76ème Assemblée générale de l’ONU: 35 organisations rappellent la nécessité pour la RDC d’avoir une justice transitionnelle

Raphaël Wakenge ICJP
Raphaël Wakenge, coordonnateur de l'ICJP

35 organisations réunies au sein de la Coalition Congolaise pour la Justice Transitionnelle (CCJT), rappellent à l’ONU l’impérieuse nécessité pour la RDC, d’avoir une stratégie nationale à la fois « claire et holistique » sur la question de la justice transitionnelle, en vue de lutter contre l’impunité des crimes commis au pays.

Elles l’ont fait savoir dans une déclaration, rendue publique à l’occasion de la 76ème session de l’Assemblée générale des Nations-Unies, et dont les débats généraux ont débuté à New-York depuis ce mardi 21 septembre 2021.

La Coalition Congolaise pour la Justice Transitionnelle dit avoir salué la décision du Gouvernement de la RDC, qui a décidé depuis août 2020 de se pencher sur les mécanismes de justice transitionnelle, spécialement sur le volet réparation. Mais cette plateforme dit avoir constaté « avec déception », que la position du Gouvernement n’a pas été suivie d’actes concrets, pour réprimer les crimes graves commis dans le passé.

« La CCJT estime que l’on ne peut, au nom d’une certaine conception de la réconciliation nationale, passer par pertes et profits les millions de morts que notre pays connait depuis bientôt un quart de siècle, » lit-on dans cette déclaration.

Pour elle, cette démarche aura pourtant comme avantage d’éviter à ce que les présumés auteurs des crimes et pires soient élevés à des postes de responsabilité, dans la hiérarchie politique et militaire, et qui est perçue comme une meilleure façon de contribuer à la perpétuation du cycle de violation des droits de l’homme et du droit international humanitaire par ces mêmes personnes.

Dans cette même déclaration, la CCJT évoque plusieurs démarches, entre autres les brassages, amnisties et mixages mis en œuvre dans le cadre de l’accord de Sun Cityn et qui n’ont pas produit de résultats escomptés du fait qu’elles ont alimenté mépris et violences à l’endroit des victimes.

« La CCJT rappelle ici que sa position, pour mettre fin au cycle de violences passe par la définition d’une stratégie holistique de justice transitionnelle. Parmi ces stratégies, figurent notamment la réponse judiciaire aux crimes par la mise en place des chambres spécialisées mixtes au sein des juridictions congolaises comportant des magistrats congolais et internationaux.  L’approche victimocentrique devra également être prise en compte par des réparations adéquates des victimes, lesquelles doivent répondre à leurs besoins réels de réhabilitation et aussi de restauration de leur dignité. La recherche de la vérité ainsi que les garanties de non-répétition doivent également faire partie de cette stratégie » plaide la CCJT auprès des Nations-Unies.

Les 35 organisations membres de la CCTJ estiment que les victimes des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire en RDC n’ont pas trouvé justice après l’accord de Sun City. Selon elles, aborder à bras le corps et en toute responsabilité la question de la justice transitionnelle en RDC, constituera, aux yeux des Congolaises et Congolais, une façon de donner un contenu réel à la notion d’Etat de Droit tant souhaité, et leitmotiv des nouvelles autorités du pays.

Freddy Ruvunangiza

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