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    Plusieurs mouvements citoyens et organisations de la Société Civile du Sud-Kivu, ont été en sit-in ce mardi 1er juin 2021 devant l’institut Français de Bukavu; pour exprimer leur indignation face aux propos « négationnistes » de Paul Kagame, des crimes commis en RDC.  Cette manifestation qui a commencé de 9 heures, et s’est clôturée à 12 heures 30 après un autre sit-in au Bureau de Coordination de la Société Civile, visait également à réclamer justice pour toutes les victimes de ces massacres.

    Sur des calicots, on pouvait lire «Les crimes commis en RDC ne doivent pas restés impunis,» ou encore «Nous voulons un tribunal international pour le Congo pour juger des crimes graves commis en RDC » ; « la France ne doit pas être un soutien aux lobbies des crimes commis en RDC, ni faire de ces crimes un deal diplomatique avec le Rwanda,» et plusieurs autres messages.

    Les manifestants ont même scandé plusieurs chansons pour réclamer justice pour des nombreux crimes «commis par le Rwanda»; et dont le Congo a été victime depuis 1994. Assis par terre en signe de deuil et de pleurs pour des nombreuses morts qu’a connus la République Démocratique du Congo; ils disent vouloir montrer à la Communauté internationale leur indignation par rapport au silence observé; dans l’application du Rapport Mapping de Nations-Unies qui répertorie ces différents massacres.

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    Prenant la parole, Adrien Zawadi, Président du Bureau de Coordination de la Société Civile du Sud-Kivu interpelle le Gouvernement Congolais; car selon lui, la diplomatie ne doit pas être une prime « aux agresseurs et aux criminels »; qui ont endeuillé la république. Pour lui, comme ailleurs, « nous avons le droit et le devoir de fouiner dans notre passé » pour ne pas oublier l’histoire.

    «Nous encourageons la mise sur pied d’une justice transitionnelle avec ses quatre piliers; gage d’une paix durable dans notre pays.  Depuis 1994, la présence ces réfugiés rwandais est devenus une des causes majeures des problèmes que subit l’Est du pays depuis près de 30 ans ; que ce soit sur le plan sécuritaire, économique et environnemental.  Des crimes graves ont été commis contre les congolais principalement par des troupes rwandaises et ougandaises à Kisangani ; et au Kivu à cause de cette présence des réfugiés en RDC : massacres à grande échelle ; des tueries ciblées telle celle de Christophe Munzihirhwa et bien d’autres ; des viols comme arme de guerre contre nos ressources naturelles. Plusieurs rapports dont le rapport Mapping, ont fait état de plus de 6.000.000 de morts,» regrette Adrien Zawadi.

    Selon lui, aujourd’hui beaucoup de congolais continuent de pleurer « désespérément  » les leurs; et n’ont jamais connu la vérité, ni même clôturer leur deuil.

    «Il y a eu des crimes graves au Rwanda en 1994 et tout le monde est d’accord; mais il y en a eu aussi en RDC depuis 1993 jusqu’aujourd’hui. Tous méritent justice et réparation. Les auteurs intellectuels de tous ces crimes à grande échelle doivent être poursuivis et jugés pour que pareilles choses ne se reproduisent plus; dans l’histoire de notre sous-région des grands lacs africains. Malheureusement depuis un temps, des lobbies négationnistes et des propos méprisants s’installent et s’activent pour nier les évidences contenues dans le rapport mapping des Nations-Unies; mais aussi pour se moquer et cracher sur la mémoire collective des peuples congolais,» fustige la Société Civile du Sud-Kivu.

    Certains manifestants victimes ou témoins des massacres commis par les militaires Rwandais au Congo; rappellent brièvement les circonstances dans lesquelles ces massacres ont été commis. Certains disent même connaître les fosses communes dans lesquelles sont enterrées les victimes de ces massacres.

    «Des personnes importantes pour moi ont été tuées comme mon frère et sa femme. Mon pasteur de la CELPA […] et son garçon et beaucoup d’autres. Ils ont tué 96 personnes, ça amené la douleur à toute la population de Kaziba, et nous avons manqués qui nous consoler jusque maintenant. S’ils peuvent dire qu’il n’y a pas de fausses communes c’est pour se moquer de nous; et c’est parce que nous n’avons pas encore aussi à notre niveau construit ces tombes; et identifier les fosses communes où tous ces morts se trouvent. Personnellement j’ai connais 4 à 5 fosses communes, et le nombre des gens qui s’y trouvent. Nos plaies saignent encore quand on dit qu’on n’a jamais tué à l’Est de la RDC,» confie Mme Nabintu, qui a participé à cette manifestation.

    «C’est chez nous où on a tué 999 personnes en un seul jour; et on a amené même notre chef coutumier. On a tué sa femme et enlevé la grossesse qu’elle avait. Vraiment, entendre que Kagame a nié cela, ça me rappelle cette douleur et ça fait très mal,» dit un autre manifestant, larmes aux yeux.

    La Société Civile du Sud-Kivu demande instamment aux Nations Unies de créer un Tribunal Pénal International pour le Congo; mais aussi la publication des annexes du rapport mapping afin que la justice soit faite au peuple congolais.

    Au président rwandais, « Commandant suprême des Forces armées Rwandaises; dont certains éléments sont présumés auteurs de crimes graves au Congo »; la Société Civile lui demande de présenter des excuses au peuple congolais.

    Abiud Olinde

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