Sud-Kivu : la société civile de Mbinga-Nord exige l’ouverture du site minier de Kalimbi – La PrunelleRDC.info

La société civile du groupement de Mbinga-Nord, dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu,  demande au ministre provincial des mines d’autoriser la reprise des travaux dans le site minier de Kalimbi/Nyabibwe afin de sauver la situation déjà catastrophique des familles dont la vie dépend de l’exploitation minière sur ce site. Dans sa lettre du 26 janvier 2019, adressée à l’autorité suscitée et dont copie est parvenue à Laprunellerdc.info, cette organisation citoyenne n’exclut pas de procéder à des actions de grande envergure si aucune solution n’est trouvée dans un bref délai.

Il n’est pas facile de voir sa source de revenu, maigre soit-elle, bouchée sans qu’une solution soit rendue disponible. A Nyabibwe, cela est pourtant le cas des creuseurs des matières minérales. Depuis le 8 janvier dernier, les activités d’exploitation artisanale des minerais ont été suspendues  sur le site International de Kalimbi par ordre du ministre provincial ayant le secteur minier dans le panier de ses responsabilités.

Cette décision, ayant consisté à la décrispation de la situation de tension née de l’accrochage entre exploitants du site, n’avait été prise que pour une durée de 3 jours. 20 jours après, la lettre de la société civile fait remarquer à l’autorité provinciale qu’aucune évolution n’a été enregistrée.

Pour ce faire la société civile de Mbiga-Nord, à travers cette lettre signée par son président Delphin Birimbi, demande à tous intervenants de du secteur minier en province, particulièrement au ministre, de s’impliquer  afin « d’amener les parties [prenantes aux incidents du 8 janvier 2019] à trouver des solutions concertées dans le respect de la loi minière en vigueur et dans un délai raisonnable ».

La réouverture de la mine de Kalimbi est d’une urgence spéciale, aux yeux de la société civile locale, vue la nécessité d’ordre humanitaire que revêt  ce centre d’extraction indigène des minerais. N’ayant aucune activité palliative, pour les exploitants miniers et leurs  «accéder aux services sociaux de base (soin médicaux, Education…) est actuellement totalement difficile depuis l’arrêt temporaire des travaux ».

La société civile, faisant allusion aux efforts qu’elle a consentis pour accompagner le système de traçabilité, géniteur de la qualification dudit ite, craint que la pérennité de ce problème ne réduise au néant tout le travail qu’elle a fait depuis 24 octobre 2012.Elle dit ne plus tolérer une quelconque légèreté, le traitement du dossier Kalimbi, et attend « entreprendre des actions citoyennes nous reconnues par la constitution ».

Dans la région Est de la RDC, plusieurs minerais sont sous le coup de l’embargo international et ne peuvent donc se vendre sur le marché normal. Cela fait suite à l’association de l’exploitation minière, dans ces sites, à l’activisme des conflits armés.

La qualification et la certification d’un site selon les normes de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), valent beaucoup d’efforts aux organisations de la société civile, qui se doivent de prouver que l’activité minière sur ledit site n’a aucun lien avec la prolifération de mouvements armés dans la région.

Le site de Kalimbi étant qualifié, la persistance du conflit en son sein peut remettre en question sa qualification et impliquer que ses produits soient remis dans le registre des minerais du sang.

John Achiza

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