Dans la ville de Bukavu, le problème route est toujours entier. Beaucoup d’avenues sont en terre battue, elles constituent une bonne réserve de boues en période pluvieuse et de poussière pendant la saison sèche. Certaines autres artères datent de l’époque coloniale ; il s’y alterne couche macadamisée nids de poules. Se déplacer à bord d’un véhicule sur les routes Bukaviennes est aussi pénible qu’un combat de boxe. Le dos en sort complétement amorti !
Les Bukaviens et les Bukaviennes ont cru à la modernisation de la voirie urbaine suite à la médiatisation des œuvres du gouverneur Marcellin Cishambo. Surnommé Cubaka par ses sympathisants (ce qui veut dire bâtisseur), l’ancien gouverneur a fait rêver toute une province qui voyait dans l’imagination, leur peine s’éradiquer.
Quelque chose a pu être fait, évidemment ! On a vu l’OVD (office de voirie et drainage) à l’œuvre sur certains tronçons de la ville de Bukavu. Pendant l’exécution, le gouverneur se faisait applaudir par tous ses gouvernés, sans exception aucune ; Mais après la remise de l’ouvrage aux consommateurs, on constatait toujours que l’unanimité au sujet de la qualité n’était jamais au rendez-vous.
Les compétents techniciens nous construisaient certaines routes sans canalisation, ce qui constituait un risque énorme d’inondation des maisons situées en aval ; Cela a payé cash dans certains coins de la ville où après chaque épisode pluvieux, toute l’eau provenant de la voirie envahit les habitations des gens. Sur d’autres tronçons, il s’observait des couches de bitume bizarrement maigre dont les Bukaviens se sont toujours moqués en évoquant des routes ayant l’épaisseur d’un C.D !
Souvent ces constructions s’effectuaient sans passation claire du marché, sans révéler les coûts qui couvriront toute l’activité, moins encore la durée du chantier ! Monsieur Cubaka détenait cela seul en secret d’Etat. A plusieurs reprises, on constatait l’arrêt des travaux toutes les fois que monsieur était en mission hors de la ville.
La plus grande question réside au niveau de la vie de ces ouvrages routiers made in Cishambo ! Alors qu’il vient à peine de quitter le sommet de la province, certaines routes dont la construction lui revenait de mérite se détériorent déjà, de quoi s’inquiéter de l’avenir des jeunes chantiers qui ne le sont pas encore. Inspiration faite du kilomètre-témoin de triste mémoire, œuvre du prédécesseur de Cishambo, Louis-Léonce Muderhwa, il s’avère prudent d’être pessimiste sur la longévité des œuvres de Cishambo.
Pour s’en convaincre, on peut examiner l’Etat de la route Place de l’indépendance Bagira qui est aujourd’hui dans un état de délabrement très avancé à tel point que l’on se demande si ce n’était que de la poudre aux yeux pour amadouer les électeurs Bukaviens à la veille des élections de 2011. Une autre, qui, faute de qualité et d’entretiens est en voie de destruction, c’est celle qui quitte place de l’indépendance vers le marché de Kadutu dans la commune qui porte le même nom. Que dire de la principale avenue, Patrice Emery Lumumba qui n’a jamais été reconstruite malgré sa détérioration à plusieurs endroits et sa démolition par l’autorité à d’autres endroits en attente d’une hypothétique construction ?
Une autre route qui était déjà dans les viseurs des autorités urbaines et provinciales c’est celle qui quitte Nyawera jusqu’aux cimetières de la Ruzizi. La construction de ce tronçon devait déjà commencer en Juillet dernier mais jusque-là aucune nouvelle. Ceux qui vont enterrer leurs êtres chers en auront pour leur compte au courant de cette saison de pluie !
Que dire du tronçon Ruzizi 2 jusqu’à l’essence Major Vangu dont les travaux piétinent toujours ? L’entreprise qui exécute les travaux ne semble pas être pressée à finir pourtant il s’agit d’un route très importante pour les échanges avec les pays voisins. Les exemples sont légions dans la ville de Bukavu pour illustrer la dégradation des infrastructures routières sans aller dans les territoires car pour dire vrai, pour beaucoup des gouverneurs, la province se limite seulement dans son chef-lieu.
Pour nombreux, en RDC, particulièrement au Sud-Kivu, les dirigeants travaillent au (et pour le) présent, mais n’investissent rien pour le futur de leur terroir. Aussi longtemps que les autorités n’opteront pas pour la qualité, nous allons assister à un éternel recommencement ; ce qu’évoque un proverbe africain : Quand la poule meurt, tous les œufs pourrissent.
John Achiza
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