
Après le rapporteur du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu qui a fait un réquisitoire sévère contre la machine à voter prônée par la commission électorale nationale indépendante pour la tenue des élections tel que prévu par le calendrier publié l’an dernier, c’est le tour de son adjoint de penser que cet outil n’est pas opportun à l’heure actuelle.
« La population du Sud-Kivu a montré qu’elle n’est pas pour la machine à voter » dit Christian Zihindula (CZ) dans une interview accordée à laprunellerdc.info (Lprdc) ce mercredi 14 février 2018.
(Lprdc) : Le rapporteur du bureau de coordination de la société civile a estimé que la machine à voter n’est pas opportune. Est –ce votre avis en tant que membre du bureau ?
(CZ) : La question est très simple. Il y a eu un sondage au Sud-Kivu et à 99%, la population a montré qu’elle n’est pas pour la machine à voter. Ça c’est la volonté du peuple qui ne doit pas s’exprimer à travers des contradictions ou des messages contradictoires. C’est une question nette et claire. C’est-à-dire que la machine à voter n’a pas de place parce que d’abord c’est une jurisprudence que la CENI créée bien avant, étant donné que la machine à voter ne figure pas dans la loi électorale. Et puis on nous parlait des problèmes de ressources, d’où proviennent-elles aujourd’hui et qui vont acheter des machines à voter ? Deuxième crainte : quand est-ce que ma grand-mère qui se trouve à Walungu, Mwenga, Shabunda a vu l’outil informatique. Est-ce qu’on va prendre le temps de former tous les électeurs sur l’utilisation de l’outil ou on va venir seulement administrer la machine parce qu’il y a nécessité, je pense que non.
Deuxième option, les opérations de vote, ce sont les informaticiens qui vont les faire. Il y a lieu de frauder parce qu’on peut annuler les opérations ou les enregistrements qu’on a fait et on fait tout ce qu’on veut. Qu’est ce qui dit que le soir je ne peux pas annuler les opérations et mettre mon candidat que je veux. Le vote électronique n’a jamais réussi. On a des exemples aux USA.
(Lprdc) : Sous quelles conditions accepteriez-vous l’utilisation de la machine à voter ?
(CZ) : Nous pensons que la machine à voter n’a pas de place en RDC surtout le moment n’est pas favorable parce qu’il y a suspicion entre les parties prenantes aux élections et donc l’opposition et la majorité, la société civile…
S’il y a consensus sur la machine à voter et que la crédibilité des institutions qui organisent les élections soit garantie à toutes les parties prenantes, peut-être on pourrait accepter ; or cette garantie, on n’en a pas parce qu’il y a ceux qui participent à des réunions de leurs composantes, ils peaufinent des stratégies avec leurs composantes et pourtant quand on prête serment on dit qu’on ne peut plus servir le parti politique dans lequel on vient mais on va servir maintenant la nation car ce sont les institutions d’appuie à la démocratie et il n’y a plus de place pour rentrer au parti et donner rapport.
(Lprdc) : Concrètement pour vous, seul le moyen manuel reste d’actualité…
(CZ) : Nous allons voter manuellement. Ce n’est pas des moyens qui nous manquent. Vous voyez qu’on est entrain de geler plus de 800.000.000 de dollars des citoyens congolais…eux ils tirent cela où ? Que la Grande Bretagne fasse des efforts en nous donnant une partie pour nous aider à organiser les élections.






