L’Office des Routes de la Province du Sud-Kivu avait, dans une correspondance, alerté le bourgmestre de la commune d’Ibanda sur le danger que présentait les travaux pour ériger une maison et une Eglise sur le site qui a fait 3 morts dans un éboulement de terre ce mardi.
Dans cette correspondance datée du 12 Août dernier, Anicet Kakesa, le Directeur Provincial de l’Office des Routes avait sollicité la « promptitude » du bourgmestre pour arrêter ces travaux et sauver la route qui était menacée.
«Nous avons l’honneur de vous informer que la Route Nationale N°5 au PK0+500 après la prison centrale de Bukavu constitue une menace suite aux excavations des terres effectuées depuis hier dans le but d’ériger une Eglise et une maison et une maison d’habitation par des personnes non identifiées. Pour votre information, la Route d’Uvira à ce niveau est assise sur un remblai de terre. Le fait d’ériger les bâtiments risque de déstabiliser complètement le sol en place et cela peut occasionner la coupure brusque de la route » lit-on dans cette correspondance de l’Office des Routes.
Le Directeur de cette entreprise publique avait par cette correspondance demandé au bourgmestre d’Ibanda d’arrêter ces travaux qui peut coûter la vie à un ouvrage important de la province, et d’exiger la construction des murs de soutènement.
Qu’est ce qui explique cette négligence des autorités de la province et de la ville alors que l’Office des Routes avait prévenu?
Le maire de Bukavu qui s’est exprimé à la RTNK déplore que les instances judiciaires l’aient interpellé pour avoir demandé des comptes aux constructeurs sur le lieu.
« Moi-même qui vous parle, j’ai été convoqué au parquet mes collaborateurs (le commandant de l’assainissement), continue à être convoqué au parquet à cause de ce site…C’est un site impropre à la construction. Ce que nous demandons, ce que le pouvoir judiciaire puisse continuer les enquêtes » a t-il dit.
Le ministre provincial des Infrastructures que radio Maendeleo a interrogée explique avoir interdit les travaux mais a été étonné d’apprendre que les gens continuaient les travaux sur ce site.
En attendant, les mouvements citoyens et plusieurs acteurs continuent à dénoncer la passivité des autorités gouvernementales dans la gestion du dossier de ce site. Beaucoup exigent la démission pure et simple du maire de Bukavu et de plusieurs responsables des services publics impliqués dans la question foncière.
Jusqu’à quand les morts continueront-elles à être enregistrées au vu et au su des dirigeants? A quoi ça sert d’avoir des dirigeants qui passent le temps à dénoncer aux médias sans agir sur le terrain pour prévenir d’éventuels dégâts? Ces questions et autres taraudent les esprits de plusieurs Bukaviens qui souhaitent que les responsabilités soient établies dans ce dossier.






