Amato Bayubasire Mirindi avec le chapelet lors de la marche du 31 décembre 2017 à Bukavu. ph. Laprunellerdc.info

Amato Bayubasire Mirindi est secrétaire fédéral adjoint de l’Union pour la nation Congolaise, Unc en charge de la mobilisation au Sud-Kivu. Par la présente réflexion envoyée à la rédaction de laprunellerdc.info, il estime que tous les signes sont réunis pour qu’on compare le parti présidentiel, le Pprd au parti-Etat de l’ancien président Mobutu mais averti que ces dérives ne seront pas tolérées au Sud-Kivu. (Tribune)
Depuis un temps, les pratiques du pouvoir sont de très loin au-dessus de celles du Mouvement Populaire de la Révolution, le MPR du feu Président Mobutu.
Tout commence par le recrutement des cadres de la deuxième République dictatoriale sous le label d’autres couleurs politiques.
S’en suit le recrutement des anciens rebelles, dont le RCD, y compris ceux qui ont massacré et enterré les personnes vivantes à Makobola, religieux, Chef Coutumier et population à Kasika, massacre oublié de Burhale et Kaniola.
Après les élections de 2006 et 2011, l’esprit du peuple s’est envolé. Les pratiques du pouvoir sont au dessus de celle de la dictature sous Mobutu.
On libère l’enregistrement des partis politiques de l’opposition sur papier, mais sur le terrain le même ministre de l’intérieur interdit leur fonctionnement.
Après avoir empêché l’exercice des droits électoraux ; nous sommes le rare pays où les candidats peuvent s’enregistrer et payer la caution, sans que les élections ne s’organisent trois ans plus tard.
Pour concrétiser la dictature, 4 autres faits implantent la dictature.
1. L’interdiction des manifestations publiques aux partis politiques de l’opposition, aux organisations syndicales (nous avons vu des magistrats suspendus pour avoir demandé leurs salaires, la répression des enseignants…) et à toutes les autres organisations de la société civile proches du peuple. Ça aussi existait sous Mobutu.
2. Pendant la dictature, de la Présidence du pays au chef des quartiers, tous étaient de droit chef du parti MPR à leur niveau.
Aujourd’hui en RDC, presque tous les Gouverneurs des Provinces sont pratiquement les secrétaires exécutifs du PPRD et de droit chef de la MP, du moins là où la MP contrôle la province.
3. Les caisses de l’Etat Zaïre étaient confondues aux caisses du parti.
Actuellement, vous finissez à payer l’impôt, le Gouverneur opère décaissement pour payer le carburant afin d’aller aux réunions de la MP/PPRD/AFDC ( en ce qui concerne le Sud-Kivu ) avec le même véhicule de fonction. Parfois à des cérémonies officielles, le Gouverneur porte les chemises tapées aux insignes de son parti, pourtant les vestes lui sont achetées par le contribuable congolais et figurant au budget de la province.
4. C’est qui est même grave, c’est cette profanation des lieux saints. La lecture de l’histoire congolaise ne retrace pas que l’armée de Mobutu ait intervenue dans une église en pleine messe pour disperser les chrétiens.
Quand vous voyez le Gouverneur du Sud-Kivu marcher avec arrogance Sur la même itinéraire que celle emportée il y a à peine une semaine les chrétiens catholiques avant d’être dispersés, ça nous dit qu’on ‘est gouverné par défi, une dictature s’implante, mais elle n’aura pas l’occasion de s’enraciner, surtout pas au Sud-Kivu.
L’UNC/Sud-Kivu, les partis politiques de l’opposition, les mouvements citoyens et d’autres organisations de la société civile, nous allons nous battre pour empêcher vite ce schéma dictatorial.
Nous ferons recours à tous les moyens constitutionnels pour ce faire.
Tout a commencé ce vendredi par le dépôt d’une plainte contre le Maire de Bukavu devant un juge administratif.
Amato Bayubasire







