Corneille Nangaa avec la machine à voter. Ph. Tiers
Dans un communiqué publié ce mercredi 26 décembre, la commission électorale nationale indépendante (Ceni) a officiellement annoncé le report des élections pour le mois de mars 2019 à Yumbi, Beni et Butembo. Selon la Ceni, le report du scrutin dans ces villes est lié à l’épidémie d’Ebola (Beni, Butembo) et de l’insécurité qui se sévit dans le territoire de Yumbi au Maï-Ndombe.
Dans une déclaration ce matin, Martin Fayulu, candidat à la présidentielle, avait mis en garde la Ceni « contre toute tentative d’annuler les élections à Beni, Butembo.
Vives réactions à Beni
Les langues commencent à se délier en ville de Beni après l’annonce par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), du report des élections présidentielle, législatives et provinciales en ville et territoire de Beni, ville de Butembo au Nord-Kivu et Yumbi dans le Mai-Nombe.
Dans un entretien avec Media Congo Press (MCP), certains habitants de Beni rejettent purement et simplement cette décision.
« C’est inacceptable que les élections se tiennent dans une partie d’un pays, alors que l’autre n’est pas concernée. Nangaa (président de la Ceni) cherche à nous provoquer. Nous n’accepterons pas cette bêtise. La population de Beni est-elle différente de ceux qui sont dans d’autres provinces ? Nous appelons le retrait de cette décision… Ils ont tout simplement vu qu’ils n’ont pas de base pour leur candidant raison pour laquelle ils veulent nous priver des élections», se sont exprimés certains habitants interrogés au rond-point du 30 juin de Beni.
Alors que la Ceni soutient que c’est à cause de l’épidémie d’Ebola et de l’insécurité, certains candidats députés de la ville de Beni indiquent que la Ceni savait bien qu’à Beni il y avait Ebola et l’ insécurité, mais a autorisé la tenue de la campagne électorale.
« Ce dimanche nous irons aux élections. C’est incompréhensible que Beni soit privée d’élections. C’est depuis 4 ans que nous vivons l’insécurité, les candidats ont mené la campagne dans cette insécurité, le pouvoir n’a jamais songer à éradiquer cette insécurité. C’est inacceptable. Je dis que nous allons nous assumer. Si on ne vote pas, nous allons réclamer la démission de Corneille Nangaa jusqu’à la dernière goutte du sang et il n’y aura pas élection en RDC si la décision est publiée…» a confirmé Blaise Musubao.
Philémon Ndambiwandambi de la coalition « Lamuka » appelle le peuple à se prendre en charge pour anéantir cette décision de la CENI.
« C’est une provocation que nous renvoyons avec force. C’est un complot de Nangaa avec le pouvoir. Il constate que la population est fatiguée de ce pouvoir, le peuple veut les sanctionner. Déjà nous appelons tout le monde àse prendre en charge. Nous ne pouvons pas accepter cette mascarade. Nous devons nous choisir des bons dirigeants pour sortir de cette misère qu’on voit et vive à Beni. Nous sommes entrain de vivre les conséquences de la mauvaise gouvernance. Peuple, Lamukaaaa…», a-t-il affirmé.
Maître Philémon a ajouté que « la CENI devait arrêter la campagne électorale. Elle s’est passée sans problème. Nous disons que c’est une décision politique. Le ministre de la Santé lui-même avait confirmé qu’ Ebola ne peut pas entraver les élections. D’où vient cette décision ? », s’est-il interrogé.
Initialement prévues pour le dimanche 23 décembre, les élections générales ont été reportées pour le 30 décembre prochain sur toute l’étendue de la RDC », a annoncé la Commission électorale nationale indépendante (CENI) au cours d’un point de presse organisé le 20 décembre dernier.






