Bukavu: quand les défenseurs de droits de l’homme boudent Marie Ange Mushobekwa – La PrunelleRDC.info

C’est un début d’après midi cauchemardesque ce lundi 2 avril 2018 pour la ministre des droits humains en séjour à Bukavu.

Marie Ange Mushobekwa, habituée peut-être à recevoir ses invités après une longue attente, ne s’est pas rappelée qu’elle était au Sud-Kivu et plus précisément dans la très politique ville de Bukavu.

C’est elle, qui prend l’initiative d’inviter les défenseurs des droits de l’homme dans la salle des conférences de l’hôtel Elizabeth sur avenue Kalehe. Et l’invitation qui circule sur les réseaux sociaux parle de 10 heures comme heure du début de la rencontre.

Eh bien voilà : Une heure, deux heures après, Ange n’est toujours pas arrivée. L’impatience grandit, la colère monte du côté de ses éminents invités qu’on dénombre dans le top des acteurs de la société civile du Sud-Kivu.  Plus d’une centaine en tout cas venue de toutes les grandes organisations de défense des droits humains.

Les acteurs décident de sortir de la salle et d’abandonner la rencontre à la seule ministre qui n’a pas fait un signe à ses invités.

« Apparemment elle est encore chargée, nous, nous avons pensé la rencontrer maintenant, nous étions ici dans la salle Elisabeth, nous avons attendu près de deux heures, elle n’est pas là ; alors les acteurs de la société civile ont d’autres occupations ; nous allons toujours revenir si elle nous demande de venir… Nous sommes ouverts et nous restons ouverts, cependant ce n’est pas quand même normal qu’on se laisse attendre pendant plus de deux heures » dit poliment Patient Bashombe président de la société civile du Sud-Kivu devant les journalistes, tout en  rappelant que le ministère est partenaire de la société civile.

Au delà de cette réaction diplomatique de Patient Bashombe, ce sont d’autres acteurs qui, à côté, qualifient ce retard « d’impolitesse et de manque de considération à tous ceux qui sont venus exposer des problèmes de violation des droits de l’homme ».

Le mal est fait : la salle est vide ou presque parce que madame la ministre arrive quelques minutes après et rencontre quand même des journalistes dans le parage. Avec elle, une dizaine de ses partisans et autres membres de son cabinet venus dans sa délégation à partir de Kinshasa et Bukavu.

C’est alors qu’elle choisit de faire appel à quelques 5 personnes qui trainaient encore dans les alentours de l’hôtel Elisabeth. Et parmi elles, elle demande qu’on se choisisse un modérateur. Un modérateur qui n’aura modéré que pendant quelques minutes et qui s’est éclipsé en voyant qu’il n’y avait aucune question dans la petite assistance comme le témoigne la photo de la seule rangée qui a accueilli des gens.

L’humeur de Marie Ange n’est pas bonne. Il fallait le vivre quand elle demande à un confrère journaliste de quitter devant elle alors que celui-ci filmait une séance des questions-réponses.

Ce qui est clair est que la rencontre de Marie Ange Mushobekwa aura été une forme de monologue qui ne dit pas son nom.

A voir le nombre des journalistes présents à la rencontre par rapport aux participants que vous pouvez découvrir sur cette photo de famille ci dessous prise à la fin de la réunion, certains journalistes font allusion à une sorte de  conférence de presse déguisée.

Bukavu n’aura pas été tendre en dernière minute pour celle qui a eu tout le temps de parler d’elle et de ses œuvres sur une radio locale et qui malheureusement, n’a pas su garder l’élan de l’hospitalité de la terre de ses aïeux.

La Rédaction

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