Le régime politique congolais est resté inchangé en dépit de diverses réformes qui se sont effectuées au sommet de l’Etat. A l’appréciation des professeurs orateurs de la conférence des intellectuels, tenue ce lundi 21 mai 2018 à Lubumbashi, cette oligarchie est totalement responsable de la détérioration de la situation sociopolitique de la RDC.
Pour le professeur Kapetenga, le rôle sociohistorique de l’intellectuel au sein des différents régimes, qui se sont succédés à la tête de la RDC après l’indépendance, cause une criminalisation de la classe instruite par la société, de manière démesurément exagérée. Ceci dénote de la « stigmatisation de l’intellectuel qui a sombré dans l’obscurantisme », a indiqué le professeur, conscient toutefois que l’intellectuel congolais jouit toujours d’opportunités pour laver son affront dû à son inaction.
Le professeur Kapetenga appelle ainsi aux intellectuels, éclaireurs de la communauté, d’abandonner « la servitude volontaire pour l’engagement » gage d’existence digne. « Je me révolte donc je suis », a conclu le sociologue insinuant que le changement passe par une réflexion responsable et patriotique.
Un changement positif au sein de la classe politique congolaise passe, sans doute, par une réforme on ne peut plus approfondie.
« Les croque-morts politiques ont conduit Mobutu à sa dernière demeure, ils en ont fait autant pour Mzee Kabila, et aujourd’hui ils refont la même chose avec Joseph Kabila » a partagé le professeur Maindo, fustigeant la pérennité de l’expérience qu’a vécue le pays sous Mobutu vers les années 1990 [quand le dictateur s’était maintenu à la tête d’une transition longue de de 7 ans] au crépuscule du dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila.
Paraphrasant son collègue, Denis Mukwege, le professeur Maindo a qualifié de PCR (Paupérisation, Corruption et Restriction) le système de gestion de la chose publique en RDC. Le professeur de Kisangani, regrette le « syndrome de Caïn » qui caractérise les dirigeants politiques, qui défont l’avenir de leur peuple et en dénient la responsabilité ! Il dénonce, tout de même, « le syndrome d’Adam » dont sont coupables les intellectuels congolais, qui ne font que s’indigner de la situation de leur pays au lieu de s’engager pour sortir le pays de cette servitude lui imposée par les politiciens insoucieux du sort commun.
La série de conférences, dont l’épisode de ce lundi 21 mai 2018 à Lubumbashi faisait partie, a pour objectif de mettre en place un mode de gouvernance pastorale qui met le besoin primordial du citoyen au centre de toute action tant politique qu’économique. Ces assises prônent également l’institution d’une démocratie véritable basée sur des valeurs démocratique solides, et restreignant le passage à tout régime autocratique et autoritariste.
Selon des sources proches de l’organisation, la prochaine étape conduira le panel des professeurs à Goma, en une date qui reste à déterminer.
Honneur-David Safari
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