« C’était le 24 Août 1998, dans les villages de Kasika, Kalama et Kilungutwe en territoire de Mwenga et Lwindi au Sud Kivu, plus de 1056 personnes avaient été tuées par l’armée Tutsi de la rébellion du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD/ Goma). Ce massacre avait été orchestré par des leaders de la rébellion du RCD Goma dont Alexis Thambwe Mwamba, actuel président du Sénat en RDC et Azarias Ruberwa.
Ce jour-là, nos compatriotes étaient tués. Parmi les victimes : le Mwami Mubeza et son épouse, l’abbé-curé S. Wabulakombe et beaucoup de chrétiens de l’église catholique, 3 religieuses avec des sticks d’arbre dans les vagins. Des enfants de 3 mois à 7 ans décapités et tués. On n’y trouvait des têtes fracassées et jetées dans les latrines. Des femmes étaient violées puis tuées. Il n’y avait pas de pardon pour personne et la vie n’avait aucun sens.
Des massacres de ce même genre avaient été perpétrés dans d’autres villages pendant tout le mois d’août 1998. La rébellion muselait toutes les voix qui pouvaient documenter et le flou était entretenu sur le nombre des personnes victimes. Jusqu’aujourd’hui en 2019, aucune justice n’a été faite et d’autres massacres se sont multipliés dans plusieurs régions de la RDC. Ceux qui ont commandité ces actes ignobles sont vivants. Ils agissent librement et occupent des postes politiques au plus haut niveau de l’Etat Congolais.
Alexis Thambwe Mwamba qui était présent à Bukavu quand ce massacre se réalisait, est aujourd’hui président du Sénat de la RDC. Aucune justice n’a été faite pour les victimes. Au lieu que les auteurs soient en prison, ils sont aujourd’hui, des chefs et des présidents dans plusieurs institutions publiques de la RDC.
Dans le territoire de Beni, plus de 3000 personnes ont été tuées depuis 5 ans et rien n’a été fait pour stopper ces tueries.
Ce jour du 24 Août 2019, nous nous rappelons de la vie de ces compatriotes, nous crions et exigeons la justice pour toutes ces personnes. Ce jour, nous exigeons que plus jamais ces actes ne se répètent, que la guerre prenne fin et que la réparation soit faite pour les victimes.
Les auteurs de ces massacres ne doivent pas rester impunis, ils doivent être arrêtés et jugés. Ils doivent payer de leurs actes.
Le président Félix Tshisekedi devrait œuvrer pour la mise à place d’un tribunal spécial pour le Congo afin que tous crimes soient jugés.
Le silence de la communauté internationale est condamnable, il faut qu’elle entreprenne des actions de réparation pour les victimes.
Au Congo, nous sommes aussi des humains et nous avons droit à la vie et à la paix.
Ce 24 août 2019, les visages de nos frères et sœurs tués innocemment depuis plus de 20 ans, reviennent et notre indignation s’accentue.
Nous sommes une génération née et grandit dans la guerre, nous n’accepterons pas d’y vieillir.
Un jour, le Congo se relèvera!!
Ghislain MUHIWA
Activiste »






