Sur diverses avenues de la ville, des écoles privées naissent en nombre démesurément élevé. Ce boum peut avoir plusieurs explications, mais l’hypothèse qui semble l’emporter sur le chapelet d’autres, c’est la chute de la cour des matières premières. Tous ces hommes riches, ayant trouvé leurs fortunes en train de dégringoler, choisissent d’investir dans ce nouveau domaine où ils ne semblent pas courir beaucoup de risque de perte.
Lors du récent passage du ministre provincial de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel dans l’une de ces écoles, il a encouragé cette politique qui, selon lui, « permet la proximité entre les élèves et les écoles ». Pour Ladislas Muganza Wakandwa, la naissance de ces écoles permet aux enfants d’accéder à l’enseignement sans faire un long trajet.
Cependant, si pour l’homme politique la création d’écoles privées peut résoudre le problème de trajet, l’homme ne tient pas compte du prix auquel s’élèvent les frais scolaires dans ces écoles. C’est l’élément qui éloigne le plus l’enfant du milieu éducationnel. Notre constat est de voir que la prime ordinaire a déjà jeté des milliers, voire des millions, d’enfants dans la rue. A combien plus forte raison, ces écoles nanties qui font payer des centaines de dollars par trimestre ?!
Ces écoles, ayant pour promoteurs des hommes d’affaires pour qui la formation n’est pas une priorité, mais les sommes colossales que les écoles leur génèrent, il y a lieu de s’inquiéter de la qualité d’enseignement que les enfants vont y recevoir. Le principe du capitalisme étant de dépenser le moins possible pour gagner le plus possible, ces commerçant ne seront jamais obligés d’engager un personnel compétent, mais toujours une équipe moins coûteuse. La sélection du corps enseignant ne sera pas forcement objective.
La motivation de la création d’une école étant principalement le souci de former et éduquer, il y a donc danger par rapport à ces « écoles-business ». La raison de leur existence est plus lucrative que philanthropique ; cela insinue donc qu’il y a à craindre que ceci dégénère un jour.
En attendant, comme disent les français « faute des grives,on se contente de merles ».
(…La suite de cet article c’est dans notre prochaine livraison…)
John Achiza
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