
Le dossier qui oppose André Bampa au président national de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile est loin de trouver une solution
Après plusieurs jours d’arrestation de celui qui était jusque-là rapporteur urbain de cette structure de la société civile, sa famille biologique réclame sa libération ” immédiate et sans condition”.
Elle l’a fait savoir dans une lettre adressée au maire de de Bukavu lui annonçant in sit-in qui sera tenu au bureau national de la NDSCI à Nyawera.
Dans cette lettre signée par la fille aînée de Monsieur Bampa, sa famille revient sur les faits ayant causé l’arrestation de leur père. Safi wa Bampa qui se dit aussi membre de la NDSCI, déplore que le seul péché que son père aurait commis c’est ” avoir osé demander au président national de la NDSCI Kijana, de lui donner son argent qu’il lui a détourné”.
“Pour une petite histoire de cet argent, il s’agit d’une somme de 510 dollars américains que les partenaires avaient envoyé à mon père Bampa André pour se faire soigner après qu’il soit torturé à mort par les militaires de la garde républicaine (GR) à Mbobero le 30 avril 2019, toujours à cause de la NDSCI pour laquelle il était en mission. Malheureusement mon père en voulant réclamer son droit au Président national Kijana, il s’est vu se faire arrêter par le parquet, le magistrat ne voulant même pas comprendre que Kijana veut se faire couvrir après qu’il lui ait détourné son argent” lit on dans cette lettre.
La famille Bampa renseigne que pour le moment, le président de la NDSCI est entrain d’exiger avec insistance que la libération de leur père soit conditionnée par la signature d’un document de démenti, que Kijana ne doit rien au rapporteur urbain de son organisation alors que ” il connaît lui même la vérité” étant donné que leur père n’est pas le seul à avoir été ” escroqué” par le président de la NDSCI, explique Safi Wa Bampa, en y joignant d’autres noms des personnes victimes de cette ” escroquerie” dont deux victimes de Mbobero, ce qui donne 3350 dollars américains détournés sur 6050 dollars américains envoyés par les partenaires” renseigne la lettre
Cette situation malheureuse conduit donc la famille Bampa à sortir de son silence pour ” dénoncer haut et fort ce détournement et escroquerie de Kijana, réclamer la libération immédiate et sans conditions de notre père Papa Bampa, obligé de nous laisser seuls onze enfants sans assistance tous ces jours” s’alarme cette famille.
Ainsi, la famille informe l’autorité urbaine de cette action de sit-in qu’elle va organiser ce lundi 21 octobre 2019 au bureau de la NDSCI pour exiger la libération de leur père André Bampa et demande l’accompagnement des autorités en ville
Mais pourquoi en arrive-t-on là?
Ce feuilleton qui n’a pas l’air de prendre fin commence à travers une lettre du 28 Août 2019. Une correspondance à travers laquelle André Bampa demande la démission du Président National de la NDSCI. Dans cette correspondance, Bampa revient sur les allégations contenues dans la lettre de sa fille citée ci-haut. Il donne par ailleurs un délai de 10 jours à Jean Chrysostome Kijana pour qu’il démissionne.
“Ainsi donc, votre démission à la tête de notre structure ne peut souffrir d’aucune contradiction ou d’une faille, d’où elle s’impose dans un délai de 10 jours à compter dès la réception de la présente correspondance. En cas de résistance ou autres déviations de votre part pour cette cause, je me réserve le droit d’initier des actions de grande envergure constitutionnellement garanties” menace monsieur André Bampa, aujourd’hui en détention.
La réponse musclée de la NDSCI n’a pas tardé
Ces revendications et allégations de monsieur Bampa lui ont valu la radiation de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile.
Par sa décision N° 05 signée par son Vice-Président National Gaspard Kalenga le 23 septembre dernier, la NDSCI décide de radier à vie de sa structure monsieur André Bampa Mupenda. Parmi les allégations mises à sa charge, figurent le manque du respect et de la courtoisie aux responsables de l’organisation en s’illustrant par des injures et autres imputations dommageables à l’endroit des responsables de la NDSCI. La correspondance précise que l’incriminé est mis à la disposition de la justice afin de répondre de toutes ses allégations.
Le 25 septembre, c’est-à-dire deux jours plus tard, cette structure fait une “mise au point”. Cette fois, c’est Jean-Dominique Kimengele Uledi; le Coordonnateur National du Bureau de Plaidoyer et Protection qui signe.
Dans cette mise au point, la NDSCI pense que depuis un temps, elle fait l’objet des “machinations et autres coups bas” visant à jeter un discrédit et l’opprobre sur son image de marque, se présentant comme comme l’une qui est restée, “si pas la seule qui aspire encore confiance en la population congolaise”. Pour elle, des réunions et planifications se tiennent régulièrement pour mettre en place des stratagèmes dans le seul et unique but de déstabiliser la structure.
Elle accuse par ailleurs monsieur Bampa d’être manipulé et annonce avoir saisi la justice par la voie de l’un de son conseil, l’avocat Georges Musongela.
En effet, la procédure n’a pas tardé parce que le 24 septembre, Georges Musongela saisi le procureur près le Tribunal de Grande Instance de Bukavu et pense que les allégations de monsieur Bampa exposent son client au mépris. Il demande que “Justice soit faite”.
Bampa arrêté depuis le 30 septembre, PPI exige sa libération
Dans une alerte signée par son Protection and Advocacy Officer Jonathan Magoma, l’ONGDH Partenariat pour la Protection Intégrée (PPI) révèle Bampa André est en détention depuis le lundi 30 septembre 2019, «d’abord au cachot du parquet de Bukavu avant qu’il ne soit transféré mercredi 2 octobre à la prison centrale de Bukavu».
L’organisation demande aux défenseurs des droits humains de solidariser afin que ce Défenseur des Droits de l’homme «en danger» recouvre la liberté le plus tôt et que les responsabilités soient établies dans cette affaire.






