
Si des noyades sont enregistrées pendant la saison sèche suite au manque de l’eau courante dans les robinets qui pousse les enfants et les jeunes d’aller puiser au lac et à la Ruzizi, en saison de pluie, les innombrables inondations, des éboulements et des charriages ne laissent pas quiets les habitants de Bukavu.
Si dans le Kasaï on a récemment parlé des fosses communes, l’avenue Maendeleo au quartier Nyakaliba se transforme du jour au lendemain en une tombe commune. C’est depuis un temps que l’on remarque des constructions accélérées et pourtant anarchiques dans cette avenue.
La colline de Nyakaliba, surplombée par l’Institut Technique Fundi-Maendeleo se transforme à pas des loups en un calvaire : alors que la politique du pays prône la modernisation et, par conséquent, l’urbanisation des villes ; certains semblent bafouer cet appel ! Ils construisent des maisons du haut d’une falaise bien dangereuse à la première vue : cette avenue retient l’attention de plus d’un passant et est devenu un site touristique mais pour une cause moins noble qui donne à réfléchir.
La nature elle a toujours ses raisons que la raison du constructeur ignore ; on se demande quel serait le sort des habitants de cette contrée si une fois il surgissait un tremblement de terre a une magnitude redoutable ! Signalons, par ailleurs, que mis a part le séisme, cette population est exposée à bien d’autres catastrophes naturelles comme les éboulements, les inondations ; pour ne citer que ceux là
A en croire certaines bouches indiscrètes, l’amassement des populations au sein de cette avenue résulte de l’exorde rural, une bien triste réalité à laquelle font face les habitants des milieux ruraux voulant s’installer en ville sans pour autant maitriser les conditions de la vie urbaine.
La ville de Bukavu se voit actuellement buter à ce problème de constructions anarchiques certains sites à risque (marais, collines, anciennes têtes d’érosion…). Quand une pluie s’annonce, la panique est générale ! Pendant les dernières saisons pluvieuses, Bukavu a perdu des dizaines de ses habitants suite aux divers épisodes de glissement de terre qui se sont produits à Bourguignon, Karhale, au Bassin du Collège, à Cihamba (Gyamba) et ailleurs.
Les fissures et affaissements déjà déclarés dans divers coins de la ville, annoncent que la saison de pluie débutante sera sans clémence. Le pire est à craindre principalement dans la cellule Muhungu et sur l’axe Chai-Kazaroho en commune d’Ibanda, et sur les collines surplombant la commune de Kadutu.
Il y a, certes, plus de noyades enregistrées pendant la saison sèche suite au manque de l’eau courante dans les robinets. Ceci pousse les enfants, les jeunes et les femmes à aller puiser au lac et à la Ruzizi, en saison de pluie, les innombrables inondations, des éboulements et des charriages ne laissent pas quiets les habitants de Bukavu.
Si les inondations n’ont pas coutume d’arracher des vies directement, elles n’épargnent pas les biens des citoyens. Les habitants de l’avenue Pesage 2 (communément appelée Luziba) profitent de la saison sèche pour remblayer leurs parcelles et renforcer leurs ménages ; mais, cela n’empêche pas qu’il y ait violation des domiciles aux suivantes pluies. En réalité, il y a plutôt violation de marécage par les habitations ! Sur cette vaste nappe phréatique, il n’est guère possible d’y élire domicile et espérer pouvoir se mettre à l’abri des inondations.
Les familles occupant cette contrée sont exposées, en ce moment où les pluviosités s’annoncent, aux maladies hydriques, vus les immondices drainées par la rivière Luziba (rivière qui longe l’avenue Pesage 2), souvent charriées vers les domiciles en cas de débordement. Cette zone constitue également un terrain favorable à la multiplication des moustiques anophèles, vecteurs du paludisme ; ce fléau considéré comme le plus meurtrier au monde.
Les fortes érosions qui se sont illustrées avec une nocivité inestimables au cours des précédentes pluies restent toujours à redouter aujourd’hui. Plusieurs maisons sont construites sur des anciennes conduites d’eaux météoriques ; ce qui les rend plus vulnérables aux ruissellements intenses lors des précipitations abondantes. Tous ces anciens canaux, bouchés et vendus à des citoyens comme parcelles habitables, constituent une marmite bouillonnante dont la saveur de la terreur ne se fera déguster que trop tôt si les mesures conséquentes ne sont pas prises.
Eût égard à ce que nous avons vécu, et tenant compte de la détérioration encore plus avancée des conditions de vie sur les sites à risque, il est clair que le pire reste à venir. Les vestiges d’anciens glissements sont aménagés par des citoyens qui viennent les occuper par manque d’autres hébergements.
Il ne reste donc qu’à croiser les doigts pour que cette population se rende elle-même compte du danger qui la guète et qu’elle prenne une décision intelligente ! Sinon, que la nature et ses lois leur soient miséricordieuses!
Eugénie Mwishogwa






