d’un « personnel d’appoint conséquent ».

Pourquoi pas Cishambo ?

Le gouverneur déchu et qui passe des beaux jours à côté de « l’autorité morale » à Kinshasa n’est pas du tout fini comme d’aucuns le croirait. Il a eu ses plus fidèles, ses plus fervents supporteurs et il ne les laissera pas dans la rue. Cishambo jouera sur ses entrées à Kinshasa pour imposer certains de ses lieutenants dans l’un ou l’autre poste au gouvernement de son successeur.  Le « Cubaka » du Sud-Kivu, membre du parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, Pprd va devoir faire aux résistances dans son propre camp de ceux qui ne lui ont jamais pardonné son comportement plutôt « libéral et émancipé »  par rapport à la gouvernance du Sud-Kivu mais bossera pour y arriver.

« Mais quoiqu’il en soit il n’est pas mort politiquement », commente l’un de ses détracteurs au Sud-Kivu.

Les autres partis ne joueront surement pas les figurants

Si le rôle des plus grands notables est déjà connu, personne ne sait s’imaginer le rôle des autres partis politiques au Sud-Kivu mais qui « ne font pas du bruit ».

Le très discret RCD

C’est par exemple, le célèbre Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD qui n’est officiellement ni de la majorité ou de l’opposition. Mais plusieurs se ses cadres se retrouvent toujours dans plusieurs gouvernement pour le compte d’autres partis politiques  « mais en réalité c’est notre quota », nous confie d’un air amusé un cadre RCD.

L’UCP d’Eugène Serufuli

Ce parti qui peine toujours à s’imposer dans la province est pourtant présent sur la scène et veut aussi jouer sa carte en ce moment. On apprend des sources concordantes qu’il a présenté une liste de trois noms pour espérer se retrouver avec un poste sur les 10 ministères. On parle de Mme Rosine Kanyonyo Cikuru (Kabare), Maitre Julien Freza Rashidi (Fizi) ou encore de Mr Freddy Nizehimana Ruvuyekuke (Kalehe). Le boss de ce parti peut-il aussi arriver à rafler un poste dans cette guerre d’ambitions ? Les prochains jours seront déterminants.

Et au finish, Nyamugabo ne recevra que la liberté sur 1 ou deux collaborateurs.

Pour l’instant, il est bien clair que le gouverneur élu du Sud-Kivu a du pain sur la planche. Même si c’est lui qui nomme son gouvernement, il apparaît aujourd’hui comme petit et même plus petit qu’il ne le croirait. Face à un gouvernement qu’il doit nommer,  il n’aura finalement selon un acteur politique de la majorité que la liberté de se choisir un ou tout au plus 2 ministères.

Y a-t-il une part de la population dans tout ce qui se fait ? Certes que Claude Nyamugabo  a été ambassadeur jusqu’à son élection mais il n’est pas évident  qu’il ait accumulé l’expérience nécessaire pour gouverner le Sud-Kivu en tenant notamment tête à ceux qui l’ont “fabriqué”.

Le Sud-Kivu n’est pas seulement Bukavu pour s’arrêter à colmater les trous dans les routes mais c’est aussi les huit territoires du Sud-Kivu. Claude Nyamugabo doit prouver qu’il n’est pas juste un bouche-trou, qu’il n’est pas une marionnette qui suit les « instructions » à la loupe  et qui ne peut pas savoir s’assumer sans  attendre les instructions de haut niveau.

Mais à voir la mobilisation des gros poissons, tous les observateurs Sud-Kivutiens sont formels : Nyamugabo  aura les mains liées pour gouverner la très politique province du Sud-Kivu.

« Tout le monde n’est pas Cishambo  et lui Nyamugabo sait qu’il ne résistera pas une seule minute en s’opposant à ses parrains » avertit un acteur politique.

Se montrera-il à la hauteur ? On verra

Honneur-David Safari

facebook-3174872google-1986079twitter-6098916linkedin-9040837

Meet The Team

We cover local stories & reporting on global events. We are three musketeers of media work in tight-knit harmony to bring you news that resonates.

Recent Posts

Advertisement