Bukavu: dégustatrice du café, Amina Ngabo appelle les autres jeunes à s’intéresser au secteur

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Elle s’appelle Amina Ngabo, aujourd’hui  à l’Office National de Produits Agricoles du Congo (ONAPAC) à Bukavu. Ingénieure agronome, elle a fini ses études à l’Université Évangélique en Afrique (UEA), depuis 2015.

Elle fait un travail très moins connu des plusieurs jeunes depuis maintenant une année dans cette entreprise publique, anciennement connue comme Office National du Café, ONC. Elle est dégustatrice.

Quand Laprunellerdc.info rencontre cette femme parmi les rares jeunes engagés dans ce travail, elle était sur place pour faire déguster le bon café du Kivu à l’ambassadeur américain en poste à Kinshasa qui était en séjour à Bukavu.

«ce n’est pas aux dégustateurs internationaux de détecter la qualité de notre café. C’est à nous de le détecter. Puis on l’exporte».

Amina explique qu’elle ne savait pas qu’il existait la dégustation du café quand elle est arrivée à l’ONAPAC.

«Je l’ai appris en étant ici. Alors,  ça m’a beaucoup intéressé et je me suis fait inscrire ici dans la formation de l’an passé. C’est comme ça que j’avais commencé à faire la dégustation », dit-elle. Ce métier n’est pas facile pour ceux qui s’intéressent au secteur du café. Il faut plusieurs formations, de l’expérience, de la ténacité et surtout de la rigueur.

«Nous avons fait la formation et j’ai commencé à apprendre petit à petit. Nous étions nombreux à faire la formation mais on nous a sanctionnés par les examens. Aux examens, on pouvait être au nombre de 40 et nous avons fini la session au nombre de 3 » explique-t-elle.

Déguster du café c’est utiliser ses 5 sens, dont les 3 essentiels. Il s’agit du goût, de l’odorat et de la vue. Car, si on le sait que le café du Kivu est parmi les meilleurs du monde, il faut une équipe des dégustateurs professionnels pour la sélection avant de l’amener sur le marché international. D’ailleurs, nous, dit-elle, «ce n’est pas aux dégustateurs internationaux de détecter la qualité de notre café. C’est à nous de le détecter. Puis on l’exporte».

Nous ne pouvons pas cultiver ce que nous ne connaissons pas.

«Avec ces trois sens vous pouvez faire la dégustation parce que ça demande d’abord que vous ayez le goût, l’odorat pour sentir l’arôme et les yeux pour voir quel est le bon café que l’on doit choisir et pas les moisis parce que la moisissure  se montre sur le bon café. Alors s’il y a des trucs, là ça désintéresse et vous pouvez déjà disqualifier le café» nous dit-elle.

Elles ne sont pas nombreuses les femmes comme Amina qui ont embrassé le chemin de dégustation du café. Si on sait que des centaines des femmes sont impliquées dans la chaîne du café, elles ne sont pas nombreuses qui font la dégustation. D’ailleurs à l’ONAPAC, elles ne sont pour l’instant qu’à deux.

Déguster notre café avant de l’exporter, c’est ce que recommande cette jeune dame qui a des bons témoignages dans ce travail.

«On donnera de la valeur à notre café et connaître quel est son potentiel au niveau international. Nous ne pouvons pas cultiver ce que nous ne connaissons pas. Nous devons cultiver ce que nous connaissons ».

C’est une opportunité pour les jeunes »

Amina rappelle que l’importance de déguster le café, c’est de montrer au monde extérieur la valeur de notre café. Le café de la RDC et celui du Kivu spécialement. Elle pense que d’autres jeunes devraient s’intéresser à ce domaine qui n’est pas encore envahi, mais prometteur pour l’avenir. Mais pour y arriver il faut bien sûr, plusieurs étapes.

«Au fur et à mesure qu’on devient ancien dans la dégustation, on a de l’expérience, on devient un bon dégustateur après un temps. Après plusieurs formations vous aurez des astuces pour être un bon dégustateur. Lorsqu’on devient un bon dégustateur, on obtient une nomination au niveau national ainsi qu’international. On est nommé dégustateur international après plusieurs formations, tests national et international. Si on devient dégustateur international, on a plus besoin de demander un travail. Vous serez connu partout. C’est une opportunité pour les jeunes », nous confie, Amina qui a fait de son travail une passion.

La dégustatrice Amina Ngabo à droite de l’ambassadeur Mike Hammer lors de sa visite à l’ONAPAC Bukavu. Ph. Laprunellerdc.info

Elle sait évidemment qu’elle peut compter sur le soutien du Consortium d’Organisations et Entreprises qui exécute le projet « Feed the Future RDC Renforcement des Chaînes de Valeur » (SVC) mais aussi sur plusieurs personnalités du monde. Comme Amina, Mike Hammer, l’ambassadeur américain en RDC appelle les jeunes à s’intéresser à ce domaine de dégustation et du café en particulier.

«Il y a des congolais qui savent faire la dégustation et qui sont experts et c’est possible aux autres d’apprendre. C’est une industrie qui crée beaucoup d’emplois et le Sud-Kivu est une bonne région agricole et j’espère que la prochaine fois quand je viendrai il y aura beaucoup plus d’exportation de ce bon café vers les  États-Unis et dans le reste du monde» disait le diplomate américain, lors de son passage à l’ONAPAC.

Honneur-David Safari

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