Election du bureau du Sénat: le FCC fortement secoué et plus que jamais fragile – La PrunelleRDC.info

Le bureau définitif du sénat congolais affiche désormais complet. Ceci après l’élection qui a lieu ce samedi 27 juillet à Kinshasa avec le duel Alexis Thambwe Mwamba et Modeste Bahati Lukwebo pour occuper la présidence de cette prestigieuse chambre des sages.

Soutenu par le Front Commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila, majoritaire au Sénat, c’est sans surprise que Alexis Thambwe Mwamba a battu Modeste Bahati et succède ainsi à Léon Kengo Wa Dondo en place depuis 12 ans.

108 sénateurs au complet ont été présents lors de ce scrutin et c’est bien le score de Thambwe Mwamba contre Bahati Lukwebo et l’échec de Évariste Boshab, battu par Samy Badibanga qui font réfléchir. L’ancien ministre de la Justice a eu 65 voix contre 43 pour l’ancien ministre du Plan alors que Samy Badibanga a battu le candidat (PPRD) Évariste Boshab avec 60 voix contre 44 et est devenu 1er vice-président. C’était la grande surprise de ce samedi.

Pourtant, le Front Commun pour le Congo revendique à lui seul au moins 90 sénateurs contre les autres répartis entre Cap pour le Changement du président Félix Tshisekedi et son allié Vital Kamerhe, la Coalition de l’opposition Lamuka et l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC et Alliés).

Pour beaucoup d’analystes politiques, ce score du Front Commun pour le Congo prouve que la coalition traverse une grande vague à l’interne, car il est bien clair que plusieurs sénateurs FCC ont dû donner leurs votes à Bahati Lukwebo ou encore à Samy Badibanga, se méfiant clairement d’un autre cacique du PPRD, Évariste Boshab.

Si on sait dire clairement que plusieurs sénateurs de la coalition Lamuka avaient déjà jeté leur dévolu sur Modeste Bahati Lukwebo avec notamment la mobilisation de Moise Katumbi, il est aussi vrai que des sénateurs fidèles à Kabila commencent à tourner le dos à leur « autorité morale ».  Si on en croit au chiffre revendiquait par le FCC, il est donc possible que plus de 25 sénateurs se soient décidés de se désolidariser du mot d’ordre du « boss » et de suivre un autre chemin par rapport à l’élection du président du Sénat. 

Là où encore c’est plus criant, c’est bien au niveau de la première vice-présidence où le candidat de la Coalition a été tout simplement boudé au profit d’un indépendant et qui l’a largement battu. 

Des observateurs et analystes politiques font remarquer qu’avec pareil vote, il est possible que la majorité parlementaire se recompose dans les mois et jours à venir tant à l’Assemblée Nationale qu’au Sénat, car avec le départ de l’AFDC de Bahati du Front Commun pour le Congo et la grogne qui se fait de plus en plus sentir au sein de cette coalition dirigée par Joseph Kabila, personne ne peut confirmer à ce jour que la majorité parlementaire peut en réalité restée de ce côté-là.

« Les voix discordantes retentissent de plus en plus sous plusieurs formes dans cette coalition politique et en s’opposant à la nomination d’un informateur dans le temps pour identifier la majorité parlementaire, le Front Commun pour le Congo savait parfaitement bien qu’il est fragile et que le président Tshisekedi pouvait se constituer une force incontestable autour de lui et par conséquent arrêter cette vaste blague qu’est le FCC » analysait un acteur politique dans l’émission Tribune du Changement sur radio Svein Bukavu.

Beaucoup d’aigris, beaucoup des frustrations à l’interne du FCC , c’est en tout cas la certitude et Bahati Lukwebo le savait parfaitement bien. 

Le prochain rendez-vous c’est bien la formation du gouvernement qui, certainement, va encore créer des mécontents avec la « boulimie » exagérée de l’ancien parti présidentiel le PPRD qui est accusé par ses partenaires du FCC de vouloir tout prendre alors qu’il devait s’agir d’un partage des dividendes dans le cadre d’une coalition. 

Ce qui est sûr est que le FCC a remporté la majorité des membres du bureau du Sénat Congolais mais les voix discordantes se font de plus en plus sentir et les prochains jours peuvent être révélateurs d’une nouvelle configuration politique au pays. Le président Félix Tshisekedi observe et croise les doigts, espérant avoir toutes les raisons de revoir la nouvelle majorité et d’avoir la main sur plusieurs leviers du pouvoir. Bahati a donné le go. Il suffit que Tshisekedi y voit une opportunité et c’est bien parti pour lui! Comme pour dire que le malheur des uns peut faire le bonheur des autres et ce serait salvateur pour le pays!

Jean-Luc M.

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