Les militants du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) se sont mobilisés ce samedi 24 Août 2019 à la place Munzihirwa de Bukavu pour commémorer les 21 ans du massacre de Kasika dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu.
Un massacre, qui avait couté la vie à plus de 600 personnes selon le décompte officiel, plus de 1100 personnes selon les organisations de la Société Civile.
Sur place à Nyawera, ces militants ont exposé des photos souvenirs pour dénoncer la cruauté qui a accompagné ce massacre.

Selon la LUCHA, c’était une manière de rompre le silence face à ce massacre et face à plusieurs autres qui se sont commis en RDC et qui continuent à se commettre.
Ces militants espèrent que si le silence est rompu, il y a des fortes chances que les auteurs qui sont connus soient poursuivis et qu’ils répondent de leurs actes devant la justice congolaise et internationale.
« Le silence devant le mal est une complicité, il n’y a pas de paix sans réparation, Justice pour Kasika, Makobola, Mutarule, 21 ans après les massacres de plus de 1200 civils à Kasika, les auteurs ne sont pas toujours sanctionnés » pouvait-on lire sur leurs nombreuses banderoles.
Ces militants de la LUCHA ont été rejoints par d’autres militants des mouvements citoyens actifs dans la ville de Bukavu. Il s’agit principalement du mouvement citoyen « Réveil des Indignés » mais également des membres de la Société Civile urbaine.

Jusque vers 11 heures, ces activistes pro-démocratie ont pris leur temps pour expliquer aux nombreuses personnes rassemblées à la place Munzihirwa, le sens de leur démarche.
«N’oubliez pas que nos frères et sœurs ont été tués dans des conditions particulièrement affreuses à Kasika. Des prêtres et religieuses égorgées, le Mwami Mubeza tué. Sa femme enceinte tuée et éventrée. Ses jumeaux découpés en morceaux. Les auteurs sont connus et continuent à nous diriger » ne cessaient-ils de rappeler.
Très tôt le matin, une messe a été dite à la Cathédrale Notre Dame de la Paix de Bukavu en mémoire des victimes.

Pour rappel, une rébellion meurtrière a vu le jour le 2 août 1998 à Goma et elle a embrasé tout l’Est. Le laissant avec des traces des guerres visibles jusqu’aujourd’hui. Le 24 Août de la même année, à la suite d’une attaque menée à la veille par des résistants locaux, l’armée rwandaise se déchaîne littéralement sur la population de Kasika au Sud-Kivu. Ces militaires tuèrent hommes, femmes, vieillards et enfants d’une manière particulièrement cruelle. Avant d’être tuées, les femmes étaient violées, torturées et mutilées. Des villages entiers furent consumés et personne ne fut épargnée même pas le chef coutumier ou les prêtres catholiques.






