Dans un élément sonore en Swahili relayée par le media en ligne Kindu7, basé au Maniema, le gouverneur à l’intérim appelle la population de la province du Maniema à voter massivement pour l’actuel chef de l’État Congolais Joseph Kabila.
De son retour en provenance de Kinshasa vendredi dernier, Jérôme BIKENGE, Gouverneur du Maniema par l’intérim, s’est adressé au public abordant notamment la question d’une participation certaine du président Joseph Kabila aux prochaines élections présidentielles, prévues le 23 décembre 2018.
« Nous voulons que notre population du Maniema puisse voter de nouveau pour le président Joseph Kabila » a déclaré Jérôme Bikenge, indiquant avoir reçu les instructions de l’autorité morale de la majorité présidentielle sur la question.
Sous les applaudissements du public, assourdissant les voix discordantes sur cette annonce, Jérôme Bikenge poursuit: « Sommes-nous d’accord? Ayant reçu les orientations du chef de l’État, nous lui réitérons notre attachement. Et pour démontrer que nous sommes toujours attachés au Raïs, nous voterons pour lui à 100% de voix » conclut-il.
Par ailleurs, le Comité Laïc de Coordination (CLC) dit constater que la Majorité Présidentielle bat campagne pour une éventuelle candidature de Joseph Kabila à la prochaine présidentielle. Les laïcs catholiques interpellent la Commission Electorale Nationale Indépendante et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.
« Le Comité Laïc de Coordination (CLC) constate que la campagne électorale de la Majorité Présidentielle a déjà démarrée dans les provinces de Kinshasa et de l’Equateur, de surcroit avec pour candidat à la présidentielle, le Président de la République sortant, en violation flagrante de la Constitution, de l’Accord de la Saint-Sylvestre et de la loi électorale », dit le CLC dans un communiqué publié ce mercredi 16 mai 2018.
Les laïcs catholiques s’interrogent également sur l’origine de l’argent de ce déploiement de l’arsenal politique de la Majorité présidentielle.
« Le CLC s’indigne de constater que de gros moyens de propagande commencent ainsi à être déployées au moment où le financement de l’ensemble du processus électoral à travers la CENI bat de l’aile et accumule des retards plus que coupables. Tout en dénonçant cette stratégie de violation systématique des lois de la république et de la politique de deux poids deux mesures, le CLC condamne le silence, en la matière de la Commission Electorale Nationale Electorale et du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel », ajoute le CLC.
Le 12 février, les membres du Conseil de sécurité avaient rappelé qu’un engagement public de la part de Joseph Kabila à ne pas briguer de troisième mandat ou à ne pas changer la constitution serait crucial pour instaurer la confiance envers le processus électoral. C’était au cours d’une réunion sur la RDC organisée par la Côte d’Ivoire, la Guinée équatoriale, la France, les Pays-Bas, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Réagissant au débat sur la possibilité d’une candidature de Joseph Kabila aux scrutins de 2018, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, avait parlé le 9 mai dernier d’un débat « académique » qu’il ne souhaite pas commenter.
La question de la succession du président Joseph Kabila reste tabou dans sa famille politique. Alors que 221 jours séparent le peuple Congolais des échéances électorales annoncées, la majorité présidentielle n’a pas encore désigné le candidat qui portera son étendard lors du prochain scrutin présidentiel.
Dans les milieux proches de la famille politique du président Joseph Kabila, une certaine opinion croit à une nouvelle représentation du président aux prochaines élections.
« Joseph Kabila peut briguer un nouveau mandat car ayant épuisé le premier en 2016 » estimait dans un point de presse le juriste Jean Cyrus Mirindi.
« La modification de la loi électorale due à la révision de la constitution en 2011 qui a touché certaines modalités sur le mandat présidentiel et leur comptage. Un nouveau régime juridique passé de deux à un tour et de la majorité absolue à une majorité simple a interrompu le comptage de mandats débuté en en 2006» avait estimé ce chercheur en droit.
Avec Politico.cd et Actualite.cd
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