Bukavu: le chanteur international Philippe Decourroux en conférence à l’UEA – La PrunelleRDC.info

Le chanteur international d’origine Suisse, Philippe Decourroux est à Bukavu et sera en conférence à l’Université Évangélique en Afrique, UEA le 17 Août prochain.

A la tête du groupe « Espoir diffusion », qui parle du changement des comportements à travers la chanson, Décourroux est aussi fondateur du collectif «  I respect Women » IRW ou « Je respecte les femmes ». Un collectif qui défend les femmes et leur dignité dans le monde.

C’est d’ailleurs par cette casquette qu’il décide de s’entretenir avec les citoyens de Bukavu autour de la question de la violence faite à la femme.

Objectif: Sensibiliser et interpeller les hommes de Bukavu et du Kivu pour changer des mentalités, pour devenir des vrais hommes qui s’engagent pour le respect et la dignité des femmes.

En exclusivité sur les ondes de Radio Svein Bukavu, Philippe Decourroux explique que l’idée de défendre les femmes lui est arrivée après un constat malheureux que même en Europe, il existait toujours au 21ième siècle, un marché d’esclaves sexuelles.

« Il y a 12 ans déjà maintenant j’ai été impacté, j’ai été bouleversé intérieurement par rapport aux violences faites aux femmes. Et tout d’abord à travers la prise de conscience de la réalité de la prostitution en Europe, des trafics d’êtres humains en Europe. En Europe il y a des marchés aux esclaves de temps moderne ; on vend des jeunes filles dans les pays de l’Est pour venir servir en France, en Belgique, ailleurs comme esclaves sexuelles. J’étais interpellé par ça et j’ ai été poussé à faire quelque chose, je peux faire ce que je sais faire, c’est-à-dire des chansons puis un clip, on a voulu faire un DVD, on a mis là beaucoup de temps, ça était très difficile, le parcours était très difficile et puis à un moment le chemin s’est ouvert ; on a pu faire un DVD que nous avons pressé en trois versions : française, anglaise et allemande, trois versions originales, puis maintenant une quatrième version (…. ) est sortie, et ces DVD c’est pour essayer de sensibiliser l’opinion publique à la réalité de l’esclavage moderne aujourd’hui, en Europe même et au 21e siècle c’est inadmissible, on ne peut pas imaginer ce qui se passe, on ne peut pas tolérer ce qui se passe et les gens on besoin d’être sensibilisés sur ça » dit-il.

Comment Philippe Decourroux fait sa rencontre avec le Kivu qu’il découvre en 2015 pour la première fois ?

« Lorsque Dénis Mukwege a reçu le prix Sakharov  en 2014, ce soir là j’étais devant mon petit écran, j’ai lu les informations et j’ai entendu parler du Kivu et j’ai été interpelé, j’ai dis mais qu’est ce que c’est que ça, de quoi parle-t-on ?  Je suis allé sur internet, j’ai  lu des choses sur Dénis Mukwege et j’ai pris conscience du viol de guerre au Kivu, de la souffrance des femmes dont on détruit l’appareil génital. Et moi qui étais déjà impliqué contre les violences faites aux femmes, ça m’a bouleversé, je m’étais retrouvé à genoux dans mon bureau, je pleurais j’étais touché par Dieu et je fais le serment à Dieu ; très solennellement j’ai dis à Dieu, seigneur  Je suis touché comme ça, ce n’est pas normal, s’il y a quelque chose que je peux faire au Kivu, je suis prêt à partir même au péril de ma vie » raconte t-il, avec émotion.

 Celui-ci appelle à la fin des atrocités contre les « perles extraordinaires » du Kivu. En bon évangéliste, Decourroux rappelle qu’il existe un jugement dernier qui demandera des comptes à chacun des êtres humains.

« Qu’on le croit ou pas, toute injustice dans ce monde sera confrontée un jour au jugement dernier. Même ceux qui ne croient pas ; il y a des gens qui se moquent de cela : le jugement dernier a été inventé par les hommes pour faire peur à ce qui ne veulent pas vivre leurs vies, …   c’est très clair qu’un jour il faudra rendre le compte, et moi j’aime bien interpeler les hommes, je pense que tous les hommes doivent être conscients d’une forme de culpabilité, on peut être coupable d’une violence sexuelle, mais on peut être coupable aussi de se taire. Celui qui ne dit rien, qui laisse faire porte aussi une part de responsabilité. On est là pour soutenir les femmes du Kivu, du Congo en général, ce sont des femmes extraordinaires. Nous sommes interpelés par vos femmes, vos mamans qui sont extraordinaires. Ces femmes sont des perles précieuses ce sont des enfants de Dieu qui ont une valeur extraordinaire et il faut le dire à ces femmes »

Son message, dit-il se résume en une phrase : L’amour des autres, l’amour du prochain, à l’instar du Christ qui donna la plus grande recommandation « Aimes ton prochain comme toi-même ».

« La bonne nouvelle,  est que Dieu nous tend la main aujourd’hui ; tu peux être le pire des violeurs mais Dieu te tend la main, et tu peux devenir une autre personne, tu peux changer de maitre » dit-il.

Philippe Decourroux a fait du docteur Denis Mukwege, le président d’honneur de son collectif. Il a à son actif plus ou moins 11 albums pour l’évangélisation en vue du changement des comportements.

Honneur-David Safari

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