Vue de l’ISP BUkavu. Ph. Tiers
La première action aura été la plainte contre l’émission tribune du changement sur la radio Svein émettant à Bukavu. Une émission du 18 février 2017 quelques mois après le début d’une crise qui ne faiblit pas jusqu’à ce jour. Le directeur général de l’Isp accusait alors le présentateur de n’avoir été impartial dans la distribution de parole entre ceux qui étaient pour et/ou contre lui. Or, le confrère présentateur de l’émission avait déjà eu des faux rendez-vous avec le professeur Kaningini qui lui promettait une interview pendant deux semaines durant et annulés aux dernières minutes. Fallait-il annuler le sujet annoncé à ses auditeurs ? visiblement, c’est à cela que jouait le directeur Général qui pensait qu’une autre solution ne pouvait pas être trouvée.
Un autre média qui a dit avoir eu des démêlées avec monsieur le professeur Boniface Kaningini, c’est Radio Maendeleo de Bukavu. Nos confrères ont aussi selon plusieurs sources été convoqués par le CSAC pour le même dossier de l’ISP Bukavu.
Vient ensuite la lettre qui a fait la une sur les réseaux sociaux. La plainte de Kaningini au CSAC contre la radio Iriba Fm, elle aussi émettant de Bukavu.
C’est dans cette correspondance que le directeur général de l’institut supérieur pédagogique de Bukavu s’explique sur les évènements d’une journée dans son institution alors qu’il le fait rarement devant les médias. Dans cette correspondance, Boniface Kaningini charge nos confrères en les accusant d’incitation à la haine au cours d’une émission de Table ronde. Une émission qui, selon lui a encouragé la manifestation du 12 octobre dans son institution et conduit à l’incitation des étudiants à la haine tribale et la violence.
Cette manière de faire qui est devenue la règle du DG de l’Isp inquiète plusieurs journalistes de Bukavu qui ont désormais peur de faire leur travail dans le dossier brûlant de cette institution. Un dossier qui n’a visiblement pas dit le dernier mot.
Boniface Kaningini qui veut, clairement le silence des médias de Bukavu ou qui veut que ceux-ci couvrent cette actualité comme il le veut, semble aussi utiliser la fibre tribale pour inquiéter ceux qui veulent enquêter et voir clair dans ce dossier au risque d’être accusés d’attiser la haine dans un dossier plutôt académique.
S’il est bien sûr parvenu à faire taire certaines chaines de Bukavu qui parlent rarement de cette question ou qui n’en parle que dans le sens qui lui plait, il ne pourra pas malheureusement museler une presse plurielle qui ne se limite désormais plus à celle traditionnelle et qui était à compter au bout des doigts.
« Alors que plusieurs étudiants sont toujours exclus et interdit de finir leur mémoire pour l’obtention de leur diplôme, les médias de Bukavu ont désormais suivi l’injonction du directeur général de l’ISp oubliant qu’en principe c’est pour les plus vulnérables qu’ils sont là », se plaint un défenseur des droits de l’homme de Bukavu.
Les médias à Bukavu, ont-ils alors obtempérés à ce qu’il faut considérer comme une tentative de museler la presse par des intellectuels qui étaient censés connaitre le rôle de celle-ci et encourager à faire leur travail ? En tout cas, la tendance va dans ce sens. D’autres confrères qui ne veulent pas en parler à cause de tel ou tel autre intérêt, se cachent désormais derrière cette menace qui ne devrait pas en être une. On ne peut être journaliste et avoir peur des menaces.
C’est notre boulot, nous l’aimons, nous le faisons en toute responsabilité. Il a des failles comme dans toute œuvre humaine mais nous faire taire devant le silence les instances de presse censées nous protéger peut être interprété comme un crime contre l’humanité. A chacun son job!
Adonis Lubambo






