Conférence CAPG/MONUSCO en milieux universitaires: « à mon avis, il y a plus des problèmes que des conflits à l’ISDR » (prof. Bosco Muchukiwa) – La PrunelleRDC.info

Les conférences dans des universités organisées par le Centre Africain de Paix et Gouvernance (CAPG) avec l’accompagnement de la MONUSCO se sont poursuivies dans les universités.  Après l’Université Catholique de Bukavu (UCB) le lundi 23 juillet 2018 et l’Université Évangélique en Afrique (UEA) le mardi 24 juillet,  ce jeudi 26 juillet était le tour de l’Institut Supérieur de Développement Rural(ISDR) d’accueillir cette conférence portant sur la prévention et  les mécanismes pacifiques de règlement des conflits en milieux universitaires.

Cette conférence a connu trois exposés introductifs des échanges : celui professeur Godé MUZALIA, professeur et coordonnateur du Groupe d’Études sur les Conflits et la Sécurité Humaine (GEC-SH) /CERUKI/ISP-Bukavu qui a porté sur « Les conflits dans les milieux universitaires » ; celui de Bienvenu Karhakubwa, assistant à l’UEA et président du Centre Africain de Paix et Gouvernance (CAPG), qui portaient sur les mécanismes pacifiques« Mécanismes pacifiques de règlement des conflits en milieux universitaires » ; et celui du professeur Bosco Muchukiwa, professeur et Directeur Général de l’ISDR, portant sur « La nature, les causes et les enjeux des conflits en milieux universitaires ».

Ces trois exposés étaient complémentaires et faites à travers l’approche théorico-pratique. Ils  ont été précédés par trois communications : celle du porte-parole des étudiants complété par l’étudiant gestionnaire des homes de l’ISDR portant sur « les conflits vécus à l’ISDR Bukavu », celle de Me Lebon Chebweru, secrétaire permanent du CAPG, portant sur la présentation de CAPG, celui des Mrs Jules et Alphonse portant sur la présentation de la MONUSCO DDR/RR.

Dans sa communications, le porte-parole des étudiants de l’ISDR a noté différents conflits auxquels leur institution est confrontée et la manière dont ces conflits sont vécus ou se manifestent.

Dans son brillant exposé, le professeur Bosco Muchukiwa a réagi en soulignant que les conflits relevés sont plus des problèmes à résoudre que des conflits à gérer.

« A mon avis, il y a plus des problèmes que des conflits à l’ISDR. Le manque du courant électrique quelques fois dans le campus qui fait que les étudiants trouvent du mal à préparer leur nourriture, le manque de transport, la rareté de l’eau, … sont plutôt des problèmes qui peuvent être sources de conflits. En effet le problème est une difficulté qui exige une solution… » a réagi le professeur Muchukiwa.

Les échanges ont été très constructifs et ont débouché à plusieurs engagements de la part des participants et, bien évidemment, des engagements.

Dans le mot de clôture, l’organisateur a rappelé le cadre dans lequel s’inscrit ces activités au bénéfice des universités.

« Cette série des conférences qui se tiennent dans les universités et instituts supérieurs de Bukavu en province du Sud-Kivu s’inscrivent dans le cadre de lutte contre les violences communautaires en milieux universitaires en vous de la cohabitation pacifique et de la cohésion sociale en ces milieux. Ces conférences sont suivies par des matchs de football féminin entre ces universités concernées dans l’optique du sport pour la paix et la cohésion sociale. Toutes ces activités cadrent l’accompagnement de la jeunesse estudiantine dans la célébration de la fin de l’année académique» a noté Bienvenu Karhakubwa, président du CAPG, l’organisateur de ces activités.

Il sied de rappeler qu’en ce qui concerne la compétition de football féminin entre ces universités, après la victoire de l’ISP sur l’Université Catholique de Bukavu (UCB) et la victoire de l’Université Évangélique en Afrique (UEA) sur l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR),  le final qui s’est joué ce samedi 28 juillet 2018 au terrain de l’ISDR Bukavu opposant donc l’UEA contre l’ISP Bukavu.

Eric Shukrani

affiche lors d’action de la LUCHA pour réclamer justice pour le massacre de Kasika. Ph laprunelle

Le Rapport Mapping a été  rendu public le 1er octobre 2010 par le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme. Près de dians ans plus tard, aucune justice, aucune réparation, aucune vérité, les bourreaux sont libres, les victimes et les témoins disparaissent.

Ce rapport qui décrit les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en République Démocratique du Congo entre Mars 1993 et Juin 2003 est resté moisir dans le tiroir des Nations Unies sans aucune application ni suivi des recommandations contenues dans ce dernier. Il en a documenté au moins 600 cas de violations commises  à l’Est de la RDC.

Les dix années couvertes par ce Rapport ont été marquées par une série des crises politiques majeures, des guerres et des nombreux conflits ethniques et régionaux qui ont provoqué la mort des centaines de milliers  voire des millions de personnes. Il a même indiqué que rares ont été les civils qui ont échappé à cette violence.

En République Démocratique du Congo, des crimes jugés  contre l’humanité ont été commis, des femmes et des  enfants en ont été des premières victimes malheureusement les bourreaux sont encore libres et aucune justice n’a jusque-là faite ni une réparation envisagée.

Le gouvernement congolais qui avait reçu le Rapport Mapping en copie quelque temps avant sa publication avait déclaré accueillir favorablement ce rapport  et qu’il était consterné devant cette « horreur indicible et étendue des crimes que le peuple congolais a enduré et que les victimes méritent justice, elles méritent que leurs voient soient entendues par nous par nous dirigeants mais également par la communauté internationale dans son ensemble ».  Il avait déclaré être prêt à tout mettre en œuvre afin d’amener les coupables devant la justice et obtenir des réparations pour les victimes.

Quant à la société civile, elle a fermement soutenu ce rapport par plusieurs déclarations en saluant la sortie de ce rapport qu’elle estime d’ailleurs être le fruit de son plaidoyer.

La plus grande question qui continue à tourmenter les esprits c’est: pourquoi  il n’y a jamais eu des coupables traduits en justice pour des crimes commis pourtant ils sont connus ?

L’impunité, l’absence de la justice pour ces crimes répertoriés dans le Mapping et bien d’autres  crimes a toujours été le plus grand échec des dirigeants congolais en particulier et ceux Africains en général.

Plusieurs tentatives d’enquêtes sur des crimes ont été bloquées et les rapports des organisations de défense des droits humains nationales et internationales faisant état de tous les crimes ont été ignorés.

Le Président actuel Félix Tshisekedi Tshilombo, a malheureusement dit qu’il n’a pas le temps de « fouiner dans le passé ».  Une grande déception pour les défenseurs des droits humains.

Le Rapport Mapping est d’une importance capitale pour la situation du Congo.  Il constitue un rappel sévère contre l’impunité, rappellent-ils. 

Des atrocités graves commises contre les populations civiles documentées  par ce Rapport sont passées aujourd’hui sous silence et fort malheureusement à certains endroits, les forces de sécurité congolaises et d’autres groupes rebelles sont accusés d’utiliser les mêmes tactiques et stratégies d’exactions par le fait que les premiers auteurs de violation n’avaient jamais été appelés à  rendre des comptes pour des atrocités commises.

«Le sang congolais crie justice, les femmes enterrées vivantes à Kasika crient vengeance et tout n’est possible que par une justice équitable. Le prix Nobel congolais 2018, le docteur Mukwege l’a toujours dit et ici le moment de le rappeler, il y a pas de paix sans justice.

Jean-Luc M.

Assemblée Provinciale du Sud-Kivu. Ph. Laprunellerdc.info

On savait déjà que l’Assemblée Provinciale s’intéressait au dossier de détournement des fonds dans la campagne de distribution de la moustiquaire imprégnée d’insecticide en Province du Sud-Kivu, mais ce n’était pas annoncé officiellement.

Ce lundi, du haut du perchoir de l’hémicycle provincial, le Président du bureau a averti que son institution va voir clair dans ce dossier. Il a par ailleurs mis en garde tous ceux qui tenteraient de se faire corrompre pour perdre les traces.

«La session est également consacrée au contrôle des actions du gouvernement provincial en général et plus particulièrement au sein de la Division Provinciale de la Santé où selon des informations fiables à ma possession, il y aurait eu de détournement à grande échelle des fonds destinés aux deux phases de dénombrement et de distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide à la population du Sud-Kivu. Je profite de cette occasion pour demander aux acteurs impliqués dans cette enquête et ayant des informations relatives de ne pas se laisser corrompre au risque de subir la rigueur de la loi» a dit Zacharie Lwamira.

Des agents de certaines zones de santé de la province du Sud-Kivu de la Division Provinciale et de l’Inspection de la Santé  dénoncent le détournement orchestré par leur hiérarchie lors des activités de dénombrement de la population et de distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticides.

Ces agents pointent du doigt les médecins chef de zone et leur administrateur Gestionnaires, le Chef de Division et le Médecin Inspecteur Provincial.

C’est par exemple dans la zone de santé de Miti où des agents dénoncent le détournement dans les activités de dénombrement de la population de Miti-Murhesa en prévision de la campagne de distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticides.

Même cri d’alarme à la Division de la Santé où le médecin analyste chargé de suivi et évaluation a dénoncé les retenues faites illégalement que ça soit sur le budget des activités des zones de santé ou sur la prime des superviseurs provinciaux.

Selon le Dr Muhunjuka Bahambaka Dieudonné, tout semble être bien entretenu par les autorités de la Division et malgré toutes les démarches entreprises, il n’a reçu aucune lumière sur cette question. D’où il sollicite aussi qu’une enquête sérieuse soit diligentée et même des poursuites judiciaires pour ceux qui le mériteront.

L’Inspection Provinciale de la Santé n’a pas été du reste, là aussi les agents se plaignent de la gestion des fonds alloués à l’activité de dénombrement de la population.

Bertin Bulonza

des élèves en uniforme. Photo d’illustration

Certaines écoles catholiques et protestantes d’Uvira n’ont pas observé l’appel de l’inter syndical des enseignants d’Uvira (SYNECAT et SYNEP). Un appel à la suspension des activités scolaires jusqu’à ce que leurs revendications soient honorées.

 A l’issue d’une assemblée extraordinaire tenue samedi dernier dans les locaux du Lycée Umoja, l’intersyndical des enseignants d’Uvira a appelé les enseignants des écoles catholiques et protestantes d’Uvira de suspendre les activités scolaires sur toute l’étendue du territoire d’Uvira. Ces derniers revendiquent la paie de tous les enseignants Non Payés (N.P ) et les Nouvelles Unités (N.U) du primaire et du secondaire ainsi que les agents d’appoints. L’octroi d’un salaire décent aux enseignants conformément aux accords de Bibwa, conclut monsieur Kinginda Kimbalu de la synergie des écoles catholiques d’Uvira, SYNECAT.

D’après la ronde effectuée par votre rédaction ce lundi, plusieurs écoles catholiques et protestantes n’ont pas observé cet appel. C’est le cas de l’école primaire Munanira, Ezio Meloni ou encore l’école primaire Kavimvira, des écoles conventionnées catholiques ou le cours se sont déroulés sans faille. Même cas observé de la part des certaines écoles protestantes comme l’institut Kitundu. Par ailleurs, les enseignants de l’Institut Mwanga, Lycée Umoja, Institut Zawadi ou encore ITAV Kasenga sont restés solidaires à l’appel de l’inter syndical. Des élèves se sont retrouvés dans des salles de classe mais ils n’y avaient pas d’enseignants pour les prendre en charge. Une évaluation a été faite dans les après-midi de ce lundi. Ou d’après l’intersyndical, 85% des enseignants ont respecté le mot d’ordre.

Ce mouvement de grève va se poursuivre jusqu’à ce que le gouvernement congolais va répondre à leurs revendications, renchérit le président de l’intersyndical monsieur Irenge Dieudonné.

Elie Lambert Kalembire, depuis Uvira

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