Conférence de Lubumbashi : Les professeurs appellent le peuple à jouir pleinement de sa souveraineté – La PrunelleRDC.info

L’article de la 64 [qui donne au peuple le devoir au peuple de faire échec à tout individu, ou groupe d’individus, qui exerce le pouvoir en violation la constitution] est applicable aux juges de la cour constitutionnelle dès lors qu’ils acceptent de contribuer  dans un triangle géniteur du chao constitutionnel au pays. Ceci est l’esprit des communications des professeurs engagés au sein du club des professeurs congolais lanceurs d’alerte, au cours de la conférence des intellectuels tenu ce lundi 21 mai 2018 à Lubumbashi.

Cette conférence consiste à un cri d’alarme que lancent ces enseignants d’université, conformément à la décadence démocratique en vogue en RDC. Cette crise, semble se corser au fur et à mesure que les choses avancent. La dite crise implique, assurent les professeurs, trois institutions nationales, pourtant traditionnellement appelées au respect de l’ordre. « Il s’agit du gouvernement, de la CENI et de la cour constitutionnelle », peut-on déduire de la série d’interventions des éminents lanceurs d’alerte.  On a l’impression de s’éloigner de plus en plus de la voie de sortie de crise. 

Pour le professeur Jacques Djoli, l’ambigüité est née « dès lors que l’on demande au peuple de se courber à l’arrêt de la cour constitutionnelle, même quand celle-ci se penche dans le camp qui viole la constitution ». Le professeur de droit constitutionnel interpelle le peuple à résorber cette indigence morale, car il jouit de « la souveraineté primaire ». L’irrévocabilité des arrêts de cette juridiction, servant de garde-fou aux abus anticonstitutionnels, est donc à conditionner par la conformité avec l’inviolabilité des dispositions constitutionnelles.

De son indépendance à nos jours, le Congo est pourtant dirigé par des intellectuels de haut grade. Pour ce faire, le malheur du pays est apparemment imputé à la classe instruite qui, passivement ou activement, a contribué à la situation de paupérisation du peuple. Il y a donc lieu d’affirmer que « le fondement de la dictature est l’indifférence des intellectuels ».

« Au Congo nous avons réussi un miracle, celui de transformer un paradis en enfer », s’est étonné le professeur Mbata qui ne comprend pas à quoi servent les connaissances faramineuses qui sont inculquées aux intellectuels congolais s’ils ne peuvent pas aider à transformer les potentialités dont jouit le pays en véritables richesses.

Afin de sortir le pays de cette situation, et bâtir le « pays plus beau qu’avant, que nous léguons à notre postérité », le professeur suggère à l’intellectuel congolais de s’appliquer à construire son propre destin car, a-t-il affirmé, « si vous dormez dans une natte des autres, vous faites également les rêves des autres ».

Puissamment confiant au pouvoir que le régime démocratique reconnait au peuple, le constitutionnaliste André Mbata ne digère pas que cette souveraineté ait été confisquée au peuple pour être attribuée à une cour constitutionnelle dont les membres sont nommés et investis par un groupe de citoyens.« L’article 64 est également opposable aux membres de cette cour », a-t-il dit préconisant que les intellectuels non impliqués dans l’hécatombe de la nation s’investissent, du moins, pour son salut.

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire »,a repris le professeur André, paraphrasant Albert Einstein, avant de poursuivre par la citation de Martin Luther King Junior stipulant, « Notre vie commence à s’arrêter le jour où nous commençons à garder silence sur les choses les plus graves ».

Rappelons que ce message constitue une campagne de conscientisation que les professeurs congolais, engagés au sein du club des professeurs lanceurs d’alerte, relaient à travers la nation entière afin d’appeler la crème intellectuelle à jouer pleinement son rôle d’éclaireur de la société pour le respect des droits et des libertés, tant individuelles que collectives, des congolais. La conférence Lubumbashi a réuni des centaines d’intellectuels, et s’est clôturée par la signature d’une déclaration commune de tous les participants, à l’instar des trois précédentes étapes.

Florence Ashuza

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