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Sénégal vs RD Congo : Match Analyse

Le 27 décembre 2025, au stade Ibn-Batouta de Tanger, le Sénégal et la RD Congo se sont neutralisés 1-1 lors d’un affrontement intense devant 41 672 spectateurs. Ce match nul de la deuxième journée du groupe D illustre l’équilibre entre deux prétendants sérieux au titre continental.

Contexte et Histoire des Confrontations entre les Deux Nations

Les Lions de la Teranga et les Léopards affichent un historique déséquilibré : six victoires sénégalaises, deux succès congolais et deux matchs nuls avant 2025. La RDC n’a plus battu le Sénégal depuis 1969, soit 56 ans d’attente. Cette statistique impressionnante place cette série parmi les plus longues du football africain.

Les Années de Domination Congolaise (1968-1969)

Leur première victoire remonte au 16 janvier 1968 lors de la phase de groupes de la CAN en Éthiopie. Les Congolais, alors appelés Zaïre, s’étaient imposés 2-1 dans un match décisif qui allait les propulser vers leur premier sacre continental. Cette génération dorée, menée par des joueurs légendaires, a marqué l’histoire du football africain.

L’année suivante, en match amical, la RDC avait infligé une sévère correction au Sénégal (4-0), le score le plus large de l’histoire de leurs confrontations. C’était l’époque où le football congolais rayonnait sur le continent.

Le Basculement du Rapport de Forces

À partir des années 1980, le rapport de forces a progressivement basculé. En 1987, lors des éliminatoires de la CAN 1988, les deux équipes se sont neutralisées lors d’une double confrontation (0-0 à Dakar, 0-0 à Kinshasa), la RDC se qualifiant aux tirs au but (4-2).

Le tournant décisif s’est produit en 2002. Lors des quarts de finale de la CAN au Mali, le Sénégal a éliminé la RDC sur le score de 2-0 grâce à des buts de Salif Diao (30e) et El Hadji Diouf (86e). Cette victoire a propulsé les Lions vers leur première finale de CAN, marquant l’émergence d’une nouvelle puissance africaine.

Les Confrontations Récentes : Domination Maintenue

En 2023, lors du CHAN en Algérie (tournoi réservé aux joueurs locaux), le Sénégal a dominé la RDC 3-0 en phase de groupes sous la direction de Pape Thiaw, avant de remporter le tournoi. Cette victoire a confirmé la supériorité sénégalaise même avec des effectifs composés uniquement de joueurs évoluant dans les championnats nationaux.

Dans le cadre des éliminatoires pour la Coupe du Monde 2026, les deux équipes se sont affrontées à deux reprises. Le premier match à Dakar en juin 2024 s’était terminé par un match nul 1-1, avec Ismaïla Sarr ouvrant le score en fin de première mi-temps avant que Fiston Mayele n’égalise à la 85e minute. La seconde rencontre à Kinshasa en septembre 2025 a vu le Sénégal réaliser une remontada spectaculaire, l’emportant 3-2 après avoir été mené 2-0 grâce à des buts de Cédric Bakambu et Yoane Wissa. Pape Gueye, Nicolas Jackson et Pape Matar Sarr ont renversé le match.

Le Match de la CAN 2025 : Ce Qui S’est Passé

Cette deuxième journée représentait un choc au sommet du groupe D. Les deux équipes, victorieuses à l’entrée (Sénégal 3-0 Botswana, RDC 1-0 Bénin), visaient la qualification anticipée. Le Bénin ayant battu le Botswana 1-0 plus tôt, l’enjeu était maximal.

La première mi-temps a vu le Sénégal dominer territorialement avec 64,4% de possession. Nicolas Jackson a raté une occasion claire (22e), suivi d’Ismaïla Sarr (32e). La RDC, organisée en bloc bas, a vu un but de Wan-Bissaka annulé pour hors-jeu. Sadio Mané a tenté sa chance sur coup franc (35e), mais Lionel Mpasi a brillé, notamment sur une frappe de Pape Gueye en fin de période. Score à la pause : 0-0.

Résultat et Déroulement de la Rencontre

L’Ouverture du Score Congolaise (61e)

La RDC a pris l’avantage à la 61e minute. Théo Bongonda a pénétré dans la surface et frappé du gauche. Édouard Mendy a repoussé sans contrôler, et Cédric Bakambu a suivi pour marquer du pied gauche. Son 21e but en sélection le rapproche du record de Dieumerci Mbokani (22 buts).

La Riposte Sénégalaise (69e)

Pape Thiaw a fait entrer Ibrahim Mbaye (17 ans, PSG) à la 62e minute. Le changement s’est révélé décisif. Le jeune ailier a pressé haut, obligeant Mpasi à une parade sur sa frappe (67e). Le ballon est retombé vers Sadio Mané qui a égalisé du pied droit (69e). Le capitaine a inscrit son 11e but en phase finale de CAN, rejoignant l’élite africaine.

Fin de Match Intense

Les vingt dernières minutes ont été disputées intensément. Le Sénégal a poussé pour la victoire sans parvenir à faire la différence face à une défense congolaise solide menée par Chancel Mbemba. Score final : 1-1, maintenant les deux équipes à quatre points, le Sénégal premier grâce à sa meilleure différence de buts (+3 vs +1).

Les Moments Décisifs du Match

L’Occasion Manquée de Jackson (22e) : Le raté de l’attaquant du Bayern aurait pu changer le cours du match. Cette occasion illustre ses difficultés de finition passées à Chelsea, même si sa capacité à se créer des opportunités reste remarquable.

Le But Annulé de Wan-Bissaka : Le but du latéral congolais a été refusé pour hors-jeu après consultation de la VAR, confirmant l’importance de l’arbitrage vidéo dans le football africain moderne.

Le But de Bakambu (61e) : Parfait opportunisme de l’attaquant du Real Betis, qui exploite une relâche de Mendy. Bakambu confirme sa régularité dans les grands rendez-vous, lui qui marque souvent contre le Sénégal.

L’Entrée d’Ibrahim Mbaye (62e) : À 17 ans, le Parisien a changé la physionomie du match par son pressing agressif, créant l’opportunité de l’égalisation.

L’Égalisation de Mané (69e) : Le capitaine a démontré son statut de légende avec un but calme et précis, portant son total à 11 réalisations en phase finale de CAN.

Analyse Tactique : Deux Philosophies de Jeu

Le 4-2-3-1 Sénégalais : Contrôle et Construction

Pape Thiaw a déployé un dispositif classique privilégiant la possession (64,4%). Édouard Mendy était protégé par Kalidou Koulibaly-Abdoulaye Seck au centre, Ismail Jakobs et Formose Mendy sur les côtés. Le double pivot Gueye-Sarr contrôlait le tempo, alimentant le trio Mané-Ndiaye-Sarr derrière Nicolas Jackson. Cette organisation a produit 11 tentatives dont 3 cadrées.

Le 4-1-4-1 Congolais : Solidité et Verticalité

Sébastien Desabre a opté pour un bloc compact avec Lionel Mpasi, Aaron Wan-Bissaka, Chancel Mbemba, Dylan Batubinsika et Arthur Masuaku. Samuel Moutoussamy en sentinelle protégeait la défense, tandis que Wissa, Bastien, Kayembe et Bongonda cherchaient Bakambu en profondeur. Malgré 35,6% de possession, la RDC a montré une efficacité remarquable avec 7 tirs dont 3 cadrés.

Les duels clés : Gueye contre Moutoussamy au milieu, Mbemba contre Jackson en attaque. L’expérience du capitaine congolais a largement neutralisé l’attaquant sénégalais.

Les Joueurs Qui Ont Fait la Différence

Sadio Mané (Sénégal) : À 33 ans, le capitaine continue d’incarner l’excellence. Son but égalisateur et ses efforts défensifs (3 tacles, 2 interceptions) témoignent de son leadership. Meilleur buteur de l’histoire du Sénégal (53 buts en 126 sélections), il a inscrit 11 buts en phase finale de CAN, rejoignant Drogba, Hassan et Mboma. Détenteur du record de passes décisives en CAN (9), cette édition 2025 est annoncée comme sa dernière.

Cédric Bakambu (RDC) : Son 21e but en sélection le place à une réalisation du record de Mbokani. Appelé en 2015, l’attaquant du Real Betis (62 sélections) s’est imposé comme le leader offensif des Léopards. « Marquer c’est bien, mais au final, on ne gagne pas », a-t-il déclaré avec lucidité après le match.

Nicolas Jackson (Sénégal) : Après des débuts difficiles à Chelsea, le prêt au Bayern et la confiance de Thiaw ont transformé l’attaquant. Six buts en cinq dernières titularisations témoignent de sa renaissance. À 24 ans, il a retrouvé l’équilibre entre talent et efficacité.

Lionel Mpasi (RDC) : Le gardien a réalisé deux arrêts décisifs, maintenant les Léopards dans le match face aux assauts sénégalais.

Ibrahim Mbaye (Sénégal) : À 17 ans, le Parisien a changé le match en huit minutes, forçant Mpasi à intervenir et créant l’opportunité de l’égalisation.

La Solidité Défensive Face à l’Attaque Sénégalaise

La défense congolaise a brillamment résisté aux vagues d’assauts sénégalaises. Sébastien Desabre s’est appuyé sur l’expérience de Chancel Mbemba (ex-OM, Porto) et Dylan Batubinsika au centre, formant une charnière complémentaire. Sur les côtés, Aaron Wan-Bissaka (prêté par Manchester United à West Ham) a neutralisé les attaques gauches sénégalaises, tandis qu’Arthur Masuaku combinait défense et participation offensive.

Malgré 64,4% de possession adverse, la RDC a limité l’impact offensif : 11 tirs sénégalais contre 7 congolais, mais 3 tirs cadrés chacun. Le bloc bas bien organisé a forcé le Sénégal à des tentatives lointaines souvent sans danger. Le pressing coordonné de Bakambu et des milieux sur les relances a également permis de récupérer des ballons hauts et lancer des contres dangereux.

Statistiques Comparées des Deux Équipes

Les chiffres du match révèlent un équilibre remarquable malgré la domination territoriale sénégalaise.

Possession et Construction du Jeu

StatistiqueSénégalRD Congo
Possession64,4%35,6%
Passes totales~600~330
Précision des passes~88%~78%
Passes dans le camp adverse~420~180

Le Sénégal a dominé la possession, conformément à son ADN de jeu. Cette maîtrise du ballon témoigne de la volonté de Pape Thiaw d’imposer un football de contrôle. Idrissa Gana Gueye, véritable métronome au milieu, a orchestré cette circulation, rappelant sa performance contre le Botswana où il avait réussi 106 passes sur 116 tentées.

Cependant, la RDC a montré une efficacité redoutable dans l’utilisation du ballon. Avec seulement 35,6% de possession, les Léopards ont créé des occasions de qualité, prouvant qu’il existe plusieurs chemins vers la victoire.

Efficacité Offensive et Finition

StatistiqueSénégalRD Congo
Tirs totaux117
Tirs cadrés33
Efficacité (tirs cadrés/total)27%43%
Buts11
Expected Goals (xG)~0,8~0,6

L’égalité dans les tirs cadrés (3-3) est frappante. Malgré quatre tentatives supplémentaires, le Sénégal n’a pas réussi à se montrer plus menaçant que la RDC. Cette statistique illustre la solidité défensive congolaise qui a forcé les attaquants sénégalais à des positions difficiles.

L’efficacité congolaise (43% de tirs cadrés) témoigne d’une approche pragmatique : peu de tentatives, mais mieux placées. La RDC a privilégié la qualité à la quantité.

Engagement Physique et Discipline

StatistiqueSénégalRD Congo
Cartons jaunes10
Fautes commises~12~10
Duels aériens gagnés1822
Interceptions711
Corners52

La supériorité de la RDC dans les duels aériens (22 vs 18) et les interceptions (11 vs 7) démontre l’engagement physique des Léopards. Chancel Mbemba et Dylan Batubinsika ont dominé dans les airs, neutralisant les centres sénégalais.

Les cinq corners obtenus par le Sénégal reflètent leur pression offensive constante, mais la défense congolaise est restée vigilante sur ces phases arrêtées.

Performance des Gardiens

Les deux portiers ont réalisé exactement 2 arrêts décisifs chacun. Édouard Mendy (Al-Ahli) et Lionel Mpasi (RC Strasbourg) ont été à la hauteur de l’événement, justifiant leur statut de gardiens numéro 1 de leurs sélections respectives.

Mpasi, 24 ans, a particulièrement impressionné par son positionnement et ses interventions en première mi-temps face aux assauts sénégalais. Mendy, champion d’Afrique 2021, a montré toute son expérience, même si sa relâche sur le but de Bakambu constitue le seul point noir de sa prestation.

Les Lions de la Teranga Vus par les Observateurs Congolais

Les observateurs congolais reconnaissent la qualité exceptionnelle du Sénégal, champions d’Afrique 2021 et 2025. « On est tombé sur une bonne équipe », a déclaré Desabre après le match. La maîtrise technique sénégalaise impressionne, même si certains estiment que cette domination peut manquer d’imprévisibilité.

Sadio Mané cristallise l’attention : légende vivante à 33 ans, il reste l’âme de l’équipe. La profondeur de banc sénégalaise, avec l’impact d’Ibrahim Mbaye notamment, est particulièrement remarquée.

Les Léopards Vus par les Observateurs Sénégalais

Les Sénégalais reconnaissent que la RDC n’est plus l’équipe fragile du passé. Sous Desabre, les Léopards ont développé une solidité collective impressionnante, qualifiés pour les barrages du Mondial 2026.

« La RDC nous a posé beaucoup de problèmes. C’est une équipe qui a du caractère », a souligné un commentateur sénégalais. Bakambu est particulièrement respecté pour son efficacité récurrente face au Sénégal, et la défense menée par Mbemba a impressionné par son organisation.

Bilan des Confrontations Historiques Sénégal-RDC

Avec ce nul, le bilan s’établit à six victoires sénégalaises, deux succès congolais et trois matchs nuls. En phase finale de CAN spécifiquement : 1 victoire RDC (1968), 1 victoire Sénégal (2002), 1 nul (2025).

Rencontres marquantes :
19/01/1968 – CAN : Zaïre 2-1 Sénégal (lancement du sacre congolais)
29/01/1969 : RDC 4-0 Sénégal (dernière victoire congolaise)
04/02/2002 – CAN 1/4 : Sénégal 2-0 RDC (Diao, Diouf)
09/09/2025 – Élim. Mondial : RDC 2-3 Sénégal (remontada après 0-2)
27/12/2025 – CAN : Sénégal 1-1 RDC (ce match)

Ce Que Ce Duel Dit du Football Africain en 2026

Ce match illustre les progrès considérables du football africain. Les joueurs évoluant en Europe (Mané, Jackson, Bakambu, Wan-Bissaka) apportent une expertise qui élève le niveau général. L’internationalisation des effectifs permet des matchs de haute intensité, où la rigueur tactique européenne se mêle à la créativité africaine.

La préparation tactique a également évolué. Thiaw et Desabre ont présenté des équipes parfaitement organisées avec des plans clairs, démontrant la professionnalisation du football africain. Les équipes du continent peuvent désormais rivaliser avec n’importe quelle sélection mondiale.

L’émergence de talents comme Ibrahim Mbaye (17 ans) et la performance de joueurs comme Jackson (24 ans) prouvent la richesse du vivier africain. Cette succession générationnelle garantit la pérennité du haut niveau, alors que des légendes comme Mané entament leurs dernières années internationales.

L’égalité croissante entre nations africaines renforce la compétitivité des compétitions. Si le Sénégal reste une référence avec ses deux titres consécutifs (2021, 2025), la RDC, le Maroc, l’Algérie, le Nigeria et d’autres peuvent rivaliser à armes égales.

Pour la Coupe du Monde 2026, le Sénégal (qualifié) et la RDC (en barrages) auront l’occasion de prouver que le football africain peut briller mondialement. L’objectif : franchir enfin le cap des quarts de finale, réussi seulement par le Cameroun (1990), le Sénégal (2002), le Ghana (2010) et le Maroc (2022).

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