La recrudescence des meurtres dans le territoire de Beni laisse perplexe les acteurs de la société civile, dans cette partie de la république, qui y peignent un arsenal d’indices flagrants indiquant l’irresponsabilité des autorités nationales.
A travers une réflexion, dont nous avons possession de la copie, la coordination provinciale de la société civile – forces vives élabore un répertoire qui indique que la cause de cette population chroniquement meurtrie ne préoccupe en rien les grands décideurs, tant à l’échelle nationale qu’internationale. « Nord-Kivu/Beni: Des attaques répétitives suscitent quand même des inquiétudes », est l’entête de cette circulaire interrogative, aux allures d’une interpellation.
La coordination de la société civile– forces vives dit ne pas comprendre la mollesse qui découle de l’inaction du gouvernement congolais, dans l’extermination des populations de Beni ! Plusieurs fois endeuillé, le territoire de Beni n’a jamais fait l’objet, selon la circulaire, de la préoccupation du gouvernement national !
« Toutes ces attaques se soldent toujours par des morts d’hommes (civils et/ou militaires), mais ne bousculent pas ou presque même jamais le Ministère de la Défense, moins encore la primature… Les autorités sont-elles souvent saisies en temps utile ou occupées d’autres urgences plus importantes que les vies humaines? », s’interroge cette réflexion signée Edgar Katembo, premier vice-président de l’organisation.
A la société civile de poursuivre par un constat, tant curieux que déplorable, qu’elle qualifie de « sadique ». Il ressort du manque de compassion des autorités nationales, à l’égard de ces populations fréquemment endeuillées.
« Malgré tous ces mort, le gouvernement ne veut pas organiser le deuil national et ne pense jamais à la prise en charge des survivants. »
La force vive déplore également le maintien de certains chefs de troupes de l’armée et de la police, si longtemps dans le terroir, en dépit de l’incapacité, dont elles ont fait montre, de pouvoir anéantir l‘hégémonie des miliciens ADF à Beni, et dans les périphéries.
« Certains officiers FARDC + PNC ont fait dans la région 5 ans et plus, avec possibilité d’être en accointances avec les semeurs du chaos. Pourquoi maintenir dans la même région des troupes qui manifestement ont démontré leur limite ? », s’étonne la SC-FV
Par ailleurs, certains constats, ressortant clairement aux yeux avertis, font état d’une machine à tuer on ne peut plus organisée que l’on ne se l’imagine. De la traditionnelle récurrence en un jour de la semaine bien précis, à la similarité avec des attaques d’autres groupes, la société civile soupçonne plus qu’un hasard, et pousse son imagination pas loin d’une coordination commune des stratégies.
« Les assaillants attaquent chaque fois le dimanche ou samedi soir après le sabbat (un peu comme les ex-M23 qui ne se battaient jamais samedi matin, on dirait des juifs qui respectent le sabbat et s’affrontent aux chrétiens qui respectent le week-end et ne travaillent pas dimanche). Hasard ou stratégie ? », s’interroge l’organisation citoyenne.
« Les attaques sont soit simultanées, soit précédées par celles des maï-maï (en Beni-Lubero), des Fdlr – Nyatura – APCLS… (à Rutshuru-Masisi), soit encore des mouvements suspects des hommes armés à Nyiragongo… et accompagnées des incursions dans les villes et grandes agglomérations du NORD-KIVU. Peut-on penser à la coordination commune ou unique des stratégies, du commandement ou de la logistique des tous ces groupes armés? », s’interroge-t-on dans ce récit de faits déplorables.
Afin d’être complet, la coordination provinciale de la société civile – forces vives, au Nord-Kivu, évoque l’échec des efforts des FARDC et de la MONUSCO, dans le territoire de Beni. Ainsi, cette composante citoyenne préconise « qu’on fasse appel à une force du genre Artemis qui avait été efficace et efficiente en Ituri il y a à peu près 18 ans »
Pour rappel, dans la soirée du 22 septembre 2018, des présumés rebelles ougandais ADF-NALU ont fait résurgence dans le territoire de Beni, tuant au total 18 personnes, dont la majorité des civils, mais également des éléments FARDC périrent dans cette attaque. Pour la société civile – forces vive, coordination du Nord-Kivu, ces genres d’attaques sont susceptibles d’impacter le processus électoral en RDC, si rien n’est faire pour stopper ce fléau.
La Rédaction
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