Bukavu: un an après, la suspension du Maire Bilubi n’a pas «encore» payé

Jeanine Mabunda à Bukavu : le maire Bilubi Ulengabo «ignoré»
Le Maire de Bukavu, Bilubi Ulengabo Méschac

11 janvier 2020-11 janvier 2022, cela fait exactement une année depuis que le Maire de la ville de Bukavu, Mechak Bilubi avait été suspendu par le Gouverneur de province. La décision de suspension de celui-ci par Théo Ngwabidje, avait été annoncée à travers un arrêté provincial.

Dans son arrêté, Théo Ngwabidje motivait la suspension de Mechak Bilubi Ulengabo par plusieurs griefs. C’est notamment la mauvaise gestion financière, la vente illicite des parcelles au site dit « Macheval cercle Hippique », la négligence notoire du maire de la ville d’exécuter l’arrêté provincial portant assainissement des agglomérations urbaines.

Mais aussi la prolifération des marchés pirates dans la ville, l’insécurité liée à l’absence des éclairages publics, les éboulements sur des sites impropres à la construction et les incendies à répétition dans la ville de Bukavu.

Le même arrêté annonçait que la gestion de la ville revenait au Maire adjoint, Darius Sumuni, à titre intérimaire.

Dans cet arrêté, le chef de l’exécutif provincial disait vouloir palier au dysfonctionnement des services de la ville, et répondre efficacement aux multiples attentes de la population.

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Mais une année après, plus d’un observateur pense que les motifs pour lesquels le Maire a été suspendu restent d’actualité. Et la situation de la ville va de mal en pis. Certains y voient même une disparition sans précèdent de l’ancienne capitale du Kivu.

Interrogé par Laprunellerdc.info, Jackson Kalimba, président de la Société Civile de Bukavu, parle d’une décision (la suspension du maire) qui a beaucoup plus empiré la situation au lieu de l’améliorer.

Celui-ci note que dans le domaine de l’assainissement de la ville par exemple, malgré les quelques initiatives qui avaient été amorcées par le Maire a.i Darius Sumuni, quelques jours après sa prise des fonctions, le stockage des déchets le long des routes et dans plusieurs endroits de la ville a repris.

Le président urbain de la Société Civile note également l’absence des éclairages publics dans la ville, le non achèvement de la clôture de la mairie, la non implication du Maire dans la réhabilitation des voiries urbaines.

Mais aussi l’absence des toilettes publiques, le manque d’un véhicule anti-incendie, et la non-réalisation des projets communautaires dans toutes les trois communes de la ville, dans le cadre du budget participatif.  

La Société Civile parle d’une année qui a contribué au recul de la ville, et pense que le Ministère national de l’Intérieur devrait se pencher sur cette situation, afin de doter la ville de Bukavu d’un animateur capable de conduire sa destinée.

Jackson Kalimba ne cache pas la détermination de la Société Civile à organiser des actions de grande envergure dans l’avenir, pour obtenir le départ du Maire a.i qui selon lui, ne fait « qu’emboiter les pas de son prédécesseur ».

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Comme la Société Civile, certains agents à la mairie de Bukavu soutiennent que le Maire a.i ne fournit « aucun » effort pour assurer la bonne gestion de la ville.

Mais d’autres par contre, pensent que le Maire Sumuni a hérité une ville presque « inexistante ». Selon eux, il lui faudrait du temps pour tout refaire.

Ils citent notamment le problème de paiement des primes des agents qui n’était plus effectif à la Mairie, et que M. Sumuni tente de rendre régulier.

«Moi je crois qu’il y a eu du changement. Par exemple pour nous les agents de la Mairie, nous commençons à avoir nos primes régulièrement sans problème par rapport à ce que nous vivions avec le Maire suspendu. Par rapport à l’assainissement de la ville, le Maire actuel est venu quand tout était par terre. Mais aujourd’hui on le voit dans des activités de Salongo pour redonner à la ville son ancienne image. Comparativement au Maire Bilubi, celui-ci qui est là n’aime pas la discrimination. Ici vous rencontrerez des bashi, les barega, les bembe et autres qui travaillent dans le calme,» explique sous anonymat, un Chef de services rencontré à la Mairie.

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Cependant, celui-ci reconnait que la plus grande « faiblesse » de l’actuel Maire de la ville reste son insouciance vis-à-vis de ce qui se vit au cimetière de la Ruzizi, où des spoliations sont toujours rapportées, sans sa moindre intervention. Il l’invite à s’y pencher pour remettre de l’ordre.

Parlant de l’avenir de la ville de Bukavu, notre source fait croire que si le Maire et les cadres de base mettaient leurs efforts ensemble, la ville de Bukavu devrait se relancer et recouvrir son image d’antan.

Bertin Bulonza

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