
La ville de Bukavu est réveillée trop agitée depuis la matinée de ce vendredi 16 février 2018.
En cause : la police et les jeunes sont à couteaux dans plusieurs quartiers de la ville après l’assassinat dans la nuit de Jeudi 15 février d’au moins deux personnes respectivement sur avenue Industrielle et sur avenue Albert Kayabu dans la commune d’Ibanda.
Depuis tôt le matin, des jeunes sont en colère et réclament soit le départ des autorités de base soit même le gouverneur et tous les responsables de la police.
A Nguba par exemple, la route Feu vert jusqu’à la frontière Ruzizi Ier est toujours inaccessible ou difficilement accessible par les véhicules et autres engins roulant. Les jeunes en colère ont érigé des barrières à la place dite Feu vert et Chez Mwangaza puis sont redescendus vers le marché de Nguba. En face d’eux la police nationale Congolaise qui a usé des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les jeunes. Des jeunes qui ont utilisé les pierres pour faire face aux éléments de l’ordre durant tout l’avant midi jusqu’en début d’après midi.
« Nous sommes dans la rue parce que nous mourrons comme des animaux dans le quartier. Les jeunes meurent gratuitement et nous sommes ici pour réclamer nos droits. On ne comprend pas pourquoi la police tire sur nous et pille nos biens. Pourquoi quand on nous tue, la police ne vient pas pour intervenir mais elle est là pour tirer sur nous ? Nous ne sommes pas d’accord » disait un jeune fâché à laprunellerdc.info. Et un autre de renchérir :
« Je ne sais pas ce que Junior a fait pour être tué. A Nguba nous demandons la paix et rien que la paix. Pourquoi ne peuvent-ils pas aller combattre les rebelles et Yakotumba dans les territoires et ne pas venir tirer sur nous ? Nous demandons le remplacement immédiat de Déo Kurasa et tous les chefs des avenues de notre quartier. Déo Kurasa n’a pas de travail dans ce quartier. On tue tous les jours dans notre quartier et nous ne savons pas ce qu’il fait ».
Présent au lieu de manifestation, le chef du quartier Nyalukemba, Déo Kurasa demande à la jeunesse de collaborer avec la justice et avec la police pour parvenir à éclairer la situation d’insécurité qui est bien visible dans son entité ; même si rappelle t-il, que la question est générale.
« Ce n’est pas un problème pour moi de démissionner. Si c’est moi qui suis le problème pour que la sécurité retourne dans la ville de Bukavu, je peux démissionner. Je comprends que les jeunes sont en colère mais ces bandits qui habitent dans le quartier vont profiter de cette situation parce qu’ils savent que je suis leur épine dans leur banditisme. Ce n’est pas seulement à Nyalukemba, c’est une situation qui est dans toute la ville de Bukavu. Et vous allez trouver que c’est une situation qui est bien planifiée et il faut que la population ouvre l’œil parce que ces bandits peuvent profiter dans ce désordre. Aussi, demander à nos jeunes gens de collaborer avec la justice et la police pour qu’on puisse mettre fin à cette situation ».
La plus grande et farouche résistance contre la police nationale Congolaise était au niveau de l’avenue Industrielle où des jeunes ont obligé la police à tirer des balles réelles à l’épuisement des gaz lacrymogènes. Les témoins sur place font état de quelques blessés parmi les manifestants et un du côté de la police. Un bilan difficile à confirmer actuellement du côté de la PNC. Une police nationale Congolaise qui a vu des renforts venir à maintes reprises pour faire face à ce duel qui a duré plusieurs heures dans cette avenue du quartier Ndendere. Ici aussi un cambiste est mort assassiné ce jeudi dans la soirée.
Avec un cercueil en mains, les manifestants ont percé la ceinture de la police et se sont rendus à Labotte. A l’absence de l’autorité provinciale, les jeunes sont remontés avec leur corps. Plusieurs incidents avec la PNC notamment entre KOTECHA et la Cathédrale Notre dame de la paix de Bukavu ont été signalés. La police a aussi usé des gaz lacrymogènes à Nyawera alors que les jeunes amenaient le corps du cambiste tué sur avenue Industrielle.
Peu avant, les jeunes en colère avaient déjà callaissé des véhicules des particuliers et de certains officiels qui ont tenté de passer.
En tout cas, la situation est restée tendue sur une grande partie de la ville de Bukavu avec ces manifestations qui ont duré et qui ont conduit à la fermeture des marchés, écoles, boutiques, paralyser le transport en commune etc.
Laprunellerdc.info y reviendra en vidéos et photos…
Honneur-David Safari
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