Au cours d’une longue interview accordée à Laprunellerdc.info, Monsieur Blaise Pascal Zirimwabagabo Migabo, (assistant de recherche et d’enseignement universitaire à la Faculté de Droit de l’Université Officielle de Bukavu et très actif au sein des mouvements citoyens et associatifs en RD Congo), critique les erreurs de Katumbi dans la saga qui l’oppose aux autorités congolaises pour son retour en RDC.
Pour lui, Katumbi devrait tenter de rentrer au Congo bien avant la date du dépôt des candidatures Il pense que face au refus des autorités de le laisser entrer, il aurait eu le temps d’attaquer en justice la décision du gouvernement devant les instances judiciaires compétentes.
« Il ne l’a pas fait. C’est devant le juge congolais qu’il allait prouver qu’il ne s’est jamais naturalisé italien et qu’il a donc le droit de rentrer au Congo. La justice congolaise devrait ainsi demander officiellement à l’Italie si oui ou non Katumbi a un jour été italien. Son sort allait dépendre de la réponse officielle de l’Italie. Au lieu de saisir la justice congolaise, Katumbi a préféré se justifier dans les médias et réseaux sociaux. Une grosse erreur. Se victimiser dans les médias, faire le buzz c’est une chose, mais les questions d’État ne peuvent pas être traités dans les médias » regrette-t-il.
Blaise Pascal Zirimwabagabo estime par ailleurs que s’il est établi que monsieur Katumbi a été Italien, il ne peut plus prétendre accéder aux responsabilités politiques en RDC et ne pourra retourner au Congo qu’en étranger.
« Il est vrai que la justice congolaise est à la solde du régime de Kabila, mais il faut prendre le courage de saisir la justice. Si elle rend des décisions iniques, là on peut prendre le peuple et le monde entier à témoin. Katumbi s’est enfin résolu de saisir le Conseil D’État congolais, mais c’est trop tard. Même si le Conseil d’État jugeait en sa faveur, je ne vois pas par quelle magie sa candidature pourra être reçue après la publication de la liste des candidats. Légalement, cela n’est pas possible. Je pense que Katumbi ne s’est pas entouré des bons conseillers. Il a cru en sa prétendue popularité et il a sous-estimé la capacité de nuisance du régime de Kinshasa. Mais s’il était officiellement établi que Katumbi s’est un jour naturalisé italien, il doit subir la rigueur de la loi. N’étant plus congolais, il ne peut plus prétendre exercer des responsabilités politiques en RDCongo. Il ne pourra donc revenir au Congo que comme tout étranger c’est-à-dire muni d’un visa » insiste-t-il.
Moise Katumbi a été empêché par les autorités de la RDC de retourner au pays par la frontière de Kasumbalesa via la Zambie. Celui-ci n’a pas pu déposer sa candidature à la présidentielle de Décembre 2018. Un incident commenté dans tous les sens au pays et à l’étranger. Ses avocats ont porté l’affaire devant le conseil d’État pour tenter de trouver gain de cause.
Eric Shukrani
Articles similaires






