Kisangani: indignés du report des audiences entre l’Ouganda et la RDC, la société civile et les mouvements citoyens dans la rue ce mardi

La société civile, forces vives et les mouvements citoyens de la ville de Kisangani dans la province de la Tshopo annoncent une marche de protestation contre la décision de la Cour Internationale de Justice qui a reporté le 11 novembre dernier les audiences publiques en rapport avec les réparations des préjudices causées suite aux affrontements entre l’armée Ougandaise et congolaise.

Ils l’ont fait savoir dans un communiqué rendu public la semaine passée et dont copie est parvenue à la rédaction de Laprunellerdc.info.

Les organisateurs ont appelé tous les habitants de la ville « martyre » de Kisangani à se mobiliser comme un seul homme pour la marche de ce mardi pour exiger au président de la République de dire clairement à la population congolaise la motivation de cette décision de demande de report, quelques jours seulement après sa visite effectuée en Ouganda.

« Un appel solennel est lancé à tous les citoyens Congolais en général et Boyomais en particulier, toutes tendances confondues, qui se rappellent  du sang de nos parents, frères et sœurs, coulé,  de nos infrastructures détruites, de se mobiliser comme un seul homme en tenue Rouge-Noir avec Bougie à la main et venir prendre part à la marche qui aura lieu ce mardi 26 Novembre 2019 à partir de 11h30, » lit-on dans un communiqué signé par les acteurs de la société civile de Kisangani

Pour rappel, la cour internationale de juste avait dans un communiqué annoncé en date du 11 Septembre  2019,le report des audiences consacrées aux dossiers de réparations des préjudices dans le dossier qui opposait la République démocratique du Congo et son voisin Ouganda dans l’affaire dite des  activités armées sur le territoire du Congo, cette Cour International de Justice avait retenue la période allant du lundi 18 au Vendredi 22 Novembre 2019 comme celle des audiences publiques sur cette  question des réparations des préjudices causés suite aux dites activités armées. 

La Cour avait fondé sa décision sur la demande conjointe formulée par les parties prenantes dans une lettre lui adressée en date du 9 Novembre 2019 et dont le contenu n’a nullement été révélé jusqu’à ce jour.

Indignés par ce énième report, alors que la RDC avait déjà constaté l’échec des négociations en date du 13 Mai 2015, les citoyens congolais vivant dans la Ville de Kisangani, la ville la plus meurtrie par les activités armées de l’Ouganda, lèvent l’option ce jour de lancer une grande mobilisation en vue d’exprimer leur indignation et exiger des explications du Président de la République, Chef de l’Etat, car ce report est intervenu juste au lendemain de son séjour dans la capitale Ougandaise.

Des habitants de Kisangani regroupés dans des mouvements citoyens et la société civile forces vives dont: Bomoko, Parlement Debout, Lucha, Fonds de Solidarité des Victimes de Guerre (FSVG), Buswe Institute annoncent une forte mobilisation ce mardi 26 novembre.

Ils précisent que cette marche partira  du Rond-point Congo-Palace en passant par le Rond-point PARS, la Banque Centrale du Congo, la place des Martyrs,  la Grande Poste, le Rond-point INPP, l’Alliance Française, l’Hôpital CELPA, l’Assemblée Provinciale où une copie de la pétition sera déposée et avec comme point de chute le Gouvernorat de Province. 

Notons que la RDC réclamait plus de 10 milliards de dollars à l’Ouganda qui a d’ailleurs été condamné en 2005 pour avoir violé le principe du non-recours à la force dans les relations internationales et le principe de non-intervention. Cette décision de la cour ouvrait donc le droit à des réparations, mais malgré les pressions de celle-ci, les deux Etats ne parvenaient pas à se mettre d’accord.

Une autre voie de dialogue s’est ouverte sous l’actuel président de la RDC Félix Tshisekedi, quelques jours après sa dernière visite en Ouganda, alors que la Cour Internationale de justice annoncé déjà l’ouverture des audiences de réparations, une demande sera adresser à cette instance pour solliciter son report. Des années passent donc et les victimes croupissent toujours dans leurs misère.

Bertin Bulonza

CATEGORIES
TAGS

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus (0 )