

Monsieur Blaise Pascal Zirimwabagabo Migabo, assistant de recherche et d’enseignement universitaire à la Faculté de Droit de l’Université Officielle de Bukavu, estime que dans les conditions actuelles, il est impossible d’avoir des élections transparentes et crédibles en RDC.
Dans un entretien avec Laprunellerdc.info, celui-ci évoque la configuration actuelle de la CENI, la machine à voter, le fichier électoral actuel, etc.
« Dans ces conditions, je pense qu’aller aux élections en décembre 2018 c’est foncer droit dans le mur. Ce tableau plante le décor des vastes fraudes, contestations, et des tensions post-électorales qui vont plonger le pays dans un chaos sans précédent. Je pense qu’il est possible d’éviter de tomber dans ce piège que ce régime est entrain de tendre au peuple pour trouver des raisons de durcir sa dictature, réduire les libertés publiques et…. Adieu tout rêve de démocratie!”
Blaise Pascal en appelle donc au report des élections et en appelle à la démission des responsables de la CENI.
« L’utilisation de la machine à voter a été un entêtement de la CENI et de la majorité malgré le refus du peuple congolais. On est en droit de se poser des questions. Pourquoi ils s’y accrochent malgré le refus de presque tout le monde ? C’est pour cette raison que le Bureau de la CENI doit démissionner. Il ne donne pas des gages de transparence et d’indépendance. Parlant des fonds jusque-là dépensés, on ne peut pas privilégier l’argent au détriment des vies humaines. Imaginez-vous le nombre de morts, des déplacés internes, de réfugiés que des violences post-électorales peuvent engendrer dans un pays aussi fragile que le Congo. Que privilégions-nous ? L’argent ou les vies des congolais ? Les congolais n’ont-t-ils pas longtemps souffert pour qu’on mette une couche supplémentaire à leur malheur ? Si on veut des élections, nous devons y aller avec les garanties de transparence sinon ça ne sert à rien à organiser des élections dont on connait les vainqueurs avant le scrutin. Au lieu d’exposer les vies des congolais, Shadari peut par exemple remplacer Kabila directement sans élections pour éviter le pire au peuple ! Trouvez-vous cela normal ? ».
Celui-ci dit craindre des élections qui vont permettre au dauphin de Kabila de régner sans gouverner avec la forte mainmise de l’actuel président.
« Si la CENI n’organise pas des élections crédibles, nous risquons de nous retrouver dans une situation dans laquelle nous aurons un Président de la République, Monsieur Shadari, qui va régner sans gouverner. Le véritable pouvoir étant resté entre les mains de Joseph Kabila. Comme conséquences ? Une alternance dans la continuité en lieu et place d’une alternance-rupture comme le veut bien le peuple congolais. Il appartient donc au peuple de rester vigilent et de ne pas tomber dans « les délices de Capoue » car le Président Kabila et sa famille politique n’ont pas encore dit leur dernier mot » craint-il.
Vave Ruhurumba Nelson







