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    Alors que des candidats à l’élection du Bureau définitif de l’Assemblée Nationale n’appartenant pas à l’Union sacrée ont été invalidés; le Professeur Bily Bolakonga parle d’un «jeu indécent», orchestré par le bureau d’âge qui s’est fait « juge et partie ».

    Dans cette tribune que vous propose Laprunellerdc.info, celui-ci s’étonne par exemple que le Bureau d’âge se soit chargé d’invalider des adversaires, en recourant à la logique première; au mépris de l’Arrêt rendu de la Cour constitutionnelle saisie par ce Bureau; qui a déclaré que l’élu est libre d’exprimer ses opinions et ses ambitions sans être obligé par son parti politique et en même temps exigé aux candidats d’exhiber des lettres de partis dont la substance et l’autorité est vidée, si pas nier, pour valider leurs candidatures. Au vue de « l’indécence » qui, dit-il a atteint un niveau inquiétant, le Professeur Bily appelle à « revisiter » le système politique congolais. Ci-dessous la Tribune de l’éminent Professeur Bolakonga.

    « Confusion à l’Assemblée nationale, il y moins d’une semaine, j’avais prévenu : il est plus facile de réunir pour couler (un bureau, un Premier Ministre) que dégager un consensus pour le bureau définitif, puis pour la composition du Gouvernement.

    On y est déjà avec des protestations qui fusent, dénonçant des abus ! On se regarde en chiens de faïence au sein des partis, des plateformes et surtout au sein du nouveau mastodonte politique !

    Et, comme on pouvait s’y attendre, les dissensions, quoiqu’encore fiévreuses et maîtrisables, lézardent l’œuvre conçue à la sauvette par un architecte assez fougueux mais clamant sa bonne foi pour la Nation !

    Il y a d’ailleurs fort à croire que ces fissures perceptibles iront en s’élargissant lentement ou brutalement, notamment avec la mise en place du gouvernement, encore sur la table de plan du même architecte qui devra recourir à une algèbre et une trigonométrie politique  à la fois subtile et contraignante pour concevoir un stable édifice, en pleine zone sismique, où les animaux politiques, aux aguets, savent fuir à la première alerte, même précoce, maîtrisant à perfection l’art de la transhumance!

    Mais comment peut-on être si capable de manier l’art de « gouverner par le chaos » (titre d’ouvrage de Max Milo) avec une ingénierie de l’absurde ? Pour ensuite espérer se tirer d’affaire sans égratignure ?

    La bêtise est celle d’un exalté, si rapidement ivre du pouvoir (alors que son âge le prêterait à plus de sagesse, d’élégance et de modération), au point d’aseptiser sa candidature (finalement unique et inique) et celles des autres de son nouveau clan, pour s’assurer une victoire certaine, s’adonnant au jeu indécent de « juge et partie », heurtant le bon sens, sauf le sien, s’il en a encore !

    En clair, le bureau d’âge se charge, lui-même, d’invalider des adversaires, en recourant à la logique première (pourtant juste) mais tombée depuis en désuétude pour le besoin de la cause, engendrant, par le fait même un quiproquo, mieux, amas confus d’incohérences récurrentes, dégoûtantes et déroutantes.

    Les députés transfuges sont immunisés contre la déchéance mais, en même temps, paradoxalement, il a exigé aux candidats d’exhiber des lettres de partis dont la substance et l’autorité est vidée, si pas nier, pour valider leurs candidatures… Le savant est, pour le moins, renversé… Il y a de quoi perdre son latin !

    Lire aussi: Motion et destitution de Ilunkamba : pour le prof Bily Bolakonga, l’enjeu est ailleurs
    Mais la dérision vient, elle, du tribun des rues ou mieux des motards et des badauds ! Pour la même législature, l’homme s’apprête à réussir un exploit hors du commun, digne du Guinness World Records (ndlr livre des records mondiaux) !

    En effet, déchu pour incompétence par une très large majorité de 289 voix sur 315 votants (soit plus de 90℅), l’homme est en passe de revenir au même poste, pour, en fait, si pas gifler en pleine figure le bon sens, en tout cas faire injure à l’intelligence des « élus du peuple » prêts à se caméléoniser à la volonté et aux humeurs du plus fort du moment, question de garantir des émoluments, pour la plupart indus ou augmenter les chances d’un meilleur positionnement (gouvernement, postes non incompatibles avec la députation, …).

    L’indécence ayant atteint un niveau inquiétant avec notamment une constitution chiffonnée, servant de marchepied ou de paillasson à des intérêts passagers des camps, il y a lieu de revisiter le système politique dans son ensemble, de le repenser, pour une remise à plat afin de repartir sur de nouvelles bases plus solides, basées sur le VRAI. Autrement, ce sera la récurrence des racolages et des rabibochages fragiles et le pays courra à sa perte ! »

    Prof. Bily Bolakonga

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