Sud-Kivu: 17 communautés recommandent à Patient Bashombe (Société Civile) de convoquer urgemment une table ronde pour le retour de la paix à Minembwe

Vers une table sur la paix dans les Hauts Plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga. C’est en tout cas la résolution urgente des 17 communautés tribales vivant au Sud-Kivu réunies dans le Barza Intercommunautaire autour de la Société Civile du Sud-Kivu. Il faudra également passé à une campagne de paix dans ces hauts plateaux.

Résolutions prises ce mardi 22 octobre 2019 au Bureau de Coordination de la Société Civile du Sud-Kivu au cours d’une réunion de plus de 2 heures visait à identifier ce qui peut être fait pour arrêter la situation « dramatique » à Minembwe.

En ce concerne la table ronde sur la paix, il s’agira selon les participants, d’une rencontre d’un ou deux jours pour approfondir la question de paix mais aussi dégager les faits nouveaux dans les conflits persistants dans la région.

Objectif : revoir l’agenda qui a été remis au chef de l’Etat, savoir qu’est-ce qu’il faut ajouter comme recommandation pour régler  définitivement et de manière productive  cette question de Minembwe.

Une table ronde

David Muganwa, président de la mutualité Banyamulenge à Bukavu, explique que cette réunion a permis de sortir plusieurs recommandations proposées au Président de la Société Civile en souhaitant qu’il y ait une table ronde dans peu des jours pour qu’il y ait des solutions immédiates «car la population dans les Hauts plateaux de Minembwe est en souffrance».

«Nous encourageons le bureau de la Société Civile pour les démarches et le Barza intercommunautaire pour que la paix revienne. Nous sommes seulement pour la paix. Nous voulons la paix dans les Hauts plateaux, au Sud-Kivu et dans tout le Congo», explique David Muganwa.

Rechercher la paix avec le dialogue

Daniel Musole Maharaza, le président du Barza Intercommunautaire du Sud-Kivu a également félicité l’initiative du Président de la Société Civile.

Vers une table ronde sur la paix à Minembwe et environs

«Vous savez qu’il se passe des choses incroyables au niveau de ces plateaux. Il y a des tueries, il y a des massacres, il y a des déplacements massifs  des populations. Le président de la Société Civile ne pouvant pas rester insensible, a appelé toutes les communautés à travers le Barza intercommunautaire pour réfléchir ensemble, de voir si on peut trouver des recommandations susceptibles de mettre fin et trouver des solutions. Vraiment, cette fois-là durables au niveau des Hauts plateaux car on en a trop marre » explique-t-il.

Il rappelle que le Barza est une structure dont l’objectif est de rechercher la paix avec comme arme, le dialogue.

«On ne peut pas refuser le dialogue car toutes les guerres que nous avons connues, finissent toujours par le dialogue et nous nous disons qu’avec le dialogue nous pouvons arriver à quelque chose. C’est une très bonne initiative du président de la société civile » dit-il.

Celui-ci explique que la Société Civile et le Barza Intercommunautaire sont convaincus que la Paix va désormais revenir  dans les Hauts Plateaux du sud de la province du Sud-Kivu.

Des urgences, selon Jean-Bosco Muhemeri

Présent à cette rencontre, Jean-Bosco Muhemeri, acteur de la Société Civile explique que sur place, c’est une situation « dramatique » mais il y a des urgences.

«Il s’est avéré effectivement que là-bas il y a des situations dramatique depuis longtemps mais entre autre il y a des urgences qu’il faut d’abord régler très vite notamment la question de population en déplacement, plus de 70000 personnes qui errent et qui ont besoin d’une assistance humanitaire rapide, il y a aussi la question d’un groupe des 50 personnes qui pratiquement serait séquestré tout autour, il y a des combats et il faut leur ouvrir un couloir de survie pour sortir. Il y a entre autre aussi la problématique de cheptel des bétails, on sent qu’il y a une extermination pratiquement du bétail et il faut prendre des dispositions de manière à ce que le bétail qui est en train de mourir de faim ou alors d’être pillé ou massacré, qu’il y ait une mesure rapide de l’autorité compétente » insiste Muhemeri.

Il insiste cependant que toutes les communautés veulent parler un même langage de paix et à l’unanimité elles ont dénoncé des tireurs de ficelles «qui se trouvent au niveau de Kinshasa mais aussi des tireurs des ficelles qui ont d’autres intérêts et qui seraient au Burundi et au Rwanda ». D’où une campagne de paix dans les hauts plateaux des territoires en conflits.

“Faire la guerre contre la guerre que l’on nous impose »

« Par rapport encore à tout ça, tout le monde est d’avis qu’il faut faire une campagne  de paix non pas à Bukavu, non pas à Uvira, mais dans les montagnes, à Itombwe, à Minembwe, partout là-bas pour aller primo négocier la paix avec nos propres enfants avec un message de paix pour que tous trouvent de l’intérêt à s’insérer socialement  dans leurs communautés d’origine  avec des activités d’insertion mais qu’ils lâchent les activités militaires où alors s’ils veulent continuer avec l’activité militaire, qu’ils passent par la méthode quant à ce. Par rapport aux étrangers, il n’y a pas d’autres solutions. On a demandé que l’autorité de l’Etat s’applique. L’Etat a tous les moyens qu’il lui faut pour exercer sa puissance et imposer la paix, imposer la discipline et traquer tous les étrangers qui se retrouvent sur notre sol par tous les moyens qu’il faut».

Pas d’ «extermination» intercommunautaire

Ces communautés ont demandé également à ce que tous ces groupes qui réfléchissent sur la question soient impliqués dans le dialogue futur notamment ceux qui ont produit un document. Un document que les participants ont jugé «pauvre en terme de parent ».

«Parce qu’il y a des Banyamulenge qui disent qu’ils ont signés à leur nom et ne se reconnaissent pas totalement dans le document. Nous pensons que le moment venu s’il y a dialogue, que ces gens-là aussi viennent dire à tout le monde leur manière de lire  la question parce qu’il y a des contradictions. Par exemple quand on dit qu’il y a une extermination des Banyamulenge par les communautés ça c’est qui est dit dans ce document-là, les Banyamulenge qui étaient ici, ne reconnaissent pas ça, ils disent non. Ce ne sont pas d’autres communautés qui sont en train de nous tuer mais des gens qui peuvent être venus de ci, de là mais instrumentalisés par notamment les forces, les milices Burundaises hostiles à Nkurunzinza » insiste Jean-Bosco Muhemeri.

Muhemeri pense donc que la séance de ceux qui sont à Kinshasa devrait croiser aussi  notamment les informations de ceux qui sont sur terrain «qui lisent bien les choses ».

Il appelle donc les uns et les autres à éviter de se stigmatiser et que tous se liguent «pour faire la guerre contre la guerre que l’on nous impose ».

Thomas Uzima

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