
Les réactions se multiplient après le dernier massacre de BENI le samedi 22 septembre 2018, faisant plus ou moins 20 morts. Au cours d’une interview exclusive un envoyé spécial de Laprunellerdc.info à BENI (Lprdc), Maître Jean-Paul Paluku Ngahangondi (JPN) coordonnateur national de l’organisation de défense des droits humains CRDH (Convention pour le Respect des Droits Humains) s’insurge à son tour contre ces massacres, qui rappelle-t-il, durent depuis 4 ans déjà.
Au cours de cet entretien, monsieur Paluku dit ne pas comprendre l’incapacité des forces gouvernementales à pouvoir mater ce groupe, dont les ressources humaines et logistiques ne relèvent pas du domaine professionnel. Par ailleurs, Me Jean-Paul Paluku s’interroge sur l’occurrence de ces évènements macabres à l’aube de la tenue des élections. Interview
Lprdrc.info : Vous avez suivi et vécu les derniers événements de BENI, quelle est votre première réaction ?
JPN: Je suis complètement déçu et choqué au même moment puisque c’est anormal que l’ennemi qu’on a toujours chanté être en train de combattre dans les profondeurs de la région de Beni, atteigne le centre-ville en pleine la journée pour exécuter gratuitement la population civile sans être contraint par les forces armées de la République. Ce qui choque est que, c’est du côté où l’ennemi est sorti pour venir commettre le massacre en ville, où l’État-major général des opérations militaires Sokola1 est installé notamment à 5 Kilomètres de la Paroisse Saint Gustave de Paida. Nous avons 3 généraux là-bas mais incapables de sécuriser la ville. L’ennemi est retourné par la même piste qu’il a utilisée pour atteindre la ville sans être inquiété. C’est quand même curieux.
Lprdc: Comment expliquez-vous, en tant que défenseur des droits de l’homme cette résurgence de l’insécurité dans la région de Beni
JPN: Je suis tenté de tomber dans l’erreur de croire que ces bandits sont utilisés pour empêcher la tenue des élections dans ce pays puisqu’à mon humble avis si ça continue, le pouvoir de Kinshasa qui est en train d’organiser ces élections en contre cœur aura des prétextes pour justifier la non tenue des élections au motif qu’une partie de la République est en feu et que entre les élections et la paix le choix est clair. C’est ma façon de voir les choses surtout qu’avec la capacité élevée de notre armée, je ne pense pas qu’un groupe d’une centaine des bandits dont la majorité est constituée des femmes est des enfants porteurs des machettes, haches et quelques armes à feu seulement selon les témoignages que nous recevons régulièrement auprès des rescapés, puisse défier toute une armée républicaine et la force Onusienne pendant 4 ans avec tous les moyens logistiques qu’elles ont? C’est quand même curieux. Ces bandits seraient en train de jouer deux rôles à la fois, notamment celui d’occuper notre terre de force à travers ces actes horribles de terreur mais aussi empêcher la tenue des élections. Posez-vous la question pourquoi ils appuient sur l’accélérateur de la violence à la veille des élections ? Il y a anguille sous roche!·
Lprdc: Croyez-vous à la thèse ADF Nalu ou à celle « complotiste » notamment évoquée avec la sortie médiatique de certains acteurs sociaux et politiques congolais au lendemain des derniers massacres ?
JPN: Pour répondre à cette question, je vous renvoie à ma publication du 24 Septembre 2018, le site web de notre organisation Crdh (www.crdh-drc.org). J’ai quand même donné l’origine des Adf, évolution et la source de la thèse sur la présence des islamistes djihadistes dans la région de Beni. »
Un article que vous pouvez retrouver ici : http://www.crdh-drc.org/droits-humains/denonciations/item/592-beni-massacres-d-ou-est-venue-la-these-islamistes-attribuee-aux-massacreurs-de-la-population-de-beni.html
Lprdc: Est-il possible de mettre fin à la crise de BENI et d’aspirer définitivement à une paix durable. Si oui, quelles sont les solutions que vous proposez ?
JPN: C’est possible, tout dépend de la volonté politique des dirigeants de la RDC et surtout le commandant suprême des forces armées de la république. Le problème de Beni n’a pas deux solutions, il n’y a qu’une seule solution : les frappes militaires. Là il faut amener la guerre à l’ennemi ( Offensive) et non répliquer seulement aux attaques de celui-ci comme c’est le cas aujourd’hui avec les opérations militaires qui sont en cours (Défensive). L’opinion doit savoir qu’à Beni, toutes les déclarations des autorités politicoadministratives et militaires à propos de traque des Adf est maïmaï ne sont que des scénarios politiques, il n’y a rien sur terrain comme opération militaire. Les unités sont là mais réagissent seulement aux provocations des ennemis, aussitôt ceux-ci, reculent, l’armée régulière croise encore les bras. Voilà la réalité sur terrain. Malheureusement les responsables de l’armée et les autorités du pays ne veulent pas entendre des vérités pareilles puisqu’ils savent en quoi cette aventure de Beni profite à eux, je dénonce!
Lprdc: Comment vous évaluez la réponse du gouvernement par rapport à tous ces événements ou comment vous analyser la communication des autorités congolaises autour de ce qui se passe à Beni
JPN: La réponse du gouvernement est médiocre, le gouvernement s’en fout de nos vies. Combien de fois le pouvoir a empêché les contrôles parlementaires sur cette question ? On dit que c’est un secret de défense. A quoi un parlement qui n’a pas le pouvoir de contrôler l’exécutif et les services de l’État nous est utile ? Nous les vulgaires nous analysons autrement ce comportement des autorités de Kinshasa. On dirait que l’action parlementaire dans ce secteur va nuire à leurs intérêts.
Lprdc: Enfin Me, est-ce que l’espoir est permis et quel est votre dernier message ?
JPN: Avec ce gouvernement qui joue à la politique de la terre brûlée, je n’ai aucun espoir, nous devons secouer sur le plan régional et international pour qu’une solution soit vite trouvée.
Plus de 2000 personnes tuées, 1685 portées disparues depuis le 2 octobre 2014 c’est trop. L’espoir est permis dans la mesure où l’on voit la moindre volonté politique des dirigeants de Kinshasa. Je pense bien qu’une enquête internationale est nécessaire dans cette histoire pour établir les responsabilités. Nous nous battons pour ça et nous espérons que Dieu va bénir les démarches que nous, enfants de cette région sacrifiée par le pouvoir de Kinshasa sommes en train de mener, tôt ou tard les gens répondront. La Communauté régionale et internationale doit s’impliquer, l’État Congolais manifeste une attitude suspecte sur ce qui se passe à Beni. Savez-vous que depuis le début de ces massacres, le 2 Octobre 2014, aucun deuil national n’a été organisé par le pouvoir de Kinshasa ? Pour ce pouvoir ceux qui meurent à Beni n’ont aucune valeur n’est-ce pas?
Propos recueillis par notre envoyé spécial dans la Région de Beni-Butembo
Député Apalata Ambo, élu du territoire de Aketi. Ph. tiers
Le député national élu de la circonscription de Aketi, Bienvenu Apalata Ambo écrit au président en rapport avec sa déclaration sur le plateau de TV 5 la semaine dernière.
A la question des journalistes sur comment va-t-il se comporter face à son prédécesseur qui était accusé par plusieurs organisations nationales internationales d’avoir commis des graves violations des droits humains, le président Felix Tshisedi avait déclaré qu’il n’a pas le temps de fouiner dans le passé. Cela a suscitée plusieurs réactions dont cette lettre du député Apalata Ambo que nous proposons de lire in extenso.
Pour lui, il n’y a pas de vraie paix sans justice.
Lettre ouverte du député Apalata Ambo, élu de Aketi.
Notre président de la République n’a pas le temps de fouiner dans le passé.
Le Président de la république l’a dit au cours de son interview sur TV5 : « je n ai pas le temps de fouiner dans le passé. ».
Vous avez raison Mr le Président. Vous n’allez pas passer tout le temps à » Explorer les moindres recoins pour découvrir quelque chose » !!! On dirait que vous ne cherchez pas de problème avec quelqu’un ou avec un groupe d’individus.
Le peuple Congolais ne vous demande pas de FOUINER mais de RENDRE JUSTICE .
Quand vous n’avez pas le temps, voici ce que ça veut dire :
1. Sur le plan de respect de la vie humaine :
Vous n’avez pas le temps de savoir la vérité sur la mort de :
– Rossy Mukendi
– Hussen Ngandu
– Therese Kapinga
– Luc Nkulula,
Et des plusieurs centaines des Congolais, tués sauvagement par les » forces de l’ordre » parce que seulement ils réclamaient les élections qui devraient faire de vous Président de la république.
Monsieur le Président, au cas où vous l’auriez oublié, c’est vous même, en votre qualité de Président du RASSOP, qui nous avait envoyé manifester dans la rue, et nos frères sont tombés sur » le champs d’honneur « .
Monsieur le Président, aviez-vous oubliés les prêtres déshabillés, tabassés et humiliés devant les chrétiens ?
Avez vous oubliés l’internet coupé, sms suspendu ? Les combattants arrêtés, brutalisés, humiliés,… ?
Monsieur le Président, souvenez vous des 2 étudiants de 2ème licence à l’Unikin , tués a bout portant car ils ne réclamaient que la fin de la grève sur le site universitaire.
Fouiner dans le passé c’est aussi penser à eux et tout les autres étudiants sauvagement massacrés.
Fouiner dans le passé c’est aussi se souvenir de nos frères et soeurs massacrés sans raisons :
– au Kassai ( kamwina sapu)
– au Nord Kivu( ADF NALU, MAI MAI, LRA, …)
– sud kivu
– Equateur( Inyele)
– Congo central ( Bundi dia Congo )
– Ituri ( Cobra Matata…)
– Les Uele ( LRA, Mbororo..)
-……
Que dire de la guerre de 3 jours et de 6 jours à Kisangani, et plusieurs autres guerres dont on n’a jamais indemnisés les victimes ?
Que dire des femmes enterrées vivantes dans le Kivu?
2. Sur le Plan économique et de développement
Monsieur le Président, refuser de fouiner dans le passé, c’est refuser de savoir la vérité sur :
* La campagne agricole 2012- 2014 dont le coût total du projet : 70 millions des dollars sans suite jusqu’aujourd’hui.
* L’achat des locomotives pour la relance de la Societé Nationale de Chemin de Fer dont le Coût total du projet : 435 millions des USD de la Banque Mondiale et 50 millions des USD du gouvernement de la RDC. La SNCC est en faillite malgré ces grosses sommes d’argent et votre actuel Premier ministre en connais quelque chose.
* Le dossier «projet bukangalonzo»
Coût total du projet : 200 millions des USD investis
* dossier redevances logistiques terrestres allouées à l’Onatra dont le Coût du projet : 50 millions des USD déjà mobilisés pour réhabiliter les rails de l’ex Onatra,Matadi-Kinshasa
* Le projet de construction des passerelles sur le boulevard Lumumba dont le Coût du projet : 15 207 163,73 des USD
* Projet de construction des stades municipaux dont le Coût du projet : 5 000 000 USD
* Projet de construction de 100 écoles par an dont le Coût du projet : 198 255 754 USD
l’argent a été utilisé dans le cadre du projet PRRIS et où ont été construites les 5 000 écoles ?
*Les machines à voter dont le coût réel était de 50.000.000$ mais le trésor publique avait payé 150.000.000$ dans les poches privées des responsables de la Ceni. Corruption à l’origine des sanctions américaines. Quel a été le suivi judiciaire de ce détournement du siècle?
Monsieur le président,
Et toutes les révélations de Jean-Jacques Lumumba sur le détournement de la famille Kabila, resteront-elles impunies au nom de votre vision du futur au détriment du passé ? Un peuple sans mémoire est un peuple appelé à disparaître.
Monsieur le Président, vous connaissez la vérité sur :
– les dettes que les Ministres et leurs familles ont pris au Fonds pour la Promotion de l’Industrie ?
– L argent de Go-Pass que chaque passager paye dans les aéroports du pays ?
– le passeport congolais qui est le passeport le plus cher au monde ?
– le marché gré à gré pour achat en liquide des avions de congo airways et des bus Transco ?
Monsieur le Président, regarde comment eux fouinent sur votre gestion dans l’affaire de détournement prétendu des 15.000.000 de dollars.
Nous ne vous demandons pas de faire le mal à un individu ou un groupe d individu, nous reconnaissons vos qualités de Chrétien.
Mais nous ne vous demandons pas non plus de faire le mal aux 80.000.000 des congolais seulement pour protéger un groupe des jouisseurs malhonnêtes.
Monsieur le Président, Nelson Mandela était un Homme de paix , de réconciliation et de pardon.
Il ne s’est jamais vengé pour le mal dont lui même et sa communauté étaient victimes. Mais il n’a pas non plus laisser le mal impuni de peur que l’IMPUNITÉ ne gagne la société.
Il a instauré la Commission Vérité et Réconciliation, avec a sa Tête, Monseigneur DESMOND TUTU.
Monsieur le Président
Par reconnaissance aux héros tombés pour la démocratie, une enquête doit être ouverte. Une commission vérité et réconciliation doit être instituée.
IL N Y A PAS DE VRAIE PAIX SANS JUSTICE
Elysée Ntabaza (G) et Sylvanus Mushi Bonane(D) au cours d’une conférence de Presse à Bukavu. Ph. Laprunellerdc.info.
C’est une saga politico-judiciaire qui est loin de dire son dernier mot dans la province du Sud-Kivu. En effet, depuis les dernières élections générales de décembre 2018, les contentieux électoraux semblent avoir créé plus de confusion que de lumière à l’Assemblée Provinciale du Sud-Kivu.
Dans une conférence de presse tenue ce samedi 28 septembre 2019 à Bukavu, le professeur Sylvanus Mushi Bonane, président du parti politique UPRDI et vice-président intérimaire de PALU et Alliés en République Démocratique du Congo affirme avoir le plein droit de réclamer la validation de son mandat par l’Assemblée Provinciale du Sud-Kivu en remplacement du député de A2018, Georges Musongela. Il ne devrait pas y être seul : son regroupement a également gagné, selon ses dires, un autre siège en faveur du député Elysée Ntabaza dans la circonscription électorale de Kabare en remplacement du député Jérémie Basimane.
Celui qui se considère désormais comme député provincial, explique que cette « cacophonie » a été délibérément crée par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) qui avait prétendu que son regroupement n’a pas réuni les voix nécessaires pour couvrir le seuil électoral de 3% aux dernières élections. Pourtant, explique Bonane, à part l’UNC, A2018 et l’AFDC, c’est son regroupement PALU-A qui devait venir en bonne place et notamment dans le déploiement des témoins sur l’ensemble du Sud-Kivu.
Il explique que son regroupement a obtenu plus de 43.000 voix dans les seules circonscriptions de Walungu, Kabare et Bukavu alors que le seuil était de 39.800 voix. «C’est injustement et méchamment que la CENI avait prétendu que nous n’avons pas atteint le seuil. Elle était d’ailleurs incapable d’apporter la preuve du contraire » explique-t-il en conférence de presse.
Une saga judiciaire pleine de revirements
Résultats proclamés, le Palu et Alliés les conteste et pense qu’au niveau national, il était en droit de disposer 3 députés nationaux et 3 députés à l’Assemblée Provinciale.
Le premier recours au niveau de l’élection provinciale commence par la chambre administrative d’appel de Bukavu. Là, le recours avait été déclaré irrecevable « en prétendant que la signature de Gizenga n’était pas lisible » s’étonne Bonane.
C’est alors que le regroupement PALU-A va décider d’aller en appel au Conseil d’Etat comme le prévoit l’article 74 de la loi sur les juridictions de l’ordre administratif et même la loi électorale. Au Conseil d’Etat, Mushi Bonane gagne et son regroupement ont gain de cause et arrachent 3 députés provinciaux par l’arrêt 040.
Selon Mushi Bonane, conformément à l’article 386 sur les juridictions de l’ordre administratif, l’arrêt 040 n’est susceptible de recours, que rien ne peut changer l’action.
«Cet arrêt invalide tour à tour pour la circonscription électorale de Bukavu Musongela, proclame élu, Mushi Bonane. Même chose à Kabare où cet arrêt invalide monsieur Basimane Zirhumane Jérémie et proclame élu Monsieur Bahati Ntabaza Elysée. Pour la Circonscription de Walungu, cet arrêt invalide monsieur Lwamira Zacharie et proclame élu monsieur Domengo Léonard » rappelle Mushi Bonane concernant l’arrêt 040.
« C’est là que le PPPD initie un recours en révision. Un recours enrôlé sous RVE 001 et ont été déboutés, selon le professeur Mushi Bonane. « Le PPPD s’est entendu avec A 2O18 et ce dernier a introduit une requête en rectification d’erreur matérielle. Cette requête a connu l’accompagnement du PPPD comme intervenant volontaire et devenaient deux demandeurs sur la même requête et malheureusement pour eux, ils ont été déboutés. Ça fait 3 victoires. C’était fini en droit parce que le même arrêt n’est pas susceptible de recours mais parce qu’ils sont venus en révision on les a renvoyés, ils sont venus en rectification d’erreur matérielle et leur requête a été déclarée irrecevable. Et en droit on dit que le Conseil d’Etat, par ce fait, avait clôturé ce litige. Le Conseil d’Etat était dessaisi de ce litige » explique Mushi Bonane.
Mushi Bonane poursuit qu’il était surprenant d’apprendre que le PPPD avec A2018 sont revenus avec la même demande : rectification d’erreur matérielle pour faire un peu copie de la Cour Constitutionnelle et ont obtenu aux juges cette demande. Et là, explique le président de l’UPRDI, c’est le rôle qui est inversé en terme de titre. Là c’est le PPPD qui devient demandeur et A2018 devient intervenant volontaire.
L’arrêt de tous les enjeux et de toutes les confusions
Le professeur Mushi Bonane explique que c’est avec cette nouvelle requête que nait l’arrêt de « tous les enjeux et de toutes les confusions ».
Bonane rappelle qu’en droit on ne peut pas juger une chose, deux fois. Le principe de « non bis in idem ». Un principe bafoué, selon lui par la Juridiction qui a accepté de juger sur deux fois sur la même chose. C’est l’arrêt 144/040/145/040 qui, dit-il, crée la confusion en ce qui concerne Walungu.
Ce dernier arrêt déclare irrecevable l’intervention volontaire de A2018 pour Bukavu avec Musongela « Pour dire que lui est out et ne peut tirer aucun bénéfice de cet arrêt » Cet arrêt déclare recevable et fondée la requête de rectification d’erreur matérielle du PPPD. Corrigeant les erreurs contenues dans l’arrêt 040, rétracte l’arrêt 040 rendu par le Conseil d’Etat le 26 avril 2019.
Pour Mushi Bonane, c’est là où les jeunes juristes se perdent. « Quand on rétracte une décision de Justice, il y a une conséquence. Effectivement il y a une conséquence car on rétracte totalement ou partiellement », soutient-il.
Et l’arrêt dit : rétabli la liste PPPD dans ses droits en ce qu’elle avait obtenu un siège dans la circonscription de Walungu. Confirme en conséquence, les résultats provisoires de la CENI en proclamant définitivement élu dans la circonscription électorale de Walungu Lwamira Zacharie. Dit que le présent arrêt sera notifié aux parties et à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et publiée au Journal Officiel de la RDC».
Lwamira oui, pour l’instant mais pas Musongela et Basimane
Pour Bonane, Les noms de Musongela et de Basimane n’ont pas été cités dans l’arrêt et en conséquence ne sont pas concernés par la décision.
« Ça veut dire en droit que la rétractation [si elle était permise], n’aura été donc que partielle. La seule personne qui peut tirer une prétention, un petit droit de cet arrêt s’appelle Zacharie Lwamira parce qu’on a dit que on confirme son résultat. Les autres sont restés dans la situation de l’arrêt 40. Vous verrez que les autres ont dit que l’arrêt 040 n’avait pas invalidé certains, non !vous verrez avant le dispositif que c’est la circonscription électorale de Walungu qui vient en dernier à la place de Lwamira c’est Domengo hachuré en gras. A Kabare, c’est Ntabaza Bahati qui est à la place de Basimane et hachuré en gras. A Bukavu, c’est Mushi Bonane. Et dans les dispositifs on nous reprend comme tel confirmés élus » tranche l’avocat Bonane.
Pour lui, personne ne peut prétendre que « l’honorable » Ntabaza de Kabare est touché par cet arrêt. Ou encore « l’honorable» Mushi Bonane n’est pas également touché par cet arrêt.
Une requête en prise à partie contre les magistrats
Il reconnait tout de même que cet arrêt n’a d’effets que sur son collègue Domengo de Walungu mais un effet qui ne va pas durer car il demeure l’élu provincial dans la circonscription électorale de Walungu , l’arrêt du Conseil d’Etat n’étant pas susceptible de recours.
«En attendant, nous qui ne sommes pas concernés par le dernier arrêt, nous venons à l’ouverture de la session et occuper nos sièges à l’Assemblée Provinciale parce que nous sommes respectueux de la loi. Nous disons à notre collègue, Dieu merci nous avons fini par convaincre le Conseil d’Etat qui a enrôlé deux requêtes de notre part. Une requête en interprétation de deux arrêts pour qu’on nous dise finalement entre 040 et 144 et suivant lequel prime sur l’autre et ce sera clair et fait tout de suite. Et nous avons une autre requête 006 en prise à partie pour obtenir la sanction contre ces juges et l’annulation de cette œuvre isolée parce que c’est rendu sur un litige qui n’existe pas car du néant, rien ne naît » conclut Sylvanus Mushi Bonane.
Un parti qui n’a pas atteint le seuil électoral peut-il avoir un siège?, répond Musongela
Pour l’un des députés visés par Mushi Bonane, dans l’arrêt, il est même dit clairement que PALU et alliés n’a jamais atteint le seuil électoral. Un parti qui n’a pas atteint le seuil électoral peut-il avoir un siège?, s’intérroge Georges Musongela.
«La décision est intéressante sur deux aspects: un, il admet qu’il y a des erreurs matérielles et les énumère au nombre desquelles le fait que le PALU et alliés n’a jamais atteint le seuil électoral nécessaire pour l’attribution des sièges. (Trois au total: confère 4ème feuillet). Le deuxième aspect important est que le conseil d’État rétracte son arrêt rendu sous le REA 040. Rétracter signifie réfuter. L’arrêt 040 n’existe plus. Contrairement à ce que dit Bonane qui veut faire croire qu’il existerait deux arrêts. Le seul arrêt qui a statué sur le fond de l’affaire c’est le 040 aujourd’hui remplacé par le REA 144/145 » explique Georges Musongela à Laprunellerdc.info.
En attendant, Mushi Bonane et son collègue Bahati Ntabaza se préparent à rejoindre l’Assemblée Provinciale. Le premier explique qu’ils y seront d’abord comme participants jusqu’à ce que toutes les procédures de validation de leur mandat arrivent à terme. Il rassure qu’il n’est pas question pour lui de créer des échauffourées à l’hémicycle provincial mais de faire entendre la voix du droit. Jusqu’où ira cette saga politico-judiciaire? C’est ce que nous verrons!
Jean-Luc M.

La pluie diluvienne qui s’est abattue la matinée de ce dimanche sur la majeure partie de la ville de Kamituga dans le territoire de Mwenga n’est pas passée inaperçue.
Un enfant de moins d’une année a été surpris par l’eboulement d’un mur au quartier Regideso vers « Camp 6 »
Une information confirmée par le vice président de la société civile, Monsieur Hansen Kaseke qui déclare que toute une famille entière était sous le sol mais grâce au secours de la population, les uns ont pu être sauvés malheureusement l’enfant lui n’a pas pu résister et est décédé.
Des dégâts matériels énormément ont été enregistrés également suite à cette pluie.
Cet acteur de la société civile appelle la population à plus de vigilance durant cette période pluvieuse et d’éviter de construire à des sites impropres à la construction mais également de faire appel aux personnes non qualifiées dans la construction.
Rappelons que le mercredi dernier, l’Institut de Mwenga a perdu six toitures de classes, 3 murs se sont écroulés et des documents scolaires endommagés suite à une pluie torrentielle qui s’était abattue dans tout le territoire de Mwenga.






