La première piste c’est des élections avec Kabila, la CENI et l’actuel fichier électoral ; la deuxième c’est l’élection de façade, sans Kabila, et sous l’égide des Nations Unies avec l’actuel fichier électoral; la troisième piste c’est l’élection sans Kabila, et sous l’égide des Nations Unies avec une CENI restructurée et surtout « citoyenne » et la quatrième piste c’est une transition citoyenne de 18 mois avec des acteurs de la société civile
Avant le prof Nlandu se penche sur un éventuel renoncement volontaire de Kabila de briguer un troisième mandat, de régner sans gouverner et d’accepter une alternance pacifique du pouvoir. La première explication pour lui, c’est le caractère militaire du régime AFDL, la peur de l’Exil en deuxième lieu, ensuite la peur de tout perdre, et enfin la colère contre les parrains d’hier. Quel avenir pour les politiciens durant 18 mois ?, quels animateurs et animatrices pour animer la transition citoyenne ?, quel timing d’ici 23 décembre 2018 pour les quatre pistes ?
Ci-dessous l’intégralité de la réflexion du professeur Thierry Nlandu.
Cette réflexion à haute voix est une invitation qui s’adresse à tous ceux d’entre nous d’ici ou d’ailleurs qui croient fermement qu’un autre Congo est possible. Notre intention est tout simplement de vouloir contribuer au dernier tournant que prend l’histoire du régime afdélien qui rappelle étrangement la fin du régime de Mobutu.
Comme à la fin du régime de Mobutu, le danger, c’est qu’aujourd’hui, on nous revende la même métaphore du départ du dictateur pour nous offrir l’illusion d’un nouveau « chauffeur » conducteur d’un même « vieux véhicule ».
Comme topo, il faut avouer que ce n’est pas du tout reluisant ni encourageant. Et pourtant, il faut faire avec. Pour résoudre le problème du Congo actuel et sans doute d’hier, il faut que nous arrivions à mettre les pieds dans le plat sans détour. En effet, depuis fin 2016, nombreux sont les acteurs et autres observateurs qui s’accordent à dire que le Congo traverse une crise qui, si on ne lui accorde pas l’attention voulue, risque de plonger ce vaste pays dans un chaos déstabilisant ainsi toute l’Afrique Centrale si pas l’équilibre mondial.
C’est ainsi que l’on observe un balai diplomatique qui n’a qu’un seul objectif : trouver une voie de sortie de cette crise que des acteurs politiques congolais au pouvoir s’acharnent à ne pas reconnaître, convaincus qu’ils peuvent diriger le pays par défi.
Les propositions vont dans tous les sens, selon les intérêts des uns et des autres. Des responsables de diverses confessions religieuses, des diplomates en place en RDC, des officiels des gouvernements étrangers, divers acteurs du monde des affaires, etc., tous se mobilisent pour une alternance pacifique du pouvoir en RDC. Ce qui frappe dans les diverses démarches, c’est l’insistance pour une solution négociée.
Fort de ce qui précède, nous voulons nous livrer à un exercice, qui, nous l’espérons, intéressera d’autres Congolais afin qu’ensemble, nous puissions offrir à notre pays une voie de sortie de crise qui soit conforme à notre quête commune de paix durable! Dans cette perspective, l’appel au prochain dialogue de fin Juin ou juillet sous l’égide du patron du Conseil de Sécurité des Nations Unies devra s’inscrire dans une approche qui dépasse, sans l’ignorer, le débat sur l’application des Accords de la Saint Sylvestre même si, des mois durant, tout le monde de manière stratégique, s’est prévalu de cet accord pour soutenir la pression sur le régime en place afin d’arriver à une alternance pacifique du pouvoir.
Le prochain dialogue devra partir de notre dénonciation commune du non respect des dates butoirs fixées par la dernière Résolution 2409 des Nations Unies. Il sera donc question de faire le bilan de ce qui a été réalisé ou non et de tirer les conclusions pour cette fois agir et non émettre une litanie de vœux pieux.
La démarche, ci-dessous, est simple et sans doute provocatrice. Elle se fait sur quatre pistes, les unes moins bonnes que les autres, et que nous pouvons résumer en ces termes :
- Piste 1 : élections avec Kabila, la CENI et l’actuel fichier électoral corrompu ;
- Piste 2 : élections de façade, sans Kabila, et sous l’égide des Nations Unies avec l’actuel fichier électoral corrompu ;
- Piste 3 : élections sans Kabila, et sous l’égide des Nations Unies avec une CENI restructurée et surtout « citoyenne » ;
- Piste 4 : transition citoyenne de 18 mois avec des acteurs de la société civile
Dans les quatre cas, un serait avec Kabila et les trois autres sans lui, le préalable étant sa neutralisation volontaire ou de force pour laisser le processus électoral se dérouler sans lui ni sa CENI, mais sous la gestion des Nations Unies. Dans les deux premiers cas (pistes 1 et 2), la proposition serait double : soit il règne sans gouverner ; soit il quitte le pouvoir de force.
Mais avant de nous lancer dans l’analyse des pistes évoquées ci-dessus, il est utile de se fixer sur les chances d’un éventuel renoncement volontaire de Kabila de briguer un troisième mandat, de régner sans gouverner et d’accepter une alternance pacifique du pouvoir. Personnellement, je dois avouer que je n’y crois plus pour les raisons évoquées ci-dessous.
- Quelle rationalité derrière ce refus de régner sans gouverner et d’une alternance pacifique du pouvoir ?
- Régime AFDL= régime militaire
A mon avis, la première explication qui justifie ce refus est le caractère militaire du régime AFDL. En effet, en 1996, l’AFDL a conquis le pouvoir par les armes et non par voie démocratique. Par essence, cette « libération » repose sur un pouvoir militaire. Le pouvoir afdélien n’a jamais été un pouvoir civil ni cherché à le devenir. Et contrairement aux fausses impressions d’une volonté de se « civilianiser » à travers des parodies électorales, le pouvoir afdélien a toujours refusé de promouvoir un pouvoir civil comme alternative à son pouvoir militaire. Dans le milieu du pouvoir afdélien, le slogan reste : « tozuaki yango na mbuma, bakozua yango na buma »,
La deuxième explication de ce refus réside dans la volonté de protéger les fortunes amassées au courant de ces 18 ans de pouvoir. Régner sans gouverner ou quitter le pouvoir ; c’est mettre en péril les avoirs accumulés durant ces années de règne. A cette crainte, il faut ajouter la permanente angoisse causée par les futures enquêtes qui attendent ce pouvoir irrespectueux des droits de l’homme. N’est-ce pas le sens de cette quête sans espoir d’immunités de l’ordre du pénal au nom d’une fausse réconciliation sans reconnaissance des fautes, ni demande de pardon, ni encore mois de réparation ?
- La colère contre les parrains d’hier
L’effort, à ce niveau, est de faire comme dans une fiction : entrer dans la tête de celui qui doit tout abandonner pour vivre une nouvelle vie dont personne ne détermine clairement les contours. Dans tous les discours du moment, il ne lit que d’hypothétiques promesses : « statut de vieux sage politique comme Mandela», « il existe une vie après la présidence », etc. Mais personne ne définit les contours de cette vie. Mettons-nous à sa place : qui peut quitter 18 ans de pouvoir juteux avec pour seules garanties de nébuleuses métaphores ?
Au sortir de ce règne, il y a comme un arrière goût de trahison et de désir de vengeance. Il y a un refus de mourir seul. Il y a une envie de sanctionner cette fin par un acte de suicide qui, comme une pièce de domino, fera tomber d’autres.
Aujourd’hui, l’exil devient hypothétique, car partout où les anciens dirigeants du régime chercheront refuge, les Congolais de la Diaspora les traqueront, sans relâche, pour les déférer devant les cours et tribunaux internationaux. Le monde n’est plus le même et le droit à l’exil politique répond à une éthique de respect de l’humain que le monde global a progressivement mis en place pour tous et partout.
Au regard de ce qui précède, la thèse selon laquelle Kabila pourrait régner sans gouverner et permettre une alternance pacifique du pouvoir est improbable. C’est une fausse piste, car elle exige de Kabila des vertus dont il n’a pas su faire preuve en 18 ans de règne, i.e., la volonté politique et la bonne foi.
Aussi, aujourd’hui, il n’y a plus de doute. Un large consensus s’est formé dans le pays et à travers le monde. Kabila n’a plus de choix. Sous pression de tout côté, il doit passer la main volontairement ou de force ! Seul son départ et la fin de cette démocratie de façade permettra à l’une des pistes ci-dessus mentionnées (nous osons espérer la meilleure) d’être mise en route pour sortir de la présente crise.
- Pistes de solutions
- Piste 1 : élections de façade, avec Kabila, la CENI actuelle et le fichier corrompu.
Ce schéma dépendra du consentement du peuple congolais et de certains politiciens d’aller aux élections aux conditions imposées par la CENI. Le déclic serait l’engouement des acteurs politiques à répondre aux opérations électorales prévues entre le 23 juin et le 8 août 2018. Ceci consacrerait l’acceptation des Congolais d’aller aux élections sous l’égide de Kabila, de la CENI et du fichier électoral corrompu. S’il n’y a aucune réaction de la part des Congolais (ce qui paraît peu probable), la communauté internationale prendra alors acte et accompagnera les Congolais dans cette parodie électorale.
Mais, au regard des agitations internes et externes autour des prochaines élections, il est peu probable que « ce schéma suicide » puisse être accepté par la majorité des Congolais et la communauté internationale, car il ne peut que conduire au chaos que tous veulent éviter.
- Piste 2 : élections de façade, sans Kabila, et sous l’égide des Nations Unies avec l’actuel fichier électoral corrompu.
Ce schéma trouve des adeptes parmi tous ceux qui sont pressés d’en finir avec la crise congolaise. La carotte pour faire accepter ce schéma sera le départ volontaire ou imposé de Kabila. L’euphorie que ceci va provoquer sera semblable à celle de la fin du régime de Mobutu. La population, en liesse, ne serait pas très regardante (du moins on l’espère) vis-à-vis d’un processus électoral sur fond d’un fichier électoral corrompu. Tous les partenaires s’accorderaient pour des élections de façade avec des hommes politiques congolais effrayés par la politique de « la chaise vide » qui se bousculeraient pour y participer.
La tentation est grande de souscrire à cette escroquerie électorale vidée de toute éthique et de souci de transparence. D’ailleurs n’entendons-nous pas dire comme en 2006 et 2011 : « vous n’aurez jamais des élections comme en Suède, France, etc. » comme si en RDC, on serait condamné à n’avoir que des parodies électorales.
Mais, il y a un hic. Pareilles élections risquent de se terminer par des contestations postélectorales qui conduiront au chaos que l’on prétend vouloir éviter en écartant Kabila du processus électoral. La communauté internationale et le peuple congolais tout entier auront tout à perdre d’un processus électoral de ce genre. Bref, cette piste s’avère dangereuse si pas tout simplement mauvaise et à ne pas envisager.
- Piste 3 : élections sans Kabila, et sous l’égide des Nations Unies avec une CENI restructurée et surtout « citoyenne »
L’objectif majeur, à ce stade, serait de recréer la confiance entre l’institution organisatrice des élections, les partenaires et le peuple congolais. Cette piste pourrait faire l’affaire de tous les partenaires de l’actuel processus électoral : Nations Unies, acteurs politiques congolais et de la société civile. En effet, sous l’égide des Nations Unies :
- Toutes les mesures de décrispation contenues dans les Accords de la Saint Sylvestre seront d’application dans un bref délai
- La CENI sera restructurée pour avoir en son sein une expertise congolaise et internationale capable de répondre positivement et avec célérité aux recommandations du dernier audit du fichier électoral
- Les moyens financiers seront trouvés et mis, à temps, à la disposition de la CENI
- Les acteurs de la société civile seront présents dans la nouvelle CENI citoyenne. Les politiciens congolais devront accepter de ne plus faire partie de cette institution
- Les agents de la CENI, les observateurs ainsi que les témoins des partis politiques pourront disposer d’un espace démocratique dans l’exercice de leurs missions d’accompagnement du processus électoral
- La MONUSCO, en toute quiétude, pourra appuyer la CENI et le peuple congolais en assurant tant soit peu la sécurité du processus électoral. Confiant en la nouvelle CENI et soucieux de participer, pour la première fois à des élections transparentes, crédibles et apaisées, le peuple congolais accompagnera certainement la MONUSCO dans cette mission
- Les politiques congolais s’agiteront moins dans une démarche qui ne les mets pas au frigo mais leur fait confiance et offre des garanties de concourir à chances égales
- Le peuple congolais, la RDC, les pays de la sous région et la communauté internationale, seront tous heureux de voir aboutir pareil processus offrant ainsi au peuple congolais les premiers dirigeants dont la légitimité ne sera pas contestée.
Cette troisième piste soulève, néanmoins, une question majeure : celle de la souveraineté ou mieux de la non ingérence dans les affaires d’un état souverain. Habituellement, ce genre de débat tend à se concentrer sur les acteurs politiques et administratifs, internes et externes, qui pourraient apporter leur soutien à la restructuration de la CENI. Très peu de choses sont dites sur le profil de ces Congolais et Congolaises d’ici comme d’ailleurs qui pourraient être impliqués dans ce processus.
Sur le plan technique et stratégique, je recommanderais le recrutement de personnes, membres de la société civile congolaise, universitaires, dotées d’une expertise électorale sérieuse et surtout d’une éthique avérée; des experts déterminés à apporter des changements et matérialiser un processus électoral sur lequel repose l’avenir de toute notre nation. Aux commandes, on pourrait avoir une personnalité internationale sans affiliation politique ni attachement.
Ce dont la restructuration de la CENI et le pays ont besoin à ce niveau, ce sont des personnes capables de prendre des décisions difficiles en rapport avec le processus électoral. Nous devons garder à l’esprit que des acteurs éthiquement disposés à restructurer la CENI et à conduire un processus électoral crédible existent dans la société congolaise et au sein de la communauté internationale.
De toute évidence, le débat est toujours ouvert sur qui, Congolais ou partenaires internationaux pourraient faire partie de cette équipe et même être nommé à la tête de la CENI avec efficacité? Mais, de nos jours, peut-on affirmer que le commun des Congolais serait offusqué de voir un étranger à la tête de la CENI ? La question ne serait-elle pas simplement de comment faire en sorte que cette nomination ne paraisse pas politique ni néocoloniale aux yeux d’une certaine élite congolaise « nationaliste » mais défaillante et en qui, malheureusement, le peuple ne fait plus confiance?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la nomination d’un étranger à la tête de la CENI n’aurait-elle probablement pas l’appui d’honnêtes Congolais et de la majorité des Congolais ordinaires ? En effet, avec toutes les tergiversations des animateurs de la CENI depuis 2011 jusqu’à ce jour, les Congolais ne préfèreraient-ils pas, qu’aujourd’hui, la CENI soit dirigée par un étranger ? Certes c’est triste ; mais n’est-ce pas la douloureuse vérité de cette terre, désert éthique ?
- Piste 4 : transition citoyenne
La quatrième piste est proche de la troisième. A la seule différence qu’elle introduit la donne d’une transition citoyenne animée pendant 18 mois par des acteurs de la société civile et qui exclurait les politiciens appelés à attendre les élections pour revenir sur la scène politique après 18 mois. Cette piste suscite un engouement certain de la part des Congolais ordinaires, des acteurs de la société, de certains politiques et d’une certaine communauté internationale.
A mon avis, tout ceci reposerait sur un argumentaire de désaveu dangereux (vrai ou faux) de la classe politique congolaise actuelle engluée dans des combines politiciennes qui lui aurait fait perdre tout crédit auprès de l’opinion nationale et internationale. Les débauchages et autres démantèlements des partis politiques ne font que conforter mes propos.
Aussi, au-delà de l’enthousiasme que suscite cette piste de sortie idéale, il y a lieu de relever certaines questions qui si elles ne sont pas abordées de manière responsable pourraient devenir des obstacles majeures pour la piste « transition citoyenne » :
- Quel avenir pour les politiciens durant 18 mois ?
Cette question hante beaucoup de politiciens qui souvent n’en parlent pas ouvertement. Mais les personnes avisées et au courant des us et coutumes de la classe politique congolaise, se rendent bien compte que bon nombre de politiciens congolais parlent de la transition citoyenne du bout des lèvres.
En effet, une transition de 18 mois ne serait-elle pas synonyme de mort politique pour bon nombre de nos politiciens habitués aux arrangements et autres négociations particuliers pour accéder au pouvoir ? Attendre 18 mois pour ceux qui ont fait de la politique leur gagne pain ne serait-il pas suicidaire ? Cette transition de 18 mois ne serait-elle pas une manière de concrétiser le vœu du renouvèlement de la classe politique telle que consigné dans un accord que l’on a tendance à jeter dans les oubliettes, i.e., l’Accord d’Addis-Abeba ?
- Quels animateurs et animatrices pour animer la transition citoyenne ?
Lorsque nous parlons de transition citoyenne, la métaphore est tranquille tant qu’on n’aborde pas la question des animateurs : profil, noms, origines géopolitiques, appartenances à la variété associative de la RDC avec ses sociétés civiles pro-gouvernementale, pro-opposition, neutre, etc. Les acteurs et actrices de la société civile seront-ils capables de saisir les enjeux et surtout l’urgence de la mise en route de cette piste si c’est elle qui est choisie pour sortir notre pays de la crise ? C’est notre souhait à tous.
- Quel timing d’ici 23 décembre 2018 pour les quatre pistes ?
D’ici le 23 décembre 2018, il ne nous reste plus que 6 mois pour la tenue des élections. Au regard des tâches non accomplies ou accomplies mais non de bonne foi depuis le 26 mars 2018, il est évident que sur le plan du timing :
- la piste 1 devrait se réaliser conformément au calendrier de la CENI pourvu qu’il n’y ait pas de contestations. Ce qui est peu probable comme indiqué ci-dessus
- la piste 2 aura comme préalable le départ négocié ou de force de l’actuel président. Dans le meilleur des hypothèses si cela avait lieu fin juin 2018, il resterait 6 mois pour réaliser les élections de décembre 2018. Même une parodie électorale aura besoin d’une prolongation de deux à trois mois.
- La piste 3 devra certainement répondre aux mêmes contraintes que la piste 2 en termes de préalable et de timing. Mais à différence de la piste 2, le déroulement pourra être apaisée parce que jugée acceptable par les différents partenaires.
- La piste 4 a un timing bien défini 18 mois à partir du départ de l’actuel Président.
f). Pour conclure
Le choix devra sans doute se faire entre une piste idéale (piste 4) et une piste intermédiaire (piste 3). Néanmoins, dans les deux cas, ce choix dépendra de la mobilisation de tous les Congolais et de la communauté internationale fin juin et au cours du mois de juillet. Mais encore une fois, il faut se le dire, la communauté internationale ne pourra soutenir qu’un mur qui existe (pour preuves les dernières prises de position de la communauté internationale après les manifestations organisées par le Comité Laïc de Coordination). C’est notre « agir » par stratégies renouvelées qui mobilisera notre peuple et la communauté internationale. Le temps des communiqués de presse et autres ultimatums qui donnent bonne conscience aux uns et aux autres est révolu, car non productif aux yeux du peuple.
C’est ici que je continue à rêver d’une organisation interconfessionnelle non plus pour protéger nos minerais ni encore nos forêts mais plutôt pour nous débarrasser de la présente dictature. C’est ici que je continue à rêver d’une union sacrée des partis politiques acquis au changement non pas pour rivaliser sur la place Sainte Thérèse sur qui aura rempli les quatre terrains de cet espace ; mais pour remobiliser notre peuple en quête d’un nouveau souffle pour reprendre ses manifestations pacifiques. C’est ici que je continue d’envisager un réseautage de tous les mouvements citoyens ; tous unis pour concrétiser notre espoir commun d’ériger une démocratie fondée sur des institutions fortes et non sur des hommes forts, des fils du pays, qui, à chaque fin de dictature, se laissent bercer par l’illusion qu’à, eux seuls, ils sont capables de changer le cours de notre histoire commune. C’est maintenant ou jamais !






