1er anniversaire décès Solange Lusiku: Régine Ntawigena se souvient d’une femme «courageuse, ambitieuse et déterminée» – La PrunelleRDC.info

Solange Lusiku, Directrice-Éditrice du Journal le Souverain décédée à Kinshasa le 13 octobre 2018. Ph. Laprunellerdc.info

Un an après la mort de Solange Lusiku, journaliste et éditrice du Souverain Libre, plusieurs couches de la Société continuent à rendre hommages cette grande figure de la presse congolaise.

C’est le cas de Régine Ntawigena, une des femmes leaders au Sud-Kivu. Elle se souvient d’une femme «courageuse, ambitieuse et déterminée».

«Courageuse, parce que quand elle était à la radio maria, on la voyait faire des reportages dans des situations très difficiles. Il y a des terrains qu’elle faisait en étant enceinte et sous le crépitement des balles lors de la guerre de Mzee. Pour, elle être enceinte n’était pas un frein pour son travail. Pour elle la situation sécuritaire, la guerre n’étaient pas un frein pour Son travail» dit-elle.

Régine Ntawigena peint également une femme ambitieuse qui mérite d’être un exemple pour toute la communauté. «Elle était ambitieuse car pour elle chaque jour comptait et elle devait réaliser ce qu’elle projetait de faire chaque jour ».

«Elle est parmi les rares personnes qui ont fait lire la population du Sud-Kivu des journaux. Même mes enfants ne reconnaissaient plus la presse écrite. Le journal le souverain a aidé la population à refaire le goût de la lecture, c’est un journal qui nous met à jour, ce journal qui est l’œuvre de Solange à qui je souhaite un paisible repos. Pour nous les africains, les morts ne sont pas morts, ils continuent à vivre avec nous » croit-elle.

Elle encourage sa famille professionnelle à suivre l’exemple de Solange Lusiku. «Cette famille c’est nous tous qui lisons le journal le souverain, la seule façon d’immortaliser Solange c’est lire régulièrement le souverain et acheter ce journal».

«Une grâce d’être née d’une maman comme Solange»

Pour sa famille biologique, Régine Ntawigena encourage son mari, «le frère et beau-frère Boka, je sais qu’il est très fort, je sais qu’il va continuer à prendre soins des enfants».

Elle demande par ailleurs aux enfants d’emboîter les pas de leur mère.

«Il y a beaucoup des gens qui leur parlent de leur maman, ils ont des éléments de preuve du courage de leur mère, c’est une grâce d’être né d’une maman comme Solange » insiste Régine Ntawigena.

Modèle dans la défense des droits de l’homme

Solange Lusiku c’est aussi, selon Régine Ntawigena, une brave défenseuse des droits de l’homme.

«Solange a été tellement brave, pour moi elle était un modèle de défense des droits de l’homme. Solange a refusé qu’on puisse qualifier les femmes du Sud-Kivu des femmes violées. Elle a dit non, elle a soulevé un autre point de dire il ne faut pas faire des femmes violées des femmes misérables parce qu’être violées n’enlèvent pas nos capacités. Pour elle, ces femmes qui ont été violées nous ne devons pas les écarter dans notre société, nous devons les accompagner pour qu’elles adoptent aussi d’autres mécanismes de survie, qu’elles ne se sentent pas isolées, qu’on ne les pointe pas du doigt. Elle a aussi refusé qu’on ne puisse pas faire des femmes du Sud-Kivu du business de viol. Ca, elle dénonçait régulièrement ».

Messages à toutes les femmes courageuses

Regine Ntawigena encourage enfin toutes les femmes «braves et courageuses » du Sud-Kivu, de son pays et du monde entier.

«La mort est pour nous tous. Solange n’a fait que nous précéder. Nous qui sommes encore en vie, voyons ce que nous pouvons faire pour relaisser une histoire plus que celle de Solange nous a laissée. Voir ce que nous pouvons faire pour que demain nous puissions réussir à laisser nos traces » conclut-elle.

Pour rappel, Solange Lusiku « Solsol » pour les intimes, est décédée à Kinshasa le 13 octobre 2018 à la suite d’une maladie. Une mort qui avait fortement affectée la presse au Sud-Kivu, en RDC et dans le monde. Plusieurs couches sociales et politiques avaient également rendu hommages à celle qui était jusqu’à la mort la Vice-Présidente nationale de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC). Les autorités politiques et administratives de la province avaient alors promis de faire de l’avenue « Hypodrome » actuelle, « l’avenue Solange Lusiku ». Une avenue sur laquelle est installée le bureau de son journal depuis des nombreuses années. Depuis, la promesse est restée lettre morte. 

Solange Minani

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