Bukavu: le président du comité de développement de Kalengera/Bagira dénonce l’insécurité dans son entité (Interview) – La PrunelleRDC.info

Habamungu Balibuza un jeune changeur de monnaie et revendeur des cartes de recharge a été blessé par balles par des hommes armés aux environs de 19 heures de ce vendredi 28 septembre dans la cellule Kalengera quartier Mulambula dans la commune de Bagira.

Afin de comprendre l’origine de l’insécurité grandissante dans cette cellule jusque-là épargnée de cas de tueries devenus monnaie courante à Bukavu, Laprunellerdc.info, (Lprdc) s’est entretenue avec monsieur Assani Twaibu (AT) président du comité de développement de cette entité.

Lprdc : Quel est l’état de la sécurité dans la cellule de Kalengera ?

Assani Twaibu : la situation est grave. Comme vous le savez, hier on a tiré sur un jeune du quartier qui revenait de son lieu de travail. Cette situation n’est pas nouvelle dans notre entité car il y a quelques jours un autre changeur de monnaie répondant au nom de Mashimango Maestro a été victime des mêmes personnes qui étaient venus chez lui aux environs d’une heure du matin. Après l’avoir menacé et trouvant qu’il n’avait pas beaucoup d’argent, ils avaient pris quelques biens de la maison et s’étaient enfuient en tirant des balles en l’air. Quelques jours après, ils sont revenus à la charge et cette fois-ci ils s’étaient introduits dans la maison de Mugisho, un autre vendeur des unités de recharge. Celui-ci revenant de son travail les avait surpris chez lui au salon. Il s’était sauvé en sautant par la fenêtre.

Lprdc : Que peuvent être les causes de cette insécurité, selon vous ?

AT : Plusieurs éléments peuvent expliquer cette insécurité dans notre milieu. Premièrement la présence des militaires qui circulent dans le quartier Mulambula avec des armes et qui ne sont pas contrôlés. Deuxièmement, l’absence du courant électrique. Disons ici que la SNEL nous envoie le courant de 15h à 18h et donc la nuit nous sommes dans le noir. Nous avons dans notre cellule de Kalengera des personnes inconnues qui entrent et sortent sans qu’on sache d’où ils viennent ni pourquoi ils sont là. Enfin la vente des boissons fortement alcoolisés. Les maisons dans lesquelles on vend ces boissons augmentent chaque jour et on y vend également de la marijuana et d’autres produits que les jeunes fument en longueur des journées.

Lprdc : Comme président de développement du milieu, quelles sont les démarches que vous avez déjà menées auprès des autorités afin de trouver solution aux problèmes peints ici-haut ?

AT : Nous informons les chefs au niveau local et nous proposons même des pistes de solutions mais ils n’en tiennent pas compte. Nous avons participé dans plusieurs forums du quartier où nous avons soumis la question des boissons fortement alcoolisées mais jusque-là rien n’est fait. Nous avons installé des projecteurs dans notre cellule pour lutter contre l’obscurité, ils ne sont jamais allumés faute du courant électrique. Nous sommes partis à la SNEL demandant que le courant nous soit donné de 18h à 22h au lieu de 15 à 18h, nous attendons toujours. Nous pensions que dans le cadre de l’opération « Tujikinge » initiée par le gouverneur de la province le bouclage allait s’organiser dans notre quartier mais nous étions déçu de voir que l’opération en question n’a  jamais été organisée ici et pourtant ailleurs les armes ont été ramassées dans des maisons.

Lprdc: Que peuvent alors faire les autorités pour mettre fin à cette insécurité croissante dans votre cellule et dans le quartier Mulambula ?

AT: A part ce qui est déjà dit ci-haut, nous pensons que les militaires doivent être contrôlés afin de ne pas les laisser circuler en désordre avec les armes mais aussi les personnes qui entrent dans le quartier doivent être identifiées.

Lprdc : des rumeurs disent  que les jeunes de Kalengera avaient refusé la présence des policiers dans leur entité. Qu’en dites-vous ?

AT : C’est faux. Personne ne peut refuser la présence des policiers. Les jeunes n’étaient pas d’accord avec le chef du quartier Mulambula sur l’emplacement du contener qui devait abriter le bureau de la police. Le chef voulait que le contener soit placé à l’entrée de la cellule Kalengera et les jeunes lui faisaient comprendre que la cellule de Kalengera était habitée par des pêcheurs en majorité et que leurs activités de pêche se pratiquent la nuit. La présence du contener de la police à cet endroit aurait comme conséquence de limiter la circulation des pêcheurs. Voilà pourquoi les jeunes avaient proposé que ce contener soit placé à Mulambula II où se trouvait le bureau de la police avant, à Kahero où à Bwindi.

Propos recueillis par Thomas UZIMA

des acteurs de la société civile environnementale lors de leur manifestation dans la ville de Bukavu. Photo d’illustration, Laprunellerdc.info

Josué  Aruna, Président provincial de la Société Civile Environnementale et Agro-Rurale, est sous menace depuis le début de ce mois de septembre.

A en croire Ladislas Witanene, secrétaire administratif de la Société civile environnementale, son président est sous menace sécuritaire depuis le 9 septembre quand les bandits armés étaient venus le visiter dans sa maison mais par grâce les aurait échappé.

Il affirme que les menaces de mort que reçoivent  Josué Aruna et sa famille sont liées à son activisme pour la protection de l’environnement.

Suite à l’ampleur du dossier, à la psychose dans laquelle vivent Josué et sa famille, à la suite des paroles proférées par ces malfrats, Ladislas  Witanene appelle donc aux autorités à plus de responsabilité afin que la protection et la sécurité de Josué et sa famille soient rassurées et que justice et réparation soient aussi faites.

Josué Aruna est un fervent défenseur de la nature et des valeurs environnementales en RDC il est aussi grand défenseur du patrimoine mondial le PNKB.  Sa famille a été visitée en date du 9 septembre par des inconnus armés et qui n’ont cessé depuis lors de lui proférer des menaces de mort. Une plainte contre inconnue avait été déposée par lui mais jusque là aucune suite.

Jean-Luc M.

Vue du Lycée Wima, une école Conventionnée Catholique de Bukavu. Photo d’illustration

Des réactions, on en enregistre toujours depuis quelques heures après le déclenchement de la grève par les enseignants des Ecoles Catholiques et Protestantes dans la ville de Bukavu.

C’est le cas de l’acteur politique et enseignant Fidèle Mugisho qui dénonce le comportement de la Coordination des Ecoles Conventionnées Catholiques mais aussi des enseignants de ce secteur.

«Le chef de l’État vient de décréter l’effectivité de la gratuité conformément à l’article 43 de la constitution, curieusement, les amoureux de la prime cherchent à saboter cette mesure combien salutaire. Je pense que nous tous connaissons bien le comportement des écoles catholiques quant à la prime, celles-ci ont toujours dit que c’est l’intérêt de l’enfant qui passe d’abord avant celui de l’enseignant, voici ce qui se passe ce matin ,il n’y a pas cours dans toutes les écoles catholiques ce mercredi, au motif qu’il y a Assemblée Générale des enseignants, ceci constitue une erreur grave car à part l’État congolais, personne autre ne peut interdire aux élèves d’étudier alors qu’il n’y a même pas grève»  se désole Fidèle Mugisho.

Rappelant la résistance des écoles catholiques pour le combat de la suppression de la prime, Fidèle Mugisho suspecte ces gestionnaires d’écoles à vouloir «saboter tout simplement la bonne volonté du chef de l’État et son Directeur de cabinet Vital Kamerhe ».

«En définitif, sachons que la prime est un poison qui a déjà affecté les organes des certains acteurs, pour le faire sortir, il faut une forte dose, cette dose c’est la résistance contre le retour de la prime. Elle ne reviendra plus. Que les amoureux de celle-ci sachent bien que le pouvoir a changé, selon les informations à notre procession on cherche à persuader les parents en leur demandant de  faire une contribution pour seulement le fonctionnement. Nous connaissons tous comment sont venus les comités des parents» insiste-t-il.

Avec la gratuité l’enseignement, estime Fidèle Mugisho, le ministère de l’agriculture, pêche et élevage peut déjà lancer deux campagnes(et cela obligatoirement): « Aucun ménage sans élevage et aucun champs non cultivé », car désormais chaque parent qui a plus de trois enfants scolarisés aura la possibilité d’acheter, soit une chèvre, mouton, porc, poule, dindon, engrais par mois.

Rappelons que les enseignants des écoles conventionnées catholiques réunies ce mercredi à l’EP Matendo ont déclenché un mouvement de grève à partir de ce jour. Ces enseignants revendiquent la majoration de leurs salaires et la prise en compte de plusieurs autres revendications.

Jean-Luc M.

Réunis ce mercredi 25 septembre 2019 au Bureau de Coordination de la Société Civile, les acteurs de cette faîtière se sont exprimés sur certaines situations dans la ville.

La situation sécuritaire de leur collègue Julien Namegabe, président du sous noyau de Nkafu, et qui est poursuivi en justice  pour avoir dénoncé les spoliations, l’insalubrité dans les abattoirs ont donc attiré leur attention.

Pour ces acteurs, ils disent être prêt à en découdre avec toute autorité qui pense procéder par des menaces et intimidations pour les faire taire. Ils promettent ne ménager aucune énergie pour ça.

«nous saisissons de l’occasion pour mettre ceci au clair, les acteurs de la société civile ne ménageront aucune énergie en cas de menace contre l’un de leurs pour envisager des actions qui s’imposent pour mettre hors d’état de nuire toute autorité qui se retrouverait dans cette situation »

Pour rappel, Julien Namegabe, Président de la société civile sous noyau de Nkanfu est sous menace d’arrestation.

Pour avoir initié la campagne de désobéissance fiscale dans le marché Beach Muhanzi suite à l’insalubrité qui y est observée, cet acteur a été amené en Justice. 

Jean-Luc M.

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