Les britanniques Mo Ibrahim et Alan Doss interpellent la communauté internationale à mettre de la pression sur la CENI congolaise afin qu’elle publie les résultats détaillés des législatives et présidentielles de décembre 2018. Dans une tribune publiée ce vendredi 1er février 2019 dans le journal français le Monde, l’homme d’affaire et le diplomate britanniques jugent de « défaite de la démocratie » la victoire de Felix Tshisekedi.
Les résultats des élections présidentielles en RDC n’ont pas pu faire l’unanimité dans le milieu des personnages influents de la politique africaine. Le créateur de la Fondation Mo Ibrahim et le directeur de la Fondation Koffi Anaan sont montés au créneau pour exprimer leur désapprobation à l’égard des résultats publiés par la CENI, confirmés par la Cour Constitutionnelle et ayant conduit à la passation de pouvoir entre l’ancien chef de l’Etat Congolais Joseph Kabila et son successeur Felix Tshisekedi.
« Les résultats compilés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), divulgués à la presse, confirment ceux de l’Eglise catholique, qui avait déployé 40 000 observateurs sur la totalité du territoire : ils montrent que Martin Fayulu, le candidat de la coalition de l’opposition, a remporté l’élection présidentielle, non pas d’un fil, mais haut la main. Et pourtant, après une semaine de tergiversations et d’intenses négociations, la CENI a annoncé la victoire de Félix Tshisekedi. C’est une défaite pour la démocratie. », signalent les deux notables britanniques.
A travers leur tribune, le milliardaire Mo Ibrahim et son Compatriote Doss fait un constat selon lequel le départ de Joseph Kabila de la tête du pays n’est que symbolique car l’ancien président gardera une sérieuse main mise sur la sphère de prise de décision congolaise. Pour les deux hommes, la résignation de la communauté internationale au sujet des résultats des élections pour « préserver la stabilité de la RDC » n’est pas du tout rationnelle.
« D’abord parce que, si Joseph Kabila a effectivement quitté ses fonctions, lui et ses acolytes continueront selon toute vraisemblance à contrôler tous les leviers du pouvoir. C’est bien sa coalition politique, ayant remporté une écrasante (et improbable) majorité de sièges aux législatives, qui déterminera en définitive le choix du premier ministre, lequel dirigera à son tour les principaux ministères et agences de sécurité du gouvernement », insistent les deux hommes d’affaires internationaux.
En définitive, Alan Doss et Mo Ibrahim estiment que tout n’est pas encore perdu. En dépit de l’installation et de la prise de fonctions de Felix Tshisekedi, la communauté internationale peut toujours contraindre la RDC à revenir aux vrais résultats qui selon eux donneront vainqueur Martin Fayulu.
Pour ce faire les deux britanniques invitent la Communauté de développement d’Afrique australe, l’Union africaine, l’Union européenne et l’ONU en particulier à s’y impliquer.
Les deux hommes d’affaires Mo Ibrahim et Alan Doss se sont montrés très intéressés à la polique congolaise, et par ricochet à la question relative à l’alternance.
En 2017 Mo Ibrahim a invité l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, à une conférence sur la bonne gouvernance au Rwanda.
Alan Doss de sa part s’est illustré lors des assises de Genève, au terme desquels Martin Fayulu a été voté par ses pairs comme candidat unique de l’opposition aux élections présidentielles en RDC.
Reste à s’interroger si la sortie médiatique de ces deux personnages aura d’influence sur la perception diplomatique de la RDC.
Elle survient tout de même alors pendant que la quasi-totalité des organisations de la communauté internationale ont déjà reconnu la victoire de Felix Tshisekedi.
John Achiza






