Journée de l’infirmière : Ghislain Barholere dénonce des conditions de vie difficiles de cette catégorie du personnel soignant – La PrunelleRDC.info

Le samedi 12 Mai 2018  était la Journée internationale  de la profession infirmière. Le thème choisi pour célébrer la journée est :« une voix faite pour diriger- La santé est un droit humain »

Pendant que le monde entier célèbre cette journée les infirmiers de la RDC en général et ceux de Sud-Kivu en particulier dénoncent les mauvaises conditions de travail des infirmier(e)s.

Dans un entretien avec Laprunellerdc.info,  Ghislain Barholere, l’un des responsables du corps  infirmier au Sud-Kivu et plaide pour la prise en compte des revendications des infirmiers.

Il rappelle que La profession d’infirmier possède son Ordre professionnel (l’Ordre National des Infirmiers) et dispose depuis
2016 de son propre Code de Déontologie. Une manière de rendre hommage à ses pair(e)s.

« J’aimerai que cette organisation joue son vrai rôle et qu’il  se penche sur les vrais problèmes des infirmiers  dont  les mauvaises conditions de travail des infirmiers. L’infirmier est longtemps négligé, clochardisé  par l’Etat, il mène une mauvaise condition  de vie et  met sa vie en danger en travaillant  dans des mauvaises conditions. Je souhaite l’avènement de nouveau leadership infirmier qui va constituer une nouvelle force de changement, ca fait  4 ans que travaille sur ce leadership là. Même si sous estimés, les infirmiers congolais doivent savoir qu’ils occupent une place importante dans le maillon du processus de l’administration de soins et de l’encadrement des malades dans les Hôpitaux. Ils doivent  exiger aux autorités  des bonnes conditions, des moyens suffisants pour pouvoir donner les soins de qualité aux patients »

Pour lui, le rôle de l’infirmière  n’est pas celui de d’administrer les soins seulement, l’infirmier est aussi surtout un défenseur des droits de l’homme.

« Nous avons l’obligation d’agir pour sauvegarder les droits de l’homme. Tout infirmier a le devoir de défendre les droits des personnes  malades. L’infirmier a  aussi  le droit à la sécurité personnelle et à la garantie au bon traitement ».

Barholere dit ne pas comprendre l’insouciance  des responsables étatiques envers les infirmiers alors qu’ils font presque le gros du travail.

« Je n’ai jamais entendu un député ou ministre mourir parce qu’il a
fait face à l’Ebola ou au  Cholera, c’est toujours l’infirmier qui paye sa peau. La prime de risque d’un infirmier congolais est de dix milles francs congolais, moins que dix dollars USD pendant que le salaire du député est de six milles dollars et celui du médecin avec qui il travaille cinq cents dollars, pourquoi un tel écart ? La plupart des infirmiers ne sont pas mécanisés par l’Etat et c’est plutôt eux qui prennent beaucoup de risques pour leur vie, J’appelle l’infirmier à refuser cette injustice en mettant  la pression aux autorités de l’Etat pour qu’ils assument  leur responsabilités » dit-il.

Ghislain Barholere dit travailler pour le leadership infirmier et l’éveil de conscience de ces derniers afin qu’ils exercent leur joue leur rôle, qui est celui de défenseurs des droits humains, car dit-il en paraphrasant le docteur Mukwege : « Un médecin ou Infirmier qui ne traite que des conséquences d’une maladie sans se soucier  des causes, soit il est incompétent, soit ignorant. Dans les deux cas, il met la vie de ses malades en danger ».

Florence Ashuza

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