Une rumeur court depuis quelques semaines dans la ville de Bukavu, province du Sud-Kivu en RDC.
« Il paraît que la première dame a interdit le port des mini-jupes et pantalons chez les femmes » glissent plusieurs motocyclistes dans la ville de Bukavu.
Une rumeur qui, pourtant a commencé à faire des victimes parmi des habitants.
Dans la ville, plusieurs femmes témoignent qu’elles sont harcelées quand elles sont en pantalons ou en mini-jupes.
Quelques actes d’agression sont aussi déjà signalés sur les principales artères de la ville.
Un exemple frappant c’est sur le réseau social Whatsapp où les photos des femmes en mini-jupe couchées par terre et entourées par des curieux, révoltent les internautes.
Selon des sources concordantes, cela se passe dans la ville de Bukavu. D’autres filles témoignent avoir été verbalement agressées.
Colère et indignation chez les internautes
Ces photos partagées ce soir de mardi 5 mars 2019 créent un tolé et des réactions d’indignation des internautes et acteurs sociaux dans la ville de Bukavu.
« Non, la première dame n’a pas à donner des ordres qui régissent la vie sociale en RDC. Elle n’est pas une institution, elle est une citoyenne comme toutes les congolaises et congolais. Si tel est son souhait elle n’a qu’à user de son influence auprès de son mari pour institutionnaliser. Et même là, ça serait réduire la liberté de nos filles et mamans » commente un internaute.
« Le pouvoir public doit sévir avec fermeté contre ces graves violations des droits de l’homme et atteintes portées à la femme. Qui est cette autorité qui a pris la décision d’interdire le port des pantalons ? Oh, tempora, o mores ! Et les gens se complaisent à regarder et filmer des scènes aussi horribles et macabres. Levons-nous pour dire Non à cette honte » rebondit le président national de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC, monsieur Jean-Chrysostome Kijana.
« Ça doit être des indisciplinés ou des fumeurs de chanvre qui font cela, c’est pourquoi, ceux-là qui ont le monopole de l’action publique doivent intervenir le plus tôt ! » plaide un autre internaute.
Ce n’est pas la première fois
Ce comportement n’est pas le premier en RDC et spécialement à l’Est de la RDC.
Il y a quelques années, plusieurs filles avaient encore subi ces actes humiliant pour le même motif. A l’époque on disait que l’ancienne première dame et son mari ont formellement interdit l’habillement en mini-jupes et en pantalon pour les filles. Pourtant, rien de tel n’avait été décidé ni prononcé.
Les villes de l’Est (Bukavu et Goma) étaient particulièrement agitées.
La première dame n’a rien dit et ne peut rien interdire ni autoriser
Pour crédibiliser leur thèse, les défenseurs de cette pratique inhumaine citent une décision imaginaire de la première dame de la RDC. Pourtant, Denise Nakeru n’a rien dit. Elle n’en a pas également ni la compétence ou la qualité.
La seule institution habilitée à édictée les lois en RDC reste le parlement. Les décisions peuvent être prises par les autorités politiques. Or, ni une loi, moins encore un décret ou ordonnance n’a décidé que les mères, filles, femmes doivent subir pareille humiliation pour le choix de leur habillement.
Ceux qui citent la première dame de la RDC, devraient assumer leurs actes ignobles commis en plein 21ième siècle.
Les Forces de l’ordre sont appelées à sévir pour décourager pareils comportements qui bafouent la dignité humaine et celle de la femme en particulier alors que le monde entier célèbre dans quelques heures la Journée Internationale des droits de la Femme.
La loi étant faite pour réprimer les déviations, elle s’appliquera aux moins avertis des hommes et femmes amoureux de cette pratique et à ce moment-là, ce sera chacun pour soi! Une femme c’est ta mère, ta sœur, ta fille, ton épouse et chaque acte déplacé commis contre elle ne devrait pas resté impuni!
Jean-Luc M.
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