Bukavu: la formule de CAEM-DS pour encadrer les enfants sortis des centres de détention

L’organisation Centre d’Action pour l’Enfance et la Maternité-Dimension Sociale (CAEM-DS) a remis au tribunal pour Enfants de Bukavu des kits complets de cirage des souliers en faveur des Enfants qui sont en rupture scolaire et qui sont sortis des centres de détention. 

L’activité a eu lieu ce mercredi 18 décembre 2019 au Tribunal pour Enfants dans la commune de Kadutu à Bukavu (Sud-Kivu).

Ce kit est constitué d’un scabo, d’un tabouret et du cirage et d’autres produits utilisables pour que ces enfants qui sont en rupture scolaire puissent avoir une autonomie financière quand ils sortent en détention. Car, faut-il le rappeler, l’Etat ne livre pas des moyens de réinsertion avec leur sortie de prison.

Au-delà de l’argent, l’association explique que cela permet que le contact soit gardé avec eux et qu’ils ne puissent pas tomber dans la délinquance. La formule est simple : d’une part, ils produisent des moyens qui leur permettent d’être autonomes mais aussi être accompagnés avec les autorités et le tribunal et avoir des rencontres régulières avec les enfants et leurs familles pour garder le lien, les accompagner et être sûr qu’ils ne vont plus tomber dans la même situation.

«Concrètement, s’il y a des enfants qui sont en conflits avec la loi, nous les accompagnons d’abord sur le plan judiciaire pour qu’on puisse avoir une décision qui leur est favorable mais on ne les lâche pas dans la nature. Après, on essaie de continuer à travailler avec eux. Et comme on a constaté que le gros des enfants qui sont détenus c’est à cause de vol, nous pensons que si l’enfant gagne l’argent, il va apprendre d’abord à travailler pour gagner l’argent mais ils vont surtout apprendre à mieux utiliser cet argent » explique le Professeur Arnold Nyaluma, l’un des membres de l’Association.

Le Président du Tribunal pour Enfants de Bukavu qui a réceptionné ces kits a loué le geste de son partenaire CAEM-DS espère que cela permettra à ces enfants de ne plus se livrer à des faits de déviance ou de délinquance et de s’occuper dignement par cette activité et avoir quelques moyens.

« C’est vraiment un plus parce qu’en fait à quoi ça aura servi d’accompagner un enfant, de dire qu’il a commis un manquement et ensuite de le relâcher. Un enfant qui est passé par exemple chez-nous et qui a volé un téléphone, on lui fait voir qu’un téléphone s’achète et ne se vole pas et s’il veut en avoir, il faut travailler et cela sera au moins possible grâce à cette ONG. C’est une façon pour nous de participer à la moralisation de cette jeunesse en marge de la loi mais de les aider. Nous participons à une certaine mesure, à leur réinsertion socio-économique via cette ONG partenaire » explique Hilaire Ngoy Mwepu, président du Tribunal pour Enfants de Bukavu.

Bart Demyttenaere, responsable de l’asbl «Mon Congo» et soutien financier de l’organisation CAEM-DS dans ce projet s’est réjoui de cette action qui vient répondre au besoin des enfants qui étaient en conflit avec la loi.

Il promet que son aide va être consistante pour l’année prochaine dans le seul but de soulager ces enfants et par conséquent toute la société.

Pour l’instant, le professeur Arnold Nyaluma implore à la population de Bukavu, qui, très bientôt va voir ces enfants dans les différents coins de la ville, comme on le voit à Kinshasa, Lubumbashi…de bien vouloir aider la Société à réinsérer ces enfants en payant leurs services. « Savoir qu’en donnant 200 francs, 500 francs, ils payent leurs services mais ils aident la société à rééduquer, à réinsérer ces enfants ».

Il appelle les autres partenaires à se mobiliser pour se joindre à ce partenaire belge. C’est notamment les réseaux de télécommunication avec les parasols.

Honneur-David Safari

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