Bahati Lukwebo, successeur sérieux de Kabila ou simple distracteur de la Majorité ? – La PrunelleRDC.info

Un successeur de Joseph Kabila semble déjà s’être révélé. Sur certaines lèvres circule le nom de Modeste Bahati Lukwebo. Cette grande figure dont la base réelle  demeure un mystère semble pourtant avoir emballé la presse, tant traditionnelle que moderne, afin de lui peindre une personnalité démesurément respectée.

Candidat aux élections législatives dans la circonscription électorale de Kabare, monsieur Lukwebo n’a pu être déclaré élu qu’après l’intervention de la cour suprême de justice. Si les décisions des organes judiciaires compétents ne peuvent faire l’objet d’aucune controverse, d’aucuns pensent que  cette manœuvre fut taillée à la mesure du grand Bahati Lukwebo dont le cuisant échec paraissait paradoxal au grand monument qu’il semblait représenter.

Le principal atout dont doit être muni tout candidat avant de s’aligner en ordre de compétir, c’est bien un minimum de popularité, ne serait-ce que dans son terroir d’origine.  Monsieur Modeste Bahati, à l’instar de Valentin Mubake [à  l’époque aussi, grande figure de l’UDPS mais incapable de se faire élire député à Bukavu], a pourtant prouvé  son impopularité au sein d’un aussi moindre public que la population de son propre territoire. De quel poids se prévaudra-t-il pour se présenter candidat au plus haut sommet de l’Etat ?

Vrai faux compétiteur mijoté par la presse ?

Il serait cependant malhonnête de ne pas reconnaitre la force médiatique que s’est arrogé Bahati pendant son interminable séjour au sein de l’exécutif national congolais. A l’instar d’une star hollywoodienne, imbattable dans un cinéma mais minable au-dessus du ring, l’ancien président de la Société Civile du Congo se sera fabriqué une personnalité fantôme qu’il ne représente pas du tout.  Tout comme son parti, dont les adhésions massives ne cessent de faire le débat sans preuve concrète, le ministre Bahati Lukwebo avec son AFDC a su s’appuyer sur les médias pour vendre son image erronée au commun de mortels.

Si monsieur Lukwebo ne s’est pas annoncé candidat à la présidence, comme tous les cadres de la MP d’ailleurs, certains signes avant-coureur ne cachent pas leur indiscrétion. Mais, est-il le réel dauphin de Joseph Kabila ? S’il est vrai que la famille politique au pouvoir jouit d’une certaine forme d’avantage par rapport à ses concurrents, il serait imprudent d’aligner un candidat à la popularité improbable.  C’est contre toute attente que ce personnage dont l’identité n’a jamais été révélée au public serait de son excellence Modeste.

Politicien averti et aguerri, Modeste ne pose aucun geste irréfléchi. Cette campagne, lui servira-t-il à monter les enchères au sein de la majorité, où son parti se plaint souvent de gagner moins que ce qu’il mérite ? A ce point, Modeste aura tapé du bon côté car à l’heure actuelle aucune cartouche n’est perdue de la part de la MP après la redistribution des cartes survenue après le débauchage des certains ténors de la majorité, partis se regrouper au sein de la plate-forme soutenant Moïse Katumbi, le G7.

Si la question de base joue en défaveur de l’autorité morale de l’AFDC, car ne comptant pas parmi les grandes figures politiques de l’est du pays ni de sa province, le fervent compagnon de Joseph Kabila ne jouerait-il pas au joker ? En tout cas, pas pour lui-même mais pour le groupe. A l’image des échéances de 2011 où l’on a vu naître une multitude de faux opposants pour gratiner le processus et offrir une possibilité de dissimuler les côtes réelles des véritables compétiteurs, il ne serait pas interdit que l’homme à la cravate rouge se prête au même rôle.

Et penser que le président national de l’Alliance des Forces Démocratiques pour le Changement, Modeste Bahati Lukwebo est perçu comme un sérieux candidat à la magistrature suprême aux probables élections à venir ; il n’est pas exclu de rêver ! Membre influent de la majorité présidentielle,  l’originaire de Kabare n’est pas loin de faire la Une comme l’un des présidentiables de la mouvance susceptibles de remplacer Joseph Kabila ! Mais, jusqu’ici un débat nourri s’alimente autour de la popularité dont jouit réellement l’autorité morale de l’AFDC et c’est peut-être avec raison. Mais en tout état de cause, sa candidature ne sera pas « celle qui gagne ».

La Rédaction

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