
Incriminé par la partie civile d’avoir participé activement aux émeutes du 31 juillet 2017, le prévenu Matthieu Ledja était poursuivi pour coups et blessures volontaires à l’encontre des nombreuses figures de l’opposition et de la société civile ; il lui était également reproché d’avoir refusé d’obéir à l’ordre intimé par sa hiérarchie de ne pas user d’armes à feu dans la répression de la manifestation organisée en cette date. Un autre grief pesait sur monsieur Matthieu Ledja ; celle d’avoir, inutilement, dissiper une munition de l’Etat.
Finalement, deux infractions seront retenues à la charge du policier : La dissipation des munitions passible d’une peine d’une année de servitude pénale principale et celle de violation de consigne lui valant trois ans de servitude pénale principale. Il ne purgera, cependant, que la peine de 3 ans conformément à l’article 7 du code pénal militaire qui ne lui requiert que la peine la plus forte. Il est aussi condamné aux frais d’instance d’ordre de 100000FC payable à la quinzaine sous peine de six mois de contraintes supplémentaires, a décidé le jury conduit par le Capitaine Magistrat Lufulwabo Munyoka Jeff.
Matthieu Ledja se félicitera, toute fois, d’avoir été déchargé de l’infraction faisant état de coups et blessures volontaires à l’encontre des acteurs de la société civile et acteurs politiques, lui reprochée par la partie civile ; ce qui lui vaudrait la réparation de préjudices causés et l’indemnisation des victimes.
Toutes les parties ne sont pas satisfaites par le jugement
A l’issue de cette audience, les deux parties se sont montrées non satisfaites du jugement prononcé, et promettent d’interjeter appel. Pour l’avocat de la défense, maître Immaculé Lundeye, qualifie ce procès de « bouc-émissaire ». Il considère que toutes les pièces fournies disculpaient son client. Son camp a conscientisé son client afin d’aller au niveau de la cour militaire qui leur augure confiance.
« le recours se fait après cinq minutes », nous précisait brièvement l’avocat.
La partie civile, représentée par maître Zozo Sakali à cette audience, dit se soumettre à la décision du tribunal ; mais elle considère que la procédure n’a pas été épuisée. Il pense qu’en écartant la charge de coups et blessures volontaires du condamné Matthieu Ledja, toutes ces personnes blessées par balle ne pourront pas trouver justice.
« Nous devons aller au-delà de ce jugement, nous devons interjeter appel pour voir, dans la mesure du possible, comment les victimes peuvent rentrer dans leur droit », a dit monsieur Zozo.
Pour rappel, lors de la manifestation pacifique organisée la société civile du Sud-Kivu, et à laquelle avaient pris part les partis politiques de l’opposition et nombreux mouvements citoyens , le 31 juillet 2017, les policiers avaient fait usage de la force pour réprimer la marche dès le lieu de son départ, blessant, à balles réelles et éclat de grenade lacrymogène, plus de dix personnes, selon les organisateurs.
John Achiza






