Rond point au Centre de Katana dans le territoire de Kabare. Ph. Tiers
Des habitants du groupement d’Irhambi-Katana, un peu plus au nord du territoire de Kabare s’illustrent ces jours par des cas de justice populaire.
Après le cas des habitants du village Muganzo qui ont dernièrement brûlé vif un jeune qui était suspecté comme voleur puisqu’étant non connu par les habitants de la place, c’est venu le tour de 3 autres, suspectés d’avoir participé à l’assassinat du laborantin Patrick Kagizi du village de Chegera le 2 novembre dernier.
Selon plusieurs témoins contactés par laprunellerdc.info, tout commence ce dimanche 24 Novembre vers 13 heures locales, quand un jeune de Chegera est rencontré à Chahoboka entrain de vendre une mallette, que les personnes sur place repèrent comme la mallette du laborantin dernièrement assassiné. Après un interrogatoire forcé, ce jeune a finalement avoué son forfait, citant même 3 de ses complices, habitants du centre de Kabamba dans ce même groupement.
Ce qui étonne est que les personnes sur place n’ont pas pensé à remettre ces malfrats auprès des forces de l’ordre. Ces derniers l’ont tabassé, et l’ont brûlé vif. Des sources sur place renseignent que sa maison a également été brûlée, y compris plusieurs biens de valeur.
Comme si cela ne suffisait pas, les jeunes de Chegera se sont mobilisés ce lundi 25 novembre 2019 dans la matinée, et sont partis jusqu’à Kabamba, où ils ont également repéré les 3 hommes cités par celui qui a été brûlé ce dimanche. Deux d’entre eux ont été tués par des bâtons et des pierres, et l’un a réussi à s’échapper des mains de ces jeunes en colère, qui encore une fois n’ont pas pensé à faire recours à la police locale pour une justice équitable envers ces présumés malfrats.
Le mouvement citoyen Réveil des Indignés à Katana qui condamne ces actes de barbarie qui viennent en plus de l’insécurité devenue persistante dans ce groupement, appelle les autorités locales à prendre leur responsabilité afin de sécuriser ces paisibles citoyens et s’assurer que des tels cas ne se répètent, vu que c’est une entrave à la justice.
« Nous condamnons sérieusement les actes de justice populaire qui s’observent actuellement dans le groupement d’Irhambi Katana. Ces cas d justice populaire montrent en suffisance que les autorités n’exercent pas bien leur travail. Nous appelons les autorités à sécuriser la population pour que des tels cas ne puissent plus se reproduire ici. Notre groupement ne mérite pas cette image. C’est tout simplement parce que la masse n’a pas d’âme » explique Emery Murhula, militant de Réveil des Indignés à Katana.
Celui-ci appelle tous les habitants de ce milieu à faire confiance en la justice, en signalant auprès des forces de l’ordre toutes les personnes qui seraient suspectées d’avoir participé dans tel ou tel autre cas d’attaque contre la population car affirme-t-il, il est possible que des innocents soient victimes dans ces cas de justice populaire.
Museza Cikuru






